I1UI.IN
Ils sont plus nombreux que vous ne croyez.
VINTIMII.I.I..
Tant mieux. Plus ils seront nombreux et insolents, mieux cela vaudra.
III LIN
Pour qui ?
\ INTIMILLE.
Pour nous. .Notre temps est infecté par la sensiblerie: on On craint de donner un ordre pour réprimer L'infâme licence de la populace, de peur de faire couler quelques gouttes de sang. Cette faiblesseest la cause des dé- Ires <|ni ruinent le royaume. Nous ne serons sauvés du mal que par l'excès du mal, 1 ne bonne émeute: voilà ce qu'il nous faut. I n prétexte à la répression. .Nous sommes I affaire d'un jour : et l'on eu aura fini pour cinquante ans avec le- >tiipi<le> rêveries 'les philosophes et ivocats.
m LIN..
Unsi une révolution ferait votre jeu? 11 ne vous déplai-
[UC le peuple se li\l.'lt j (le sanglantes "\ioleih
Au besoin, quelques crimes?
YINTIMILLE.
Pourquoi non ? Quelque chose qui fit du bruit.
HULIN
Et si l'on commençait par vous?
YINTIMILLE.
Quelle idée !
II U UN
Savez-vous qu'il m'en prend envie, en ce moment ?
YINTIMILLE.
Non.
HULIN
Ne me mettez pas au défi !
VINTIMILLE
Éh non ! tu ne le feras pas, mon bon. Tu es honnête,
HULIN
Qu'en savez-vous? Je l'ai dit, je me suis vanté.
VINTIMILLE
Mais non ; c'est maintenant que tu te vantes. Quand tu ne l'aurais pas dit, tu ne saurais être autrement; cela se lit sur ta face.
HULIN
Et cela m'empêche-t-il de vous arrêter, si je veux ?
VINTIMILLE
Assurément. 11 faut bien payer son honnêteté par quelques sacrifices. Que penserais-tu de toi-même, llulin, si tu me trahissais? Ne perdrais-tu pas à tout jamais ce bien inappréciable : ta propre estime ? Il n'est pas si facile que tu crois de se passer de scrupules. Tu te vantes, je te dis : tu es un honnête homme. — Adieu.
Il s'éloigne.
HULIN
11 se moque de moi. Il me connaît. — C'est vrai. Les ca-
LE ii JUILLET 79
nailles auront toujours l'avantage sur les honnêtes gens,
5que ceux-ci s'imposent des règles, el les autres non.
s, pourquoi rester honnête, puisque c'est une duperie?
— Parce qu'on ne peut pas faire autrement, sans doute.
Bah! cela vaut mieux ainsi. Je ne pourrais pas respirer, si
j'étais aussi mal bâti moralement, aussi malpropre d'âme. —
Il n'est que trop sur qu'ils auront raison de nous... Le jour
vient... C'eût été bon pourtant de vaincre... Les pauvres
ils vont nous écraser ! — Il hausse les épaules. Et
puis après !. ..
On entend an loin la voix joyeuse de Hoehe, au milieu des acclamations et des rires de la foule. — Les fenêtres des maisons s'ouvrent. Les gens se penchent pour voir. — Desmoulins, Robespierre et leurs amis sortent du café où ils sont réunis.