‹ Le quatorze juillet. Danton. Les loupsChapitre 87 sur 151 · SCÈNE V LUCILE, CAMILLE, DANTON · texte numérisé non relu

SCÈNE V LUCILE, CAMILLE, DANTON

CAMILLE

Pauvre Lucile, tu es inquiète?

LUCILE

0 Camille, Camille, comme tu es imprudent !

CAMILLE

Tu m'excitais tout à l'heure.

LUCILE

Ah ! j'ai des remords maintenant !

CAMILLE

Il faut dire ce qu'on pense. Et puis... n hausse t'épaule. Bah ! je n'ai rien à craindre, moi : il m'aime au fond, il me défendra toujours !

LUCILE

J'ai peur.

CAMILLE

Il a plus peur que nous ; la voix de Danton a eu de l'effet déjà. Il est de ces gens qui ont besoin de craindre ceux qu'ils aiment. Allons ! il faut voir nos amis, s'entendre avec eux. Ne perdons plus de temps... Viens, Danton.

DANTON, assis, préoccupé.

Oui. Où allons-nous?

CAMILLE

Rejoindre Philippeaux, Wostermann, sauver Hérault.

Demain... demain.

CAMILLE

Il sera trop tard.

DANTON, trèa triste, très affectueux.

Lucilc, lis-moi quelque chose, lais-moi de la musique, console-moi.

LUCILE

Qu' as-tu ?

Debout derrière lui, elle s'appuie sur son épaule; il lui prend la main et l'applique contre sa joue.

0 République ! Se détruire soi-même. Détruire l'ouvrage de ses mains, détruire la République ! Vainqueurs ou vaincus, qu'importe ') Dans les deux cas, vaincus !

CAMILLE

Dans les deux cas, vainqueurs, couronnés par la Gloire !

DANTON, violemment, se levant.

Allons, et que la République épouvante le monde du as de sa chute !...

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