LE BRIGADIER
Probable.
Teulier regarde Quesnel impassible, et Verrat qui ricane. VERRAT.
Le bougre a eu peur. Il a bien fait.
i;i Ql il.
i\ témoignages ! I n mort et un absenl !
officiera b paules. — Teulier, un instant accablé,
lève.
ni i 1ER, opiniâtre.
N'importe!.., Su mort ne (ait que confirmer mes
dont
VERRAT, comprenant mal d'abord.
Quoi? Quoi? — \ Jean- foutre, je te tuerai ! a se
Jette le sabre 1 lea séparent^ — II<>i> de
lui. ' je suis victime dune machination effroyable.
VOUS . mon accusateur, ce bandit, il montre Teulier,
end aux pires insultes, d'accord avec 1rs traîtres et les
>ns prussiens. Comme ils tremblent devanl moi. ils ne
lent devant aucun moyen pour me perdre. Ils ont.
tte crapule, indignje du nom de Français. JeTavaw
ménagé jusqu à présent : I'- souvenir de notre amitié pas
é m«>i. .le 1 au é, maisen silence.
Puisqu'il me pousse à bout, j«' parlerai, .le ne me défends plus, Teulier d'être vendu aux Prussi<
distes, des feuillantistes, <!e> rolandistes, «'t des aristocrates de toutes couleurs. J'en donnerai Je me suis toujours déné de lui : son dédain pour les pal jpect pour la mention, son admirati< tée pour d<-s ennemis, Et il -.lit l'allemand !... .le vous m. -t- en demeure de ju • lui et moi. L'un i re. Je ne sortirai 1 d ici qu'il ne ««it condamn
ment d'injures ne m atteint point.
suis tous les mi( fonctions, mon
i . pour offrir je ne les ai mardi onze batailles
ne vous montrerai pas ma peau flétrie : ce sont des moyens de prostituées. J'ai déjà assez de honte et de dégoût d'avoir à rappeler mes services. Je hais les histrions. Il ne me plaît d'étaler ni mon corps, ni mon cœur. Nous sommes des hommes, nous ne devons parler qu'à la raison. La raison, la raison, la raison. Quand sa voix se fait entendre, nul ne peut lui résister. C'est à elle que j'obéis, et je lui sacrifie, s'il le faut, mes amitiés, mes inimitiés, ma vie. Vous l'entendrez aussi. Il faudra que vous l'entendiez. Si désireux que vous soyez de lui échapper, elle sera la plus forte, et elle fera justice. Ne m'accusez point d'orgueilleuse présomption ; je ne veux rien par moi-même : c'est la Vérité qui veut par moi. Toute àme qui voit une fois la vérité en face, et tâche de la nier, se suicide elle-même. Vous avez beau faire maintenant ; tous vos efforts pour vous fermer les yeux ne servent de rien ; vous avez vu ; vous savez, comme moi. Obéissez, comme moi. Obéissez, quoi qu'il en coûte, parce qu'il le faut.
Silence glacial.
QUESNEL
Citoyens, voulez-vous que nous fassions éloigner un instant les deux parties, afin de délibérer ?
CHAPELAS, qui s'est entretenu à voix basse avec les officiers.
Inutile, citoyen représentant, nous sommes tous d'accord. Nous avons jugé hier en toute loyauté ; nous n'avons aucune raison de nous déjuger aujourd'hui. Au nom de mes collègues, je déclare qu'il n'y a pas lieu de modifier la sentence. Que la justice suive son cours. Et comme toutes les considérations sont ici réunies, l'intérêt de la patrie, comme l'humanité, pour que 1 attente du condamné ne soit pas prolongée davantage, nous te prions de donner l'ordre d'aviser à l'exécution immédiate du traître. Un silence. — Quesnel, sans dire un mot, impassible, écrit un ordre qu'un brigadier prend et emporte aussitôt. — Un autre devoir nousrcste. Un des nôtres a été accusé. Pressé de s'expliquer, l'accusateur s'est retranché derrière des suppositions injurieuses et gratuites, des on-dit malveillants, des allégations sans fondement.
\in-i. il .1 compromis la défense, désorganisé la victoire, troublé l'armée dans une nuit de combat, risqué de tout perdre, pour des soupçons criminels que rien n'appuie. Il importe d'en faire justice, et d'empêcher à l'avenir...
Ne t'inquiète pas, Chapelas. Je m'en charge, c'est mon affaire.
CHAPBLAS.
Cela nous regarde tous. Tous, nous avons été atteints; nous devons frapper de tels actes nui détruisent la patrie. rvices rendus par le citoyen ïeulier, artons l'accusation de trahison portée contre lui par Verrat, et nous ne retenons que celle de s'être laissé entralnerà ces soupçoi tspar des pensées de jalousie
et de haine, indignes d'un soldat. A vous de décider, camarades : qu'en voulez-vous fairt
. Comité de Salut Publi
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n tend s, citoyen représentant. Défère-le donc au Grand Comité, dès qu'il t. nble. Nous nous en remettons
à lui de décider de
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dans quel réseau de mari bons envelop-
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OFFICIERS, à la fenêtre.
Il sort de la prison.
— On ne le reconnaît plus, avec ses cheveux coupés.
— Quelle arrogance a toujours la canaille !
Silence. Les officiers sont aux fenêtres. Verrat tourne le dos au public. Teulier et Quesnel restent assis à la table, — Quesnel impassible, impénétrable ; Teulier, la tète clans les mains. — On entend une voix forte et monotone lire au dehors,
BUQUET
On lit l'arrêt.
TEULIER, à mi-voix, angoissé, suppliant Quesnel.
Quesnel,... Quesnel,... au nom de Dieu!... un mot, ... il suffît d'un mot ;... j'ai dit vrai, tu le sais ; tu le sais bien, toi !
Roulement de tambours.
QUESNEL, se levant et se découvrant.
A la patrie !
LES OFFICIERS, avec solennité.
Vive la nation !
Gris de la foule au dehors.
VERRAT
Et maintenant, allons vaincre !
Ils sortent bruyamment. — Teulier est resté atterré, assis près de la table. Quesnel, qui sort le dernier, passe près de lui,
QUESNEL
Adieu, Teulier, je t'avais averti. Tu t'es frappé toimême.
TEULIER, .se relevant fièrement et méprisant.
Ne me plains pas. J'aime mieux être à ma place qu'à la tienne.
QUESNEL
Que mon nom soit flétri, mais que la patrie soit sauvée !