‹ Le puff;Chapitre 60 sur 71 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

COjÂlNNE, ALBERT.

albert, entrant vivement.

Quel dîner!... J'ai cru qu'il ne finirait pas!.... Et quelle conversation !... Que de mensonges! de vanleries !

CORINNE

Éloges désintéressés, donnés par l'amitié.

Et par ceux qui dînent chez lui !... Et ce monsieur de Marignan, qui, à force de s'entendre dire qu'il était un grand homme... a fini par se le persuader !

CORINNE

Comment donc!... Il attaquerait en calomnie quiconque oserait maintenant soutenir le contraire !

ALBERT

Patience!..... cela aura un terme... et nous verrons!

CORINNE

Raison de plus pour ne pas paraître sombre et préoccupé... comme vous... tout à l'heure, â ce dîner!

ALBERT

Je ne vous ferai pas le même reproche !.. J'admirais votre grâce, vos saillies, votre gaieté !

CORINNE

C'est un moyen ! Cela permet d'observer sans que l'on s'en doute... Vous ne vouliez rien dire ! il fallait deviner!... J'ai tout vu.., voire physionomie taciturne, l'air intrigué du comte ; et en sortant de table, vous lui avez dit à voix basse : Je vais vous attendre au salon. Je l'ai entendu... J'étais derrière vous!.. C'est pourquoi... me voici. Maintenant, Monsieur, qu'est-ce que cela signifie?

ALBERT

Vous le saurez plus tard,

CORINNE

C'est une provocation... c'est un duel!

ALBERT

Eh non 1 une simple explication!

CORINNE

Vous avez promis devant moi à Antonia... de ne rien risquer qui puisse la compromettre, vous avez juré que son nom ne serait même pas prononcé, entrevous et M. de Marignan.

ALBERT

J'ai tenu ce serment, et je le tiendrai encore... Mais il se présente, grâce au ciel, une circonstance... une occasion qui n'a aucun rapport avec Antonia, ni avec mon amour, et rien ne peut m'empêcher de la saisir.

CORINNE

Cette occasion, quelle est-elle?... ne puis-je la connaître?

ALBERT

C'est inutile... c'est une question qui ne peut être discutée par des femmes... mais il ne sera pas dit... que je me laisserai enlever celle que j'aime sans la disputer... moi qui porte une épée... Non, non, tant que je serai vivant, il ne l'épousera pas !... J'y suis résolu... Sans cela, comprendriez vous que j'assistasse tranquillement à son triomphe... et à cette fête...

CORINNE

Vous voyez donc bien, Monsieur, que vous voulez vous battre avec M. de Marignan.

Oui.

CORINNE

Et pour Antonia?

ALBERT

Non... pas pour elle !... mais pour une autre cause... pour celle de l'honneur et de la vérité.

CORINNE

Je ne vous comprends pas, Monsieur.

ALBERT

Je vous ai dit que cela n'était pas nécessaire. Mais cette explication aura lieu.

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