‹ Le puff;Chapitre 67 sur 71 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les précédents, CORINNE, entrant par le fond. Corinne, arrêtant Albert qui va sortir.

Où allez-vous ?

ALBERT

Je sors de cette maison.

CORINNE

Non pas ! je quitte le noble comte que j'ai laissé plus mort que vif!

BOUVARD

Lui...

CORINNE

Quand il a compris que j'étais au fait de tout, il est resté comme frappé de la foudre!... sentant bien qu'il n'avait à attendre de moi ni grâce, ni merci, et calculant déjà les suites de cette terrible et piquante aventure ; délicieux épisode pour mes Mémoires, etmatière incessante de feuilletons plus mordants les uns que les autres. Il a compris toute l'imminence du danger, et vaincu sans combattre, il a de lui-même proposé la paix, me laissant maîtresse des conditions, que je viens régler avec vous, mon allié.

ALBERT

Avec moi !

CORINNE

Article premier. Vous garderez le silence ?

ALBERT

Non!

CORINNE

Comment, non ?...

BOUVARD

Il veut parler... et publier la vérité !

corinne, d'un air étonné.

La vérité !... à quoi bon ?

DESGAUDETS.

C'est ce que je ne cesse de lui dire.

CORINNE

C'est évident !.. (A Albert à demi-voix.) Vous ne savez donc pas que je l'emporte , que mon triomphe commence, que je suis comtesse de Marignan, et qu'Anlonia est à vous ?

AEBERT.

Ociel...

CORINNE

Devenue libre, elle vous offre sa fortune et sa main.

ALBERT

Que dites-vous ?

CORINNE

Son frère y consent!

DESGAUDETS.

Et moi aussi, comme subrogé-tuteur.

CORINNE

Et pour cela vous n'avez qu'un mot à dire... ou plutôt à ne pas dire... on ne vous demande que de vous taire.

desgaudets, souriant.

Et c'est là le cas ou jamais de capituler...

ALBERT

Non... non... fût-ce au prix de mon bonheur, je ne vendrai pas ma conscience. Je resterai fidèle à l'honneur... et à la vérité !

Corinne, lui montrant Antonia qui soft de la porte à droite.

Plus qu'à votre amour... plus qu'à Antonia !

Antonia!.. Ah ! ne prononcez pas ce nom-là !

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