SCÈNE IV
VERRAT, CHAPELAS CIIAPELAS, regardant s'éloigner Teulier.
Celui-là, c'est un bon patriote, et un savant, à ce qu'on dit. Mais on n'est jamais à l'aise avec lui. Il est froid et cassant ; pas moyen d'être un peu familier. Il se tient sur la réserve, il ne rit jamais, il ne dit pas ce qu'il fait . ; on ne sait même pas qui esl sa maîtresse. Je n'aime pas qu'onse surveille toujours ainsi. Quand on esl entre camarades, il faut pouvoir se déboutonner franchement! que diable !
\ ERRAT
11 y a un vieux fond d'aristocrate en lui. Vois-tu, Chapelas, tous ces gens qui étudienl les livres, ec ne sont des vrais sans-culottes, des purs, des amis du peuple comme nous. Ils se croient supérieurs; et pourtant, je voudrais bien savoir comme ni ils s'en tireraient sans nous. Si on laissai! faire Teulier, on attendrait de voir les flammes pour crier : \u feu !... N oilà bien la façon de raisonner méticuleuse et stupide de ces hommes de science! Ils n'ont aucun sens des choses réelles. Il faut des gens comme cela pour noircir le papier, [tour fabriquer des pen- : mais s'il n'y avait qu'eux pour donner Le coup de balai, la nation risquerait de pourrir dans l'ordure. — \ <>i> ce bougre de d'Oyron. 11 e.st suspecl : autant dire criminel. II e>t capable de faire une trahison : c'est comme s'il l'avait faite. Que manque-t-il? le fait, la constatation du fait. C'est-à-dire qu'il faudrait attendre que le mal fût irréparable pour l'empêcher ? — Non pas. — Du reste... Suffit, nous sommes là.