MORTON, GEORGINA
Eh ! mais , où alliez-vous donc ?
MORTON
Je quittais ces lieux.
GEOUGINA.
Ce n'est pas possible... vous m'avez promis de rester jusqu'à ce soir... et vous qui savez ce que c'est que la foi jurée, vous ne voudriez pas y manquer.
MORTON
C'est vrai... on doit tenir parole, même à ses ennemis... C'est pour cela que je te prie de me rendre la mienne.
GEORGINA
Parlez-vous sérieusement?
MOUTON
Oui.
GEORGINA
Alors, je me garderai bien de vous obéir, avant de .savoir d'où vient cet air sombre et menaçant... Que se passe-t-il en votre cœur ?
MOUTON
Ne cherche pas à le connaître ; car moi , qui ne .sais ni tromper, ni feindre , je te dirai la vérité.
GEORGINA
Je la demande.
El tu me laisseras sortir?
GEOUGINA.
Oui.
MORTON
Eh ! bien , femme , je te méprise !... Adieu. r.EOUGiNA , le menant.
Morton, Morton... ne me quittez pas ainsi. . Vous ne voulez pas me réduire au désespoir... Restez , restez , de grâce !
MOUTON
Me rclenir encore, après ce que je l'ai dil !
GEOUGINA.
Vous m'avez donné le coup de la mort... mais n'importe, restez ; j'ainu' mieux \olre uiépris (puvol rc ab.sence.
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MORXON.
Ah ! qui ne la croirait avec celle voix si douce et ce regard suppliant !... Qui que lu sois , lu ne me tromperas plus. La ruse est ton in-^tinct ; c'esl ta vie, ce-t Ion être?... Le mien, c'esl la franchise... Avant de te quiiter pour jamais, je te dirai tout... Ce triomphe que ta vanilé désirait, tu l'as ohlenu... tu as réussi a troubler mes sens... il égarer ma raison... Je t'aimais.
Vous ! grand Dieu !
MORTO
Oui , perBde... oui , ingrate !
GEORGINA , avec joie.
Parlez... parlez... je puis tout entendre maintenant.
MORTON, furieux.
Et elle se rit encore de mes maux!... elle ignore ce que je soudre... elle ne sait pas que ce cœur, qui ne s'était jamais donné , lui était dévoué... lui aurait tout sacrifié... aurait tout bravé pour elle.
GEORGINA, enchantée.
Ah ! que c'est bien... Conliniiez.
MORTON, avec colère.
Non , je ne continuerai pas... La raison m'est revenue, et tu n'es plus à craindre ; car je le vois telle que lu es... toi , et ce lord Darsie.
GEORGINA
Tu serais jaloux !... rassure-loi... Je lui avais promis de l'épouser, c'esl vrai... mais si je n'aimais personne... et ce serment-là, je crois que j'en suis dégagée.
MORTON
Tu espères en vain m'abuser, me donner le change... je connais ta perfidie... liens, en voici la preuve. (Il lui donne la lettre de Darsie.) GEORGINA , après l'avoir lue.
Quoi ! c'est là ce qui te fâche ?... ce n'est que cela?
MORTON, avec colère.
El que peux-tu y répondre ?
GEORGINA , (roidement.
Que ce matin, c'était vrai peut-être... et que maintenant...
MORTON
Eh bien!...
GEORGINA
Mais vous ne me croiriez pas... vous auriez raison. . ce n'est plus à mes discours, c'est à ma conduite à vous prouver si je vous aime.. Toutà-l'heure , je l'espère, vous n'en douterez plus... et après cela, foi, mon prntecleur, mon ami, mon maiire... lu décideras de mon sort.
(Elle va ù son appartement, et, au moment de rentrer, elle jette un regard sur IMorton , un regard affectueux... En ce moment entre Toby, qui aperçoit Georgina prèle à sortir, cl reganl.iMl encore Morlon.)
IF QlIAKI-ll ET I » DtNSFlSR.
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