SCÈNE VII
QUESNEL, VERRAT, GHAPELAS sortent de la rliaml.ro : Verrat. toujours congestionné, avec une expression de joie féroce ; Quesnel en proie à une violente colère, qui fait trembler les lettres dans ses mains.
Bl QUET.
Regardez le représentant et Verrat ! Quelle mine ils ont ! Il y a quelque chose de grave...
Ql ESNEL, violemment agité.
Où est d'< )\ron ?
Bl Ql ET.
Chez sa maîtresse probablement, la fille du juge de paix, rue des Hommes-Armés.
Ql ESNEL.
Deux officiers: Vidalot, Buquet. Allez. Ramenez-le sur le champ. Ne le laisser s'éloigner ni parler à personne, sous aucun prétexte que ce soit.
JEAN-AM LBLE.
Qu') a-t-il donc?
\ idalol <'t Baquet sortent.
Ql BSNBL.
Ux>mination ! Où est l'homme qui a porté ces lettres?
LES OFFICIERS, agités, inquiet».
-il passé, citoyen?... \ errât, des nouvelles — Quoi, c'est une trahison ? — Nous sommes tnilil
MIEL, an pajaan.
lin. écoute !
LE PAYSAN
Qui t'a
il PAYSAN.
Pardon, pardon...
Il I' \ï - \\ .
Le major de Zastrow.
30i THEATRE DE LA RÉVOLUTION
VERRAT
L'aide de camp du roi de Prusse ?
LE PAYSAN
Oui.
QUESNEL
Combien de fois t'a-t-il déjà chargé de ce message ?
LE PAYSAN
C'est la première fois que je suis envoyé. C'est d'autres qui étaient venus.- Grâce î Je ne recommencerai plus...
CHAPELAS.
Parbleu ! Tu n'as pas besoin de nous le dire.
VERRAT
Tu ne t'y frotteras pas deux fois.
LE PAYSAN
Est-ce que vous allez me tuer ?
VERRAT
Un peu, mon petit.
L'espion se désole bruyamment.
QUESNEL
Allons, cesse de braire, âne que tu es. Ne savais-tu pas ce que tu risques? Réponds. — Comment connaissais-tu d'Oyron ?
LES OFFICIERS, poussant des exclamations.
D'Oyron ? c'est d'Oyron ?
QUESNEL
Veux-tu répondre ? Je te ferai donner la schlague, jusqu'à ce que tes os en cassent.
LE PAYSAN
Ne me tuez pas, mes bous messieurs !
(M EINEL.
Tu fais un sale métier, et tu n'en es même pas digne. Tu ne vaux pas le plomb qu'on te foutra dans le corps demain.
VERB \ i .
Depuis quand le traître était-il en correspondance a\cc les Prussiens ?
Le : issanl comme une vieille femme, s'affaisse; à moitié
Inciers lui donnent (1rs coups de botte.
viki; \i .
Rien à tirer de cette ordure. Il est à moitié mort de Emportez-le, il Déferait crue gêner.
On I raine 1
raine le j>
[Cl ERS, tumultueusement.
\in-i. d'Oyron, d'Oyron, il correspondait avec eux)
JNEL,
Oui, nue lettre de l 'état-major prussien. Le misérable trahissait depuis des semaines.
Tumulte furieux, où l'on ne distingue que des syllabes au milieu is frénétiques — des gens bors d'eux, gesticulant et hurlant comme des fous.
i : m ; vil]
ÊDENTS saufle i rsan. VlDALOT et BDQUET reviennent D'OYRON.
1 I I . ouvrant la porte, et entrant le premier.
Il était tout près d'ici. Nous l'avons trouvé se promenant.
gne au tumulte de s'apaiser. Le bruit s'arrête quelcrues - iste le temps pour d'Oyron de prononcer deux
D'OYRON, surpi
Que se passe-t-il doue.' Me voici, représentant.
cplotdon «lin i»1': mprenant pas d'abord puis pAlisi
lites-vous .'... Pardieu ' i ç ael. Citoyen,
les taire! Je te somme de \<-> faire taire! J'exige ! plication et le châtiment de ces inju Qu'un
de vou ' ose répéter cela !
JEAX-AMABLE.
Vendu ! Traître ! Prussien !
D OYRON, le saisissant à la gorge.
Rétracte ! Rétracte !
Tous les officiers dégainent contre lui, et arrachent Jean-Amahle de ses mains. Verrat et Quesnel s'interposent. L'hôtelier et les gens de l'hôtel se pressent à la porte, épouvantés, surexcités, et parlent d'une façon indistincte.
QUESNEL
Silence ! Silence ! . . . Ecoute, traître. Et vous, citoyens, soyez calmes. Voici la lettre que portait au commandant d'Oyron un espion du roi de Prusse.
D'OYROX, hurlant-
C'est faux !
QDESNEL, lisant.
« Monsieur le chevalier, c'est avec une joie véritable que je vous donne acte de notre satisfaction pour la sincérité de vos promesses et l'efficacité de vos bons offices. Peu s'en est fallu que notre état-major ne fût, sans vous, pris au piège de cette nuit. Il me semble pourtant que vous eussiez pu nous prévenir un peu plus tôt. Néanmoins, grâce à votre adroite feinte d'attaque sur le Bretzenheim et à votre fuite habile, je me plais à reconnaître que vous nous avez tirés d'un sérieux embarras, et évité un échec dont les conséquences eussent été des plus graves. Je tiens à vous assurer que le roi mon maître gardera le souvenir de si précieux services, et qu'il les reconnaîtra dès que les temps seront plus calmes et la victoire assurée. Continuez-nous votre aide et vos renseignements. Confiance! D'ici peu, la carcasse de ces tueurs de rois se balancera aux murs de notre pauvre Mavence. Vous pouvez me répondre par le même courrier. 11 est de toute sûreté. — Signé : de Zastrow. »
D OYRON, qui n'a cessé de se débattre, avec des cris inarticulés, rugit.
C'est faux, c'est faux ! tout est faux et absurde ! On veut me perdre !
Le officiers vocifèrent.
VERRAT, à Ouesnel.
C'est ce que disait Teulier. Rappelle-toi ce matin. Il se plaignait d'avoir été trahi.
SNBL.
Oui, tu as raison. Verrat. Il l'a dit en effet. Je n'y avais pas pris garde : je l'attribuais à son emportement.
chapelas.
Et il v a des semaines que cela dure !...
On entend les vociférations de lu foule au dehors.
Quoi donc ?