Arch. Nat, MM 128, T 38 r ri 77 r
•j. Dans Bon Dictionnaire de la langue française, Littré fait, à propos du mut « table ». la citation suivante : •• Les changeurs commis «M députez à ce faire el en lieux publics il accoustumez en npstre royaume et tenans tables ez villes où ils changeront... » Ordonnances des rois de France, t. II. p. 298 . Les tables de change Boni encore appelées bureaux d'échange nu comptoirs. Ces tables étaient divisées comme un échiquier par des lignes horizontales et verticales formant des cases sur lesquelles les changeurs calculaient au moyen de jetons, d'où le mol comptoir pour désigner ces tables, el ce mol esl tellement significatif que nous l'employons encore aujourd'hui, tout détourné qu'il suit de sa primitive acception. Dans sou ouvrage Les Lombards en France et à Paris, M. C. Piton a donné d'intéressantes explications mu- les tables de change l. II. préface, p. v, et p. Il' : il y a même dessiné plusieurs jetons de changeurs où ces tables sont très nettement figurées l. I. p. ■">■> el sa .
Le mut » banque » a aussi la même signification que le mot table, parée qu'il dérive non |>as t\y\ mot » bain- » enmine un l'a dit jusqu'à présent, mais bien du mot italien banca, qui signifie table; du grec *6*Ç, abaque, table dont les anciens se servaient pour calculer; en latin abacns, table, comptoir. En tenue d'architecture, l'abaque esl la table ou pierre plate qui couvre le chapiteau.
3. I.e n de Sarrazin esl celui d'i ancienne famille parisienne dont l'un de ses
membres, Pierre Sarrazin, a Laissé son nom à une rue de notre ancien quartier de l'Université. Il était lils de Raoul Sarrazin qui vivait en 1205 Bibl. de l'Ecole des Chartes, l. XLIX, p. 305-306 et lut probablement père du Jehan Sarrazin, monnaier en 1206 C. Piton, /<»■. cit., p. 599 .
son second mari, elle fit, pour l'anniversaire de celui-ci, au chapitre de Notre-Dame, un legs de 4 livres parisis à prendre sur deux maisons qu'elle possédait me Tirechappe '. Le 25 août suivant, avec les deux enfants de son premier lit, Etienne et Jehan, elle fonda une chapellenie en l'église Saint-Gervais, a l'autel de Saint-Michel2.
En 1250, un autre membre de la famille Barbette, Nicolas Barbette, fut aussi prévôt de Paris; il était associé dans cette charge à Gauthier Le Maishe \ Il fut appelé, le 7 juillet 1253, comme juré dans une enquête faite pour savoir à qui, du roi ou de la ville de Rouen, appartenait la justice des contraventions relatives aux poids de cette ville. (Le roi eut gain de cause) 4.
Au temps de la susdite dame Agnès, deux drames sanglants arrivés à quinze années d'intervalle, assombrirent le nom de Barbette ; deux actes du Parlement de Paris en témoignent, ce sont : 1° un arrêt de l'an 1261 acquittant Hugues du Chàtel. accusé d'avoir attiré dans sa maison Philippe Barbette, bourgeois de Paris et de l'y aA'oir assassiné; 2° un accord passé, en 1276, entre les amis de Péronnelle, veuve de Philippe Barbette, et Guillaume Clinet accusé d'avoir donné la mort à son fils Jehan. Guillaume Clinet fut condamné à passer quatre années en Terre Sainte, et plusieurs seigneurs se portèrent garants pour lui des conclusions de cet accord5. Ce Jehan Barbette, mort assassiné comme son père Philippe, doit être celui dont Gaignières a relevé l'inscription tombale dans le cloître de l'abbaye de Saint-Victor, d'après laquelle il est décédé en 1276, âgé de 36 ans, ayant été de son vivant chambellan du roi et gendre de Jehan Sarrazin, aussi chambellan du roi, celui qui fut, avons-nous dit, le deuxième époux de la dite dame Agnès 6.