B^ONORE
Venec-YOfis^ madame?
MARGUERITE
Oui. (a part et jdignant ses mains, dont l'one tient le miseel.) Bll6
a raison!... Allons remercier le ciel, car, grâce à lui, je ne
suis plus reine d'Espagne 1 (EUe baisse ses mai&s en oarrant le œusel à r endroit où est placée la lettre.) Grand Dieui (éléonore, qdf a «ru le monrement, fait un geste de j<rie, présente sa main à Charles-Quint et «ort avec lui, suivie de Gruattinara et de Babiéfia.)
SCÈiNE XI.
MARGUERITE, HENRI
MARGUERITE remonte le théâtre, s'assure que l'empereur est dispara et
redescend vers Henri.
Henri, sav.çz-vous ce qui vient de s'offrir à mes yeux?.léUv dans, ce missel.?... une lettre... de mon frère.
HENRI
Du roi de France !
MARGUERITE
Voyez plutôt!... (Regardant autour d'elle si on ne Tient p«« J^' surprendre.) Lisez...
HENRI, lisant.
« Je viens de faire une importante découverte qui peul « servir à ma délivrance. Le tableau de saint Pacôme qui t décore ma prison communique avec Toratoire de Tempe-
« reur. Le difficile était de te l'apprendre. Mon bon ange, « ma belle inconnue, qui venait, disait-elle, me faire d'éter- « nels adieux, ne peut deviner la pensée quim'oceupe, mais « elle voit ma peine et me promet de te faire parvenir cette « lettre; tâche alors, à tout prix, de savoir qui elle est... »
MARGUERITE, & demi-TOÎx.
Eh, oui vraiment !... si on la connaissait...
HENRI, de même.
Tout serait sauvé I
MARGUERITE
On s'entendrait avec elle I
HENRI
Onf parviendrsdt par elle à cet oratoire... et delâà ht prison du roi.
Et une fois en communication avec lui...
HENRI
On aurait mille moyens de le faire évader !
MARGUERITE
Ce qui vaudrait mieux qu'une abdication!...
fiENRI.
Et surtout qu'un mariage avec le roi d^Espagfie f
MARGUERITE
Oh ! oui... Henri, oui... mais le messager est invisible et l'on dirait de la sorcellerie...
HENRI, souriant.
Si le message n'était pas venu dans uit thlsêùh^é ttH missel à vous !
MARGUERITE
Non, il n'est plus à moi; c'est celui dont j'ai fait présent hier à l'infante Isabelle, la fiancée do roi.
HENRI, cherchant.
L'infante Isabelle!:.. En effet, nous sommes ici dans ses petits appartements.
MARGUERITE
Eh bien !..
HENRI, de même.
Est-ce que par hasard?...
MARGUERITE
Allons donc !... quelle idée !... Attendez...
HENRI
Eh ! quoi donc ?
MARGUERITE, vÏTement.
Hier, quand cet acte d'abdication est tombé entre les mains de Tempereur... Dieu sait quelle était mon émotion... mais celle de l'infante était plus forte encore... elle s*&st trouvée mal !
HENRI
En vérité I (Regardant vers le fond.) C*est elle ! Voycz donc quel air triste et préoccupé !... quelle pâleur ! *
MARGUERITE
Comment faire pour savoir?... Ma foi, je n'y tiens plus arrivera ce qu'il pourra... je tenterai l'aventure.
(Elle fait signe à Henri de sortir. — Henri salue respectaeasement
l'infante, et sort.)