XVII
dans mon amour, de même que moi j'ai gardé les commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. 1 1. Je vous ai dit cela, afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. »
L'évangéliste s'est dispensé de toute formule d'introduction, et les pensées se suivent de même sans liaison apparente. Il ne faut pas voir là un effet de Témotion dont le Sauveur était pénétré à cette heure suprême K La structure logique manque généralement aux discours du quatrième Evangile, et l'auteur s'en est soucié encore moins ici qu'ailleurs, parce qu'il a imité les effusions mystiques des prophètes chrétiens après la cène. Il aura trouvé d'autant plus facilement cette note de lyrisme religieux qu'elle lui était familière pour son propre compte. L'hypothèse de transpositions, mise en avant par quelques-uns -, semhle superflue et ne remédie pas au désordre que Ton voudrait corriger.
« Je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. » L'allégorie de la vigne va être développée régulièrement, dans le style des prophètes ; elle a été suggérée directement par les passages des Synoptiques où il est question de la vigne et de son fruit, principalement par ce qui est dit du vin dans les récits de l'institution eucharistique ^. Jésus est la vigne et le vin. Les prières eucharistiques de la Didaché ^ l'appellent <( vigne de David ^ ». 11 apparaît donc, dès les premiers mots, que ce discours est dans un rapport aussi étroit avec l'eucharistie que le contenu des chapitres xiii et xiv. La liaison se fait toujours par le moyen de l'agape-charité, de l'amour jusqu'à la mort. Du reste, l'allégorie est conçue comme toutes celles du quatrième P^vangile, et c'est en vain qu'on s'est efforcé d'en extraire une parabole Jésus est « la vigne véritable », une vigne spirituelle et surnaturelle, sorte de prototype divin dont la vigne terrestre n'est qu'une image grossière, et dont Israël, l'ancienne vigne