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4. De Saint-Foix. Essais historiques sur Paris, édition de 1776, in-12, t. I. p. 172.
LE QL'ABTIER BARBETTE I \~
• courts el jardin, la dicte prinse moyennant douze deniers tour- .. nuis de cens portant lot/. et ventes, saisines et amendes et à « charge de bailler, cedder et transporter audict seigneur grandit prieur un-; demy arpent assis dedans Le terrouër de la Courtille- ■• lez-Paris, au lieu dict Vaugobert, en la baulte justice et seigneu-
■• rie dudict seigneur grand-prieur1 » Nous venons de voir
que cette acquisition fut annexée au grand jardin que Jean Bertrand détenait en cet endroit: si bien que la totalité de sa propriété, enclose de hauts murs, s'étendit, ainsi sur une surface de deux arpents, depuis l'ancien cul-de-sac des Poulies jusqu'à la rue Diane
rue Elzévir .
Or, cet enclos dépendait d'un louis assez considérable que, depuis quelques années déjà, Jean Bertrand possédait de l'autre côté de la rue des Francs-bourgeois, à l'angle de la Yieille-rue-de-Barbette
rue Vieille-du-Temple), et dont il avait fait son habitation particulière -'. Il n'avait pas encore à sa disposition ce fastueux hôtel de
I. Arch. \;i(., S 3.V. i et S 5073", n- 1 1 de la 68« liasse.
•-'. L'hôtel particulier de Jean Bertrand mérite une mention spéciale. Il remplaçait en cet endroit trois vieilles maisons contiguës.
Les deux premières, situées sur la Vieille-rue Barbette avaient appartenu, en 1.'530. l'une à Marie la Froraagière, l'autre à la fille de feu Jehan Buffet, et rapportaient au Temple, chacune 2 sols 6 deniers à la Saint-Remy Arch. \,il.. S 5586 . En 1362, elles étaient en la possession, l'une de Jehan Dubois, l'autre de Guillaume Dangis [ibid. . l.h 1375 el 1376, .Jehan Dubois étail encore en la possession <le la sienne, tandis que huître ('-(ail aux mains de la veuve de Guillaume Dangis Ihi<l. . En lili. ces deux maisons n'en formaient plus qu'une et appartenaient à Jehan Le Blanc, argentier de la reine Esabeau de Bavière Arch. \;it.. S 5082 '. f* 86 V .
Quant à la troisième maison, qui était située au coin de la vieille rue Barbette et de la rue des Poulies, elle avait appartenu, dès 1350, à Thévenin de la Groye [Arch. A.w.S 5586 . qui la possédait encore en 1376 Ibid. : elle avait ensuite passé successivement i Thomas Boileaux, à Jehan Brulart, puis à Efuguelin Vaiselat, et rapportait bu Temple 7 sols 6 deniers de cens à laSaint-Rém\ Ibid. .En 1414, cette maison avait pour enseigne la fleur -/<• lys; elle tenait, d'une part, tout au long à la rue des Poulies, et, d'autre part, à Jehan Le Blanc, el aboutissait par derrière à une petite allée conduisant à la pi. rie du bout >\\t jardin de M. le vicomte de Melun de Tanearville : enfin, elle appartenait à Ifémon Raguier, trésorier des guerres du Roi, conseiller et trésorier général de la Heine, qui la vendit, le 11 décembre de eeite année, à s. m voisin, le susdit Jehan Le Blanc, moyennant - huict vingts livres tournois ». Arch. Nat.,
A partir de ce i lent les trois maisons n'en formèrent plus qu'une seule.
Jehan Le Blanc ayant suivi le parti du Dauphin, sa maison fut confisquée par le roi d'Angleterre Henri VI, qui la donna d'abord à Raoul Parker, Bon secrétaire, le 18 février i i -'.'> A. Longnon, Paris pendant la domination anglaise, p. 119 . Mais, la
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Sens, de la rue du Figuier, qu'il fut appelé deux' ans plus tard à occuper, par suite de son élévation au siège archiépiscopal de cette ville.
Mais Jean Bertrand jouit de son temps d'une notoriété assez importante pour que l'histoire lui garde d'autre souvenir que des mentions banales exhumées de la poussière de nos archives. Issu de l'une des plus anciennes familles de Toulouse, Jean Bertrand, fils
même année, les comptes des confiscations montrent cette propriété occupée par la reine Isabeau, à qui tous les biens de Jehan Le Blanc avaient été attribués pour la dédommager de ce que cet officier de sa maison lui devait Sauvai, t. III, p. 303 . Le 21 décembre 1427, Henri VI confirme, en effet, des lettres d'octobre 1425. par lesquelles la reine Isabeau a donné à Simonette de la Jesse, « damoiselle » de la duchesse de Bedfort, les biens confisqués sur Jehan Le Blanc « jadis argentier de la Reine A. Longnon, loc. cit.. p. 280 . Après l'expulsion des Anglais, Jehan Le Blanc reprit possession de tous ses biens, y compris sa maison du coin de la rue des Poulies, pour laquelle il figure encore sur les censiers de 1438, 1413 et 1447 Arch. Nat., S 5586, 5587 i, et MM 133 et 134).
En 1 157 et 1458, la maison, qualifiée d'hôtel, était aux mains des héritiers de Jehan Le Blanc (Arch. Nat., MM 135 et 136). De 1463 à 1480, devenue un grand hôtel, elle appartint à Simon le Bourrelier Ibid., MM 138 à 150), notaire et secrétaire du Roi et greffier en la chambre des comptes, et époux de Jehanne Le Blanc Ibid., S 5082 3 .
II était déjà mort en 1481, car on voit le cerisier de cette année indiquer ses héritiers à sa place [Ibid., MM 151). Par contrat du 5 novembre 1489, Jehanne Le Blanc, veuve de Simon Le Bourrelier, fit partage des biens de son père Jehan Le Blanc entre son frère, Loys Le Blanc, époux de Catherine Malingre, lequel était aussi secrétaire du Roi et greffier en la chambre des Comptes, et sa sœur, Marie Le Blanc, femme de Jacques Crespin, marchand drapier bourgeois de Paris. Dans ce partage, la maison à la fleur de lys échut à Loys Le Blanc, ainsi que deux autres maisons sises rue des Blancs-Manteaux, tandis que Marie Le Blanc recevait, pour sa part, un hôtel à la Courneuve et une maison àl'Hay, près Bourg-la-Reine Arch. Nat., S 5082 :1 .En 1 199, Loys Le Blanc parait encore occuper l'hôtel de la /leur de lys Ibid.. MM 154). Les censiers de 1528 à 1545 y indiquent Etienne Le Blanc, contrôleur général de la dépense de l'épargne du Roi, probablement fils du précédent Ibid., MM 156 à 107 . C'est en 1549, qu'y apparaît enfin Jean Bertrand, au lieu d'Etienne Le Blanc. « pour une grande maison et édifices... » [Ibid., MM 168 . Après sa mort, cette maison passa aux mains de son iils Guillaume Bertrand, sr de Villemor, conseiller du Roi et maître des requêtes ordinaires, qui y adjoignit une autre maison avec jardin, située derrière, qui appartenait déjà à Georges Hérouët. seigneur de Carrières en 1534, et auparavant à Jehan Aubœuf {Ibid.. MM 160 et 170).
Sur le censier de 1571 à 1572, l'hôtel de Guillaume Bertrand est ainsi défini : « une maison contenant plusieurs corps d'hôtel, cours, jardins et leurs appartenances » [Arch. Nat., MM 172 . En 1596 et 1599. les censiers y indiquent Jehan Griffon, puis Octavian d'Ouy, conseiller du Roi au conseil d'Etat, sr d'Attiehy (Ibid., MM 173 et 17 1 <t S 5596 : puis vinrent Jean de Ligny et Philippe de Ligny, conseiller au parlement, en 1630 (Ibid., S 50M:' ; un autre de Ligny y figure encore en 1672 {Ibid., 5081 '»). L'hôtel de la fleur de lys, depuis longtemps, avait dû être transformé, divisé. etc. Quoi qu'il en soit, l'immeuble appartint successivement à M. de Clinchamp en 1736. puis à M. Thibaut de Baurain. puis à René Richer de Bois Mauclair en 1789 Ibid.. S 5605, n° 1 de la 17e feuille; Lefeuve. t. V, p. 251 .
LE ni \KTIF.H H kRBETTE I i!'
de Bernard Bertrand, seigneur de Villèle, procureur général au parlement de cette ville, fut élevé, dès son enfance, dans L'étude de la jurisprudence. Nommé <;ij,i/<,til, c'est-à-dire échevin de Toulouse, en 1519, il devint second président du parlement de cette ville en 1533, et premier président en 1536. Il s'acquit dans cet emploi une si grande réputation que son mérite le lit connaître au connétable Anne de Montmorency, à la recommandation duquel, François I1'1 le lit passer, en 1538, troisième président au parlement de Paris, dont il devint premier président en 1550. En ce temps-là. il était propriétaire, avons-nous déjà dit, d'un grand jardin rue des Poulies et de la maison qui faisait le coin de cette rue et de la Vieille-ruedu-Temple, vis-à-vis de la tourelle de l'hôtel Hérouët.
Après la disgrâce du chancelier Olivier, la faveur de Diane de Poitiers lit donner à Bertrand la charge de garde -des-sceaux en 1 55 1 . Il fut le premier garde-des-sceaux en titre d'office, création faite pour lui. Il avait épousé Jeanne de Barras, dame de Mirebeau et de Yillemor-en-Berry, dont il eut trois enfants : un garçon. Guillaume Bertrand, et deux tilles. Etant devenu veuf peu d'années après sa Domination de garde-des-sceaux, il embrassa l'état ecclésiastique et fut d'abord évêque de Comminges, d'où le roi Henri II le lit passer ;i l'archevêché de Sens en 1557. Enfin, grâce à la protection de ce prince et du duc de Guise, qui avait conduit au pape les troupes de secours que lui envoyait Henri II, contre Philippe II. roi d'Espagne, Paul IV le mit au rang des cardinaux au mois de mars 1557. Bertrand assista aux Etats généraux d'Orléans en 1558 ; mais, après la mort de Henri II, on lui ôta les sceaux qu'on redonna au chancelier Olivier. Pour se consoler de cette disgrâce, Jean Bertrand alla à Rome où il était très considéré ; il assista au conclave réuni pour l'élection de Pie IV. qui lui donna le titre de Santa-Prisca et h- mit au nombre des cardinaux commissaires chargés d examine] la conduite des Carall'a. De Rome, le roi l'envoya, en qualité d'ambassadeur extraordinaire à Venise où la mort le surprit, le \ décembre 1560, étant sur le point de revenir en France. Il fut enterré dans cette ville, dans la chapelle de Saint-Etienne, chez les Augustins.
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Les armes du cardinal Jean Bertrand de Villèle étaient : d'azur au cerf passant d 'or, au chef d'argent ; il avait pour devise : ad monitus fortior. La famille de cet éminent personnage existe encore; elle a donné, sous la Restauration, un ministre des finances distingué, et un archevêque de Bourges : M. de Villèle et son frère1.
Après la mort du cardinal Jean Bertrand, son hôtel du coin de la rue des Poulies et son grand jardin, situé de l'autre côté de cette rue. passèrent aux mains de son fils, Guillaume Bertrand, seigneur de Villemor, conseiller du roi et maître des requêtes ordinaire de son hôtel. Nous ne savons que peu de chose sur le compte de Guillaume Bertrand ; cependant nous ne saurions passer sous silence sa fin tragique. Il compte parmi les nombreuses victimes de la Saint- Barthélémy. Bien que n'étant pas hérétique, il fut malheureusement de ceux qui, désignés sous le nom de politiques, furent livrés, par leurs adversaires, aux coups de la fureur populaire. Le 2i août lo72, il fut assassiné, chez lui, par les satellites d'un nommé Fergon, sieur de la Pathaudière, intendant du duc de Montpensier. et qui, jaloux de sa situation, enviait ses biens et ses fonctions. Les meurtriers pillèrent l'hôtel de Guillaume Bertrand et lui prirent son argent. « C'était cependant, dit de Thou, un homme de probité, libéral et incapable de faire du mal à personne ~. »
Nous avons mentionné précédemment, dans une note, ce que devint l'hôtel du cardinal Bertrand; quant au jardin, dune contenance totale, avons-nous déjà répété, d'environ deux arpents, et d'un revenu censitaire de 12 deniers parisis, nous le trouvons, en loDti, désigné comme ayant appartenu, après Guillaume Bertrand, à Claude Mortier, conseiller du roi et secrétaire de ses finances, et aux héritiers d'Antoine Fachon, conseiller notaire et secrétaire du roi. Il se trouvait alors divisé en quatre lots à peu près égaux, c'est-à-dire d'un demi-arpent environ chacun, et payant chacun 3 deniers parisis de cens 3; lesquels lots correspondent aujourd'hui : le premier, aux
1. Clavel. Histoire chrétienne des diocèses de France, Paris. JS55, in-8, t. I, p. 101 à 202; — Nouvelle biographie générale de Didot ; — Fleurv. Histoire ecclésiastique, t. XXX. p. 527.
2. De Thou, Histoire universelle, Londres, 1734, in-4", t. VI, p. 410.