SCÈNE X
. ÂDRIENNE, pni. LA PRINCESSE.
ADRIENNE, se dirigeant vers la porte à droite.
Allons!... (EUe irappe à la porte.) On ne me répond pas... ouvrez... ouvrez, madame... au nom de Maurice de Saxe... (La porte s'ouvre.) Je savais bien que rien ne résisterait à ce talisman.
LA PRINCESSE, ouvrant la porte.
Que me veut-on?
Vous sauver I.., vous donner les moyens de sortir d'ici...
LA PRINCESSE
Toutes les portes sont fermées.
J*ai là une clef... celle du jardin sur la rue.
LA PRINCESSE, vivement*
bonheur I... donnez ! donnez 1
Mais, par exemple... il faut descendre jusqu'au jardin sans être vue !... comment? je ne saurais vous le dire, car je ne connais pas cette maison...
Rassurez- VOUS ! (Se dirigeant vers la gauche pendant qu'Adrieone va écouter à la porte du fond; eUe dit à part:) GrâcC à ce pannCSU secret... (Elle cherche dans la muraille le panneau qui s'ouvre sous sa main.) Le VOici I • . . (Revenant vers Adrienne qui dans ce moment redescend le théâtre.) Mals VOUS à qui je dois un pareil service... qui êtes-vous?
Qu'importe?... partez.
ÂDRIBNNE LECOUVnKUR 247
LA PRINGESiSE.
Je ne puis distinguer vos traits...
Ni moi les vôtres.
LA PRINCESSE
Mais cette voix ne m'est pas inconnue^ je Tai entendue plus d'une fois... oui, oui... pourquoi vous dérober à ma reconnaissance... duchesse de Mirepoix... c'est vous?
Non!... Mais hâtez-vous de fuir les dangers qui vous menacent...
LA PRINCESSE
Vous les connaissez donc?
Qu'importe, vous dis-je I croyez à ma discrétion et ne craignez rien.
LA PRINCESSE
Mais ces dangers..* ces secrets, qui vous les a confiés?
Quelqu'un qui me dit tout...
LA PRINCESSE, à part.
ciel I (Haut à Adrienne.) Qui donc a donné à Maurice le droit de tout vous dire ?
ADRIENNE, lui prenant la main.
Et qui vous a donné à vous-même le droit de l'appeler Maurice, le droit de m'interroger... de trembler... de frémir... car votre main tremble ! vous l'aimez!
LA PRINCESSE
De toutes les forces de mon âme !
Et moi aussi !
LA PRINCESSE
Ah I vous êtes celle que je cherche !
248 COMEDIES — DRAMB8
ADRIENNB.
Qui étes-vous donc?
LA PRINCESSE, aTM fierté.
Plus que vous, à coup sûr I
Qui me le prouvera ?
LA PRINCESSE
Je vous perdrai !
ADRIENNE; avec hauteur.
Et moi... je vous protège I
LA PRINCESSE
Ah ! c'en est trop I... je saurai quels sont vos traits...
Je démasquerai les vôtres...
LE PRINCE, en dehors.
Palsambleu I nous connaîtrons la vérité I . . .
LA PRINCESSE, à part.
ciell... la voix de mon mari... et partir quand ma rivale est en mon pouvoir, quand je vais la connaître...
Restez... rcslez donc!... voici des flambeaux I
LA PRINCESSE
Eh bien! oui... je resterai... Non, non... je ne le puis!
(Elle s'élance par le panneau à gauche, qu'eUe referme, et disparaît pendant qu'Adrienne a remonté le théâtre et ouvre la porte dn fond. Le prince et l'abbé entrent arec des flambeaux, tendis que deux valets restent au fond en dehors également avec des flambeaux.)
ADRIENNE, au prince.
Venez !... venez!... (Regardant autour d'elle et ne Toyant plus
personne.) Grand Dieu !
ADRIBNNB LEGOUYRBUR 249