‹ Le puff;Chapitre 28 sur 71 · ACTE III, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IL

malin : « Il paraît nue ce grand seigneur protège madame de Saint-Avold d'une manière toute particulière, et qu'il lui porte même, en secret, l'intérêt le plus vif... — Ce n'est pas, me suis-je écrié ; qui a pu vous dire une pareille imposture? — Le prem'ier commis, qui le tenait du secrétairegénéral lui-même !...» Vous comprenez qu'à l'instant j'ai couru dans les bureaux...

desgaudets, effrayé.

Ah ! mon Dieu !

ALBERT

Chez le premier commis... chez le secrétaire général, rétablissant les faits et la vérité... leur disant que madame de Saint-Avold avait cinquantecinq ans... leur prouvant que M. de Marignan ne la connaissait même pas et|ne l'avait jamais vue...

DESGAUDETS.

Vous avez fait ce coup-là ?

ALBERT

Oui, Monsieur j'ai justifié cette pauvre

femme !'

DESGAUDETS.

Et vous lui avez ôté sa pension?

ALBERT

Moi !... comment cela?

DESGAUDETS.

M. de Marignan, qui tient à se faire des amis, apostille toutes les pétitions qu'on lui présente sans les lire, c'est connu au ministère, et pour donner à celle-là un caractère distinctif, un cachet particulier qui attirât sur elle l'attention et l'intérêt... j'avais glissé à l'oreille du secrétaire général quelques mots... accompagnés d'un sourire... de ces mots qu'on peut interpréter et amplifier... à volonté !

albert, avec colère.

Mais vous avez donc la manie laragedes...

amplifications.

desgaudets, froidement.

C'est mon système ! le seul pour arriver. Aussi, vous le voyez... j'avais réussi... tandis que vous! Je ne m'élonne plus maintenant de cette lettre à laquelle je ne comprenais rien... (Lui donnant une lettre.) Vous pouvez l'expliquer !

albert, la regardant dun air troublé.

C'est de madame de Saint-Avold... et elle vous est adressée !... (Lisant.) « Monsieur, j'apprends « par un employé du ministère, et je ne sais coin- « ment vous en remercier, que vous aviez, sans ■ me connaître, parlé en ma faveur. On allait m'ac- « corder le supplément de pension que vous « aviez demandé pour moi, lorsque quelqu'un... « (je ne puis encore le croire) M. Albert d'An- « gremont, quemon mari a comblé de bontés, est « venu détruire l'effet de vos soins. Je ne sais ce « qu'il a pu dire contre nous, dans les bureaux. « mais toule la bonne volonté qu'on noustémoi- « gnait s'est évanouie, et devant un procédé aussi

« indigne... devant une ingratitude pareille... (N'achevant pas la lettre.) Ah! c'est à confondre!., c'est moi qu'on accuse... et c'est vous qu'on remercie...

DESGAUDETS.

Vous le voyez?

ALBERT

Moi qui chéris la mémoire du général... Moi qui défendais l'honneur de sa veuve... courons du moins la détromper !

desgaudets, le retenant,

Attendez donc! j'ai une invitation à vous transmettre de la part de M. de Marignan et de la mienne.

ALBERT

A moi !...

DESGAUDETS.

Comme ami de Maxence et de sa famille, vous êtes prié d'assister au contrat qui se signe aujourd'hui chez moi... ainsi qu'au dîner et à la soirée que nous donne chez lui M. de Marignan.

ALBERT

Un contrat ce matin.,, un dîner ce soir... et pourquoi donc?

Pour le mariage d'Antonia, ma pupille!

ALBERT

0 ciel ! et avec qui ?

DESGAUDETS.

Avec M. de Marignan... c'est décidé depuis hier soir... et je suis encore à me demander comment elle y a consenti!... (Regardant Albert qui chancelle et s'appuie sur un fauteuil.) Eh bien ! qu'avez-vous donc?

ALBERT

Rien, Monsieur... je vous jure.

DESGAUDETS.

Mais si, vraiment !

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