LE DOMESTIQUE
Et monsieur le capitaine Albert d'Àngremont.
CORINNE, à part.
La passion d'Antonia... (Haut.) Quelle rencontre!...
DESGAUPETS.
Tu le connais ?
Non, mais je suis enchantée de le voir.
DESGAUDETS.
Et moi aussi !... (Lui montrant Albert qui parait en ce moment
avec Maxoncc.) Comment le trouves-tu ?
CORINNE
Très-bien!...
DESGAUDETS.
Tant mieux !
CORINNE, à part.
Très-bien... pour un Africain!... ce sera pour mes Mémoires une page originale. Un portrait chaud et coloré où l'on sentira le soleil d'Afrique !
(Pendant ce temps, Maxence et Albert, qui sont descendus au bord da théâtre, saluent Desgaudets et sa fille.)
ALBERT
Je n*ai pas perdu de temps, monsieur, pour profiter de la permission que vous m'aviez donnée... et venant pour mon plaisir, j*ai rencontré mon ami Maxence...
MAXENCE
Qui venait pour affaires. Vous savez, monsieur, que le comte de Marignan, moi, et plusieurs riches capitalistes, nous sollicitons une nouvelle ligne de chemin de fer, et dans le cas où nous l'obtiendrions, nous voulons vous prier d'accepter la présidence du conseil d'administration.
DESGAUDETS.
Il faudrait pour cela être actionnaire, et je ne le suis pas.
MAXENCE
Eh bien ! jelez là-dedans, comme moi, quatre ou cinq cent mille francs, c'est facile !
DESGAUDETS.
Parlez pour vous, monsieur le vicomte, dont la fortune est brillante et assurée... mais moi, c'est différent!
SfAXENCE.
Allons donc!... vous qui êtes trois ou quatre fois millionnaire!
DESGAUDETS.
C'est ce qui vous trompe!^., je suis bien loin... mais trèsloin d'être aussi riche qu'on le croit.
MAXENCE, bas, à Albert.
Le vieil avare !
DESGAUDETS.
Et chacun, je vous le jure, s'abuse à ce sujet... vous tout le premier!
MAXENCE
Vous voulez rire ! mais nous tenons tellement à vous avoir ^ la tête du conseil d'administration, que je viens, au nom ^^ nos actionnaires et au mien, vous prier de vouloir bien accepter, en cas de succès, une promesse de cinquante aclions gratuites et rémunératoires, comme on dit ! (voyant Hwdets qui veut parler.) Je comptc tellement sur vous, que W presque promis votre conseiitement.
J'aurais mauvaise grâce à vous faire manquer à votre pSi- ^oïe, et dès que vous le voulez tous...
MAXENCE
A la bonne heure!... j'ai là les coupons! je n'ai qu'à les ^'gner... Pendant ce temps, mon ami Albert... aurait, je ^'"ois, à vous parler.
56 COMKDIES" — DRAMES
DESGAUDETS, riant.
Et moi aussi. (Bas à Goriane.) Laisse-nous.
CORINNE
Pourquoi cela?
DESGAUDETS.
Je te le dirai plus tard. Laisse-nous !
CORINNE
C'est singulier!
MAXENCE
Veuillez en même temps, mademoiselle, dire à ma sœur Antonia que je l'attends.
CORINNE
Oui, monsieur... (a part.) Je vais la prévenir que le jeune capitaine est ici... Surprise... reconnaissance...
DESGAUDETS, avec impatienc<«.
Eh bien! Corinne...
Je m'en vais, mon père, je m'en vais...
(Elle tort.)