SCÈNE X, M^^« DANGEVILLE, POISSON, LE PRINCE, L'ABBÉ, QUI
NAULT, M"« JOUVENOT, puis ADRIENNE entrent vivement par les deux portes de gauche ; les autres acteurs et seigneurs vont et viennent an f6nd, ainsi que MICHONNET.
M^^® DANGEVILLK.
Je ne sais pas ce qu'ils ont ce soir ; ils applaudissent tous cemme des fous.
m"*' JOUVENOT.
Ils se trompent, ma chère... ils se croient déjà aux Folies amoureuses,
l'abbé, entrant.
C'est superbe !
M^^<^ DANGEVILLE
C'est absurde!...
POISSON
Ça me fait rire!...
QUINAULT
Ça me fait mal !
m"® JOUVENOT.
Pauvre homme !
LE PRINCE
Le fait est que jamais je n'ai rien entendu de plus beau..< et je m'y connais I
ADRIENNE, entrant avec agitdlion par la gauche, à part.
Après deux mois d'absence... ah! c'est bien mal!*.. Allons, du courage!
'216 GOMÉDIKS — DHAMKS
LE PRINCE
Et du plaisir!... Vous êtes des nôtres.
l'abbé.
Je venais l'inviter.
ADHIENNE.
Moi I
l'abbé.
Au joyeux souper où nous avons toute la Comédie-Française... toutes ces dames.
ADRIUNiNE.
Impossible I
M^^^ JOUVENOT, qui est descendue à gouclio.
Par fierté ?
ADRIENNE, avec bonté.
Ohl non... mais je n'ai pas le cœur à la joie.
Raison de plus pour vous égayer... Un souper charmant...
où nous vous offrirons ce qu'il y a de mieux, (Montrant lea acteurs.) dans les arts, (Montrant le prince.) à la COUr, (Se montrant
lui-même.) dans le clergé... et dans l'épée... Le jeune comte de Saxe est des noires ! c'est le héros de la fête !
ADRIENNE, vivemeat.
Lui que je désirais tant connaître !
LE PRINCE
En vérité !
Une demande que j'avais à lui présenter... un lieutenant dont je voulais faire un capitaine. '
l'abbé.
Nous vous plaçons à côté de lui.. s et votre protégé est colonel... au dessert.
ADRIENNE LEGOUVREUR 217
Ah ! ce serait bien tentant... Mais la tragédie finira tard... je serai fatigude... je n'ai pas de cavalier...
l'abbé et LE PRINCE, présentant la main.
En voici !
ADRIEMME.
Je n'en veux pas !
LE PRINCE, TÎTement.
Ëii bien, vous viendrez seule ; vous connaissez la petite maison... de la Duclos...
Ma voisine!... ce beau jardin...
LE PRINCE
Dont le mur fait face au vôtre! Voici la clef de la rue... quelques pas seulement...
C'est quelque chose...
L ABBE, virement.
Vous acceptez?
Je n'ai pas dit cela !
LE PRINCE
Monsieur Michonnet sera aussi des nôtres...
MICHONNET.'
Comment donc, monsieur le prince, dès que mon spectacle de demain sera fait... (a part, regardant Adrienne.) Passcr toute la soirée avec elle...
ADRIENNE, à part.
Oui! je m'occuperai encore de lui, l'ingrat!... ce sera là ma vengeance!
l'avertisseur, en dehors.
Le cinquième acte qui commence !
ScaifiB.— Œuvres complàtes. Ir« Série. — 6"« Vol. — 13
ADRIENNB.
Adieu, adieu, messieurs.
(EIU MTt par la gauche.) MICHONNET.
Allons, messieurs... allons, mesdames...
M^^® DANGEVILLE, à l'abbé.
Un mot seulement, Fabbé. Pourrais-je, pour me donner la main, amener quelqu'un?.,.
l'abbé, riant. .
Le prince de Guéménée ?
M^^®- DANGEVILLE
Du tout.
L ABBE, de même.
Un autre?
m"® DANGEVILLE.
Fi donc! un tête-à-tête 1 Pour qui me prenez-vous?... J'en amènerai deux...
l'abbé, riant.
A merveille !...
M*^ JOUVENOT.
Et notre toilette pour ce soir... et nos voitures, où serontelles ? .
l'abbé.
On songera à tout... et de plus on vous promet... ce qu*on ne vous a pas dit... une surprise, un secret...
M^l<» JOUVENOT, DANGEVILLE et toutes les autres actrices, accourant
et entourant l'abbé.
Ah ! qu'est-ce donc... qu'est-ce donc?
l'abbé i
Je ne puis rien dire... vous verrez... vous saurez...
MICHONNET, criant.
Le cinquième acte I voilà l'idée seule d'une fête -qui bou-
ADRIENNE LEGOUVREUR
leverse tout dans nos coulisses... on ne s'y reconnaît plus...
A votre réplique... à vos rôles... (ai* abbé et an prince.) Et
vous, messieurs, je suis obligé de vous exiler ! (n m pose entre
les seignenrs et les actrices, qu'U sépare, et d'un ton tragique :)
Qu*à ces nobles seigneurs le foyer soit fermé, Et que tout rentra ici dans l'ordre accoutumé !
(Les seigneurs et les actrices se mettent à rire.)
UN.'v::-T.
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