Arch. Nat., MM
din des appartenances de l'hôtel Barbette est détenu par un avocat devenu examinateur au Châtelet, du nom de Pierre Turquam ' : ledit jardin, compris dans la redevance totale ci-dessus énoncée
tenant d'une pari à une masure qui l'ust Jehan Auclou, aux maisons d'aumosne et aux maisons et jardins des religieux de sainte Katerine, et d'aultre part à ung mur qui est fait de neuf par devers la cousture du Temple, et en partie au dit ostel Barbette et jardins, aboutissant par derrière sur la cousture sainte Katerine
Arrière petit-fils de Jean-le-Bon. cousin germain de Charles VI et beau-frère de Charles VII par sa sœur. Marie d'Anjou, le nouveau propriétaire de l'hôtel Barbette. Charles d'Anjou était le troisième fils de Louis II d'Anjou, roi de Xaples et de Sicile, et joignait à son nom le titre de comte du Maine. Il fut tout d'abord un des princes les plus dévoués à la royauté française. En 1432, il succéda, dans la faveur du roi, à Georges de la Trémouille, qui lui dut une disgrâce éclatante et complète. Il fit rappeler le connétable Arthur de Richemont que l'ancien favori avait si mal à propos éloigné de la cour et de l'armée. Avec ses deux frères. Louis, duc d'Anjou et le roi de Sicile, le bon roi René, il contribua puissamment à la reprise de la Normandie et de la Guyenne sur les Anglais.
Charles d'Anjou fut un des rares favoris de Charles VII que Louis XI garda près de lui à son avènement au trône. Lorsque la Ligue du Bien public commença à se former, le comte du Maine se déclara pour le roi, qui l'envoya, en libo. défendre la Normandie menacée par le duc de Bretagne. Supérieur en forces à celui-ci. il lui était facile de le battre ; il en trouva l'occasion et la laissa échapper. Sa conduite fut encore plus équivoque à la bataille de Montlhérv ; il déserta pendant le combat, entraînant avec lui le tiers de l'armée et abandonnant ainsi le roi qui luttait avec courage et succès. Lâche ou traître, et peut-être l'un et l'autre, il osa rejoindre Louis XI et rentrer avec lui dans Paris. Le roi dissimula son ressentiment, car il était dans une position critique : il lui fallait une paix quelconque
1. Ce Pierre Turquam est le fils de Jehan Turquam. précédemment mentionné : il était aussi seigneur du fiel' de Cugnancourt. Voir notre notice : Les Seigneurs de Clig^nancourty.
FF. QV \UTir.l: BARBET! l 91
à tout prix, et Charles d'Anjou fut chargé de ta négocier. Mais les traités de Conflans et de Saint-Maur furent si humiliants pour le roi, réduit à céder à toutes les exigences de ses grands vassaux, que le négociateur passa dans L'opinion publique pour avoir été d'intelligence avec eux : aussi Louis XI ne lit-il le serment d'une telle paix que dans l'intention de La violer quand le danger serait passé. Ce fut par Charles d'Anjou qu'il commença sa vengeance. Mais celuici ne fut puni que par la perte de sa compagnie d ordonnance et de s«»n gouvernement du Languedoc, car Louis XI avait à ménager son frère, Le roi de Sicile. Charles d'Anjou mourut justement oublié en 1 172.
Quant à L'hôtel Barbette, sa redevance annuelle, au temps de Charles d'Anjou, est ainsi mentionnée sur les censiers du 'rempli'. notamment pour L'année 1 i-47 ' :
\Lr Charles d'Anjou, au lieu du président de la chambre des comptes, M'' Symon Charles, H livres 11 sols i deniers de rente et fons de terre sur l'osée! Barbette el sur toutes ses appartenances, contenant plusieurs masures et jardins, comme tous les lieux se comportent; tenant «l'une part, par devers les anciens murs de la Ville), à une masure appelée L'ostel du Moulinet, assise en la rue Barbette, à la porte des Arbalétriers, aux maisons d'aumosne et aux maisons et jardins des religieux de Sainte-Katherine : et d'autre part, par devers les champs, tenant à l'hostel et jardins de la petite Barbette, tout au long, lequel hostel de la petite Barbette e^l chargé de 10 sois parisis, compris èz dit/. 8 livres I 1 sols 4 deniers parisis ».
Mais, avec Charles d'Anjou, ainsi qu'il appert du Procès-verbal tirs criées, oppositions , etc., <lu 14 may 1464, L'hôtel Barbette parait
entrer dans une phase de difficultés contentieuses. En elTet. une sentence du prévôt de Paris du 20 décembre 1449 ordonne, par provision de justice, la saisie et mise en criées de cette propriété, à la requête des religieux du Temple, pour la conservation de S livres Il sols et V deniers parisis de cens et de six années et un terme d'arrérages échus. La dite sentence décrit les lieux de la façon suivant<