SCÈNE VI
LE PAYSAN, le- soldats qui Le gardent, BUQUET, JEAN-AMABLE, \ [DALOT. Vers la fin de l'entretien, d'autres officiers entrent peu à peu, individuellement, ou deux à deux, de façon que la scène soit remplie, quand reviendra VERRAT avec QUESNEL.
BUQUET, au paysan.
Eh bien, mon vieux, tu t'es donc fait prendre ?
LE PAYSAN, finissant.
Laissez-moi partir !
BUQUET, riant aux éclats.
Tout à l'heure, tout à l'heure.
Il PAYSAN.
Vous me laisserez partir tout à l'heure?
■ et; /
LU instant, que diable! I! n'y a pas deux minutes que tu es avec nous. Tu t'ennuies donc!'
LE l'Ai S \V
Vous ne me ferez pas de mal ?
Mais non. On te coupera If cou sans que tu L'en aperçoives.
LE PAYSAN
Mes
[Uoi 1 \ <>il,'t-t-i! |>;is une allai;
Le |> eomme un enfant.
Jl MI-AMABLE, dégoûté.
ah :
Il 1' .
BUQUET, ne s 'occupant plus du paysan.
Eh ! bien, Jean-Amable, tuétaisdonc de la sortie de cette nuit?
JEAN-AMABLE, avec une joie enfantine.
Oh ! cela a été si amusant, Fortuné ! Imagine que nous avons traversé toute l'armée ennemie. Une fois, nous avons rencontré des patrouilles de cavalerie, — tu sais, des hussards rouges. Nous leur avons dit le mot d'ordre. Ils nous ont pris pour des paysans chargés de couper les blés la nuit. . . Et le flegme de Teulier ! Il a causé cinq minutes avec un officier prussien, sans que l'autre s'aperçût de rien. Pendant ce temps, les camarades tournaient le village, entraient dans les maisons. Ah ! sans cet imbécile de Bonin qui a tiré trop tôt, nous les prenions au lit. Kalkreuth a fui en chemise. Je l'ai vu. Je l'ai manqué !
BUQUET
Tu ne devrais pas t'en vanter.
JEAN-AMABLE
Oh ! bien, c'est presque aussi amusant comme cela.
BUQUET
Tu es dans un joli état î
JEAN-AMABLE
Dame, on a sauté les haies. Et puis, j'ai eu un coup de sabre, — le premier, Fortuné !
BUQUET
Tes parents pousseraient de beaux cris, s'ils voyaientleur Benjamin, leur poupon gâté, avec eette estafilade.
JEAN-AMABLE
Ça n'est pas laid au moins!1
ISI Ql ET.
Et tu n'es pas fourbu ? tu n'as pasélé te coucher en rentrant ?
JEAN-AMABLE
Pourquoi ? je suis un homme comme les autres.
Les loi -'w i
BTJQl ET.
Un homme! une fillette à qui, il y a six mois, sa maman apportait son cale clans son lit !