‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 65 sur 151 · I I S ]\ V VI. IDES · texte numérisé non relu

I I S ]\ V VI. IDES

Ali ! canailles d'Allemands !

Ils croisent la baïonnette.

LES SUISSES

Jctte~le par terre ! — Ces moitiés d'hommes, ces vieux restes ! — Cela croit nous faire peur !

BÉQUABT.

Si tu avances, je tire.

Il les couche en joue. — Yintimille et de Fine se jettent au milieu d'eux.

DE FI.l E.

Bas les armes! Bas les armes !... Tonnerre !

11 tombe BUT eux à coups de canne.

\ INTIMILLE.

ils chiens enragés !

de i. ai \n . désespéré.

Elu aussi se révoltenl ! Il> ne veulent plus se hattre ! ut est perdu !

Il court vrrs la citadelle, et veut rentrer.

VINTIMILLE, L'arrêtant.

Où allez-vous ?

DE LAI NE1 . bon de lui.

Mou ri i I Mais ils mourront avec nous 1

VINTIMILLE

voulez-vous faire ?

DE i 11 m "> .

.. Des milliers de tonnes de poudre... Je

mettre le feu !...

i i - ihvai u»i s, protestant, ela '

ferai !

VINTIMILLE

Faire sauter un quartier de Paris ? Mais c'est de l'héroïsme ! — Non, ma foi, c'est trop ridicule ! On ne peut faire cela que quand on croit à quelque chose. Mais pour rien, c'est absurde. Il faut être bon joueur, et ne pas renverser l'échiquier, quand on perd.

DE LALNEY.

Mais que faire ?

LES INVALIDES

Capituler !

DE LAUNEY

Jamais ! Jamais!... Le Roi m'a confié la Bastille. Je ne la livrerai pas !

Il veut rentrer. — Les Invalides le prennent à bras le corps. LES INVALIDES, à Yintimille.

Monseigneur, commandez-nous !

VINTIMILLE, froidement.

M. le Gouverneur est malade. Conduisez-le dans ses appartements, et prenez soin de lui.

DE LALNEY, se débattant.

Traîtres ! Lâches !

On l'emmène.

VINTIMILLE, à part.

J'ai été un sot de me laisser prendre dans ce guêpier. — Rien à faire. Il s'agit de tirer sa carte du jeu le plus galamment possible. — Haut, Monsieur de Flue...

DE FLUE

Que voulez-vous ?

VINTIMILLE

Rédigeons, s'il vous plaît, le texte de la capitulation.

DE FLUE

Des écritures ? merci, je ne m'en mêle point.

Il lui tourne le dos.

Yintimille écrit, appuyé sur un canon.

LE li JUILLET 127

in SI [SSB, à de Fine.

ît nous massacrer.

DE FLUE, dogmatiquement.

Peut-être bien.

Il >'.i~-u<l sur un tambour et allume sa pipe. LES si [SS1 v. s'épongeanl I<- front. Damnée chaleur ! Est-ce qu'on ne pourrait pas boire? Vn Suisse va chercher à la cantine nne cruche qu'ils se passent. — L ■■.ut groupés à gauche, près de leur officier, in-

différents, ennuyés. Les Invalides à droite, autour du canon où s'appuie Vintimille ; il> suivent des yeul avec respect tous ses mouvements. Béquarl tient L'encrier. Vintimille lui lit à voix ce -qu'il vient d'écrire. Béquart approuve de la tète. Ses camarades, à côté de lui, se redisent les mots, et hochent aussi de 1 1

- l\\ tLIDES, entre eux, avec un mélange d'ironie et de contentement.

La chèvre a pris le loup.

\ IKTIMILLE.

Je demande leur parole qu'il ne sera faitde mal à personne.

Cela oenous coûte rien de demander.

VINTIMILLE, souriant.

i\ «le promettre. — il va à de Flue. Voulez-vous signer ?

DE i i.i i . ligr. uit.

Belles façons de se battre ! — Vprès tout, c'esl leur affaire.

\ INTIMII.I I .

[Bcile ii esl pas 'I é< ; ii . i 'es! de se faire lire par eux.

Invalides qui s'approchent d<- la porte sont accueillis par des isil.

Ui son! enrages, ils ne laissent approcher personne.

Donnez-moi le poulet.

LES INVALIDES

Tu vas te faire tuer, Béquart.

BÉQUART.

Qu'est-ce que ça me fait? Ce n'est pas pour me sauver que je capitule.

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