SCÈNE V LUCILE, CAMILLE, DANTON
CAMILLE
Pauvre Lucile, tu es inquiète?
LUCILE
0 Camille, Camille, comme tu es imprudent !
CAMILLE
Tu m'excitais tout à l'heure.
LUCILE
Ah ! j'ai des remords maintenant !
CAMILLE
Il faut dire ce qu'on pense. Et puis... n hausse t'épaule. Bah ! je n'ai rien à craindre, moi : il m'aime au fond, il me défendra toujours !
LUCILE
J'ai peur.
CAMILLE
Il a plus peur que nous ; la voix de Danton a eu de l'effet déjà. Il est de ces gens qui ont besoin de craindre ceux qu'ils aiment. Allons ! il faut voir nos amis, s'entendre avec eux. Ne perdons plus de temps... Viens, Danton.
DANTON, assis, préoccupé.
Oui. Où allons-nous?
CAMILLE
Rejoindre Philippeaux, Wostermann, sauver Hérault.
Demain... demain.
CAMILLE
Il sera trop tard.
DANTON, trèa triste, très affectueux.
Lucilc, lis-moi quelque chose, lais-moi de la musique, console-moi.
LUCILE
Qu' as-tu ?
Debout derrière lui, elle s'appuie sur son épaule; il lui prend la main et l'applique contre sa joue.
0 République ! Se détruire soi-même. Détruire l'ouvrage de ses mains, détruire la République ! Vainqueurs ou vaincus, qu'importe ') Dans les deux cas, vaincus !
CAMILLE
Dans les deux cas, vainqueurs, couronnés par la Gloire !
DANTON, violemment, se levant.
Allons, et que la République épouvante le monde du as de sa chute !...