Chapitre XIII
hurlans en diables : “ Hho, hho, hho, hho, brrrourtrouftrts, trroutrts, trrourtts. Hou, hou, hou. Hho, hho, hho. Frere Eftienne, faisons nous pas bien les Diables ?”
“ La poultre, toute effrayée, se mit au trot, à petz, à bondz, et au gualot, à ruades, fressurades”, doubles pedales et petarrades : tant qu’elle rua bas Tappecoue, quoy qu’il se tint à l’aube1® du ba$t de toutes ses forces. Ses estrivieres estoient de chordes ; du cousté hors le montouoir son soulier fenestrél1 estoit si fort entortillé qu’il ne le peut oncques tirer. Ainsi estoit trainné à escor- . checul par la poultre, tousjours multipliante en ruades contre luy et fourvoyante de paour par les hayes, buissons et fossez. De mode qu’elle luy cobbit!? toute la teste, si que la cervelle en tomba près la croix Osanierel®; puys les bras en pieces, l’un çà, l’aultre là, les jambes de mesmes; puys des boyaulx fit un long carnaige, en sorte que la poultre au couvent arrivante, de luy ne portoit que le pied droiét et soulier entortillé.
‘“ Villon, voyant advenu ce qu’il avoit pourpensé, diét à ses Diables : Vous jourrez bien, messieurs les Diables, vous jourrez bien, je vous affie. O que vous jourrez bien! Je despite la diablerie de Saulmur, de Douét4, de Mommorillon15, de Langés16, de Sainét Espain, de Angiersl?, voire, par Dieu, de Poictiers avec leur parlouoirel8, en cas qu’ilz puissent estre à vous parragonnez. O que vous jourrez bien!
‘ Ainsi, dist Basché, prevoy je, mes bons amys, que vous dorenavant jouerez bien ceste tragicque farce, veu que à la premiere monstre et essay, par vous a esté
Chiquanous tant disertement daubé, tappé et chatouillé. Præsentement je double à vous tous vos guaiges. Vous, mamie (disoit-il à sa femme), faites vos honneurs comme vouldrez. Vous avez en vos mains et conserve tous mes thesaurs. Quant est de moy, premierement je boy à vous tous, mes bons amys. Or ça, il est bon et frays. Secondement, vous, maistre d’hostel, prenez ce bassin d’argent: je vous le donne. Vous, escuiers, prenez ces deux couppes d’argent doré. Vos pages, de troys moys ne soient fouettez. M’amye, donnez leur mes beaulx plumailz blancs, avec les pampillettes d’or. Messire Oudart, je vous donne ce flaccon d’argent. Cestuy aultre je donne aux cuisiniers; aux varletz de chambre je donne ceste corbeille d’argent; aux palefreniers je donne ceste nassellel® d’argent doré; aux pottiers je donne ces deux assiettes; aux muletiers, ces dix happesouppes??, Trudon, prenez toutes ces cuilleres d'argent et ce drageouir. Vous lacquais, prenez ceste grande salliere. Servez moy bien, amys, je le recongnoistray : croyans fermement que j’aymerois mieulx, par la vertus Dieu, endurer en guerre cent coups de masse sus le heaulme au service de no$tre tant bon Roy qu’estre une foys cité par ces mastins Chiquanous, pour le passetemps d’un tel gras Prieur.”
Continuation des Chiquanous daubbez en la ma:son de Basché.