‹ Le puff: Adrienne LecouvreurChapitre 46 sur 176 · CORINNE, ALBERT · texte numérisé non relu

CORINNE, ALBERT

ALBERT, entrant vivement.

Quel diner! J'ai cru qu'il ne finirait pas!... .Et quelle conversation !... Que de mensonges! de vanteries ! '

CORINNE

Éloges désintéressi^s, donnés par l'amitié .

ALBERT

Et par ceux qui dinent cliez lui I... Et ce M. de Marignan, qui, à force de s*entendre dire qu'il était un grand homme... a fini par se le persuader !

CORINNE

Comment donc !... Il attaquerait en calomnie quiconque oserait maintenant soutenir le contraire!

ALBERT

Patience !».. cela aura un terme..» et nous verrons I

Raison de plus pour ne pas paraître sombre et préoccupé,., comme vous..; tout à Theure, à ce dîner !

ALBERT

Je ne vous ferai pas le même reproche !... J'admirais votrd grâce, vos sailUes, votre gaielé I

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CORINNE

C'est un moyen ! Cela permet d'observer sans que l'on s*eu doute... Vous ne vouliez rien dire ! il fallait deviner !... J'ai tout vu... votre physionomie taciturne, l'air intrigué du comte; et en sortant de table, vous lui avez dit à voix basse : Je vais vous attendre au salon. Je l'ai entendu... J'étais derrière vous ! C'est pourquoi... me voici. Maintenant, monsieur, qu'est-ce que cela signifie ?

ALBLRT.

Vous le saurez plus tard.

CORINNE

C'est une provocation... c'est un duel !

ALBERT

Ëh Aon ! une simple explication !

CORINNE

Vous avez promis devant moi à Antonia... de ne rien risquer qui puisse la compromettre, vous avez juré que son nom ne serait même pas prononcé entre vous et M. de Marignan.

J'ai tenu ce serment, et je le tiendrai encore... Mais il se présente, grâce au ciel, une circonstance... une occasion qui n'a aucun rapport avec Antonia, ni avec mon amour, et rien ne peut m'empêcher de la saisir.

CORINNE

Cette occasion, quelle est-elle?... ne puis-je la connaître?

ALBERT

C'est inutile»., c'est une question qui ne peut être discutée par des femmes... mais il ne sera pas dit... que je me laisse rai enlever celle que j*aime sans la disputer... moi qui porte uneépée... Non, non, tant que je serai vivant, il ne l'épousera pas !... J'y suis résolu... Sans cela, comprendriez- vous que j'assistasse tranquillement à son Irioniplie... et à cette fêle...

CORINNE

Vous voyez donc bien, monsieur, que vous voulez vous battre avec M. de Marignan.

ALBERT

Oui.

CORINNE

Et pour Antonia ?

ALBERT

Non... pas pour elle !... mais pour une autre cause... pour celle de l'honneur et de la vérité.

Je ne vous comprends pas, monsieur.

ALBERT

Je vous ai dit que cela n'était pas nécessaire. Mais cette explication aura lieu.

CORINNE

Et moi, je m'y oppose ; non-seulement pour vous, mais pour M. de Marignan. Je ne veux pas qu'il soit tué !... Ce n'est pas ainsi qu'il doit ôlre puni... ce serait trop tôt fait. Je lui réserve une expiation plus longue, et qui m'est toute personnelle, (vivement.) Ainsi, confiez-moi tout !... à moi, votre alliée... votre amie.

ALBERT

Non, non, cela ne regarde que moi... Le voici ! de grâce, laissez-nous!... je ne veux pas qu'il nous voie ensemble.

CORINNE

Soit ! (a part.) Mais si je ne vois pas, j'entendrai !

(EUe entre dans le cobinet à gauche.)

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