Qimtn benc glandifera cingin liia lompora (pierru
Qui civem serva» non mudo, sed popiiliiin. »
genoux et lui a chanté la ninne-nanna en latin, tant le latin semble chez lui une langue maternelle, reçue avec la lumière du jour et respirée avec le souffle du vent. Il s'est domestiqué avec le latin en reprenant la traduction de V Iliade que Carlo Marsuppini avait laissée interrompue et dont il accomplit quelques chants en hexamètres si lluides que Marsile Ficin se demande où est l'original; et il nettoie ce latin au contact de la Grèce, que de honne heure il s'est assimilée et qui lui enseigna la touche Une, l'acuité de la llèche ailée, l'exactitude de la forme sobre, concise et polie. Il met des arêtes légères à la matière amorphe, redresse d'un pouce savant la glaise informe, éclaircit, allège, anime la masse lourde et flasque. Comme l'abeille, il a l'aile et l'aiguillon. H a de l'audace et de l'esprit. Là où l'on tremble, il ose; là où l'on marche, il gambade; là où l'on énumère, l'on s'applique, l'on ratiocine, il chante. Son talent maigre et souple se faulile dans chaque coin, s'embusque à chaque trou, recherche les obstacles pour le plaisir juvénile de les vaincre. Sans doute que sa veine est mesurée et que son inspiration est fugitive ; sans doute que ses plus longues œuvres se décomposent en autant de pièces de rapport, en morceaux délicats et brillants de mosaïque : son instrument est tout petit, c'est la flûte de roseau de quelque satyre adolescent sous la feuillée, mais l'instrument est bien joint par la cire, bien ajusté, bien d'accord, et Politien connaît toute la subtilité de ses ressources infinies.
Un peuplier brûlé au carnaval a reverdi devant la maison de Via Larga : « Faut-il s'étonner, flùte-t-il, que le peuplier, qui se dresse devant le palais Médicis et dont la foule ivre avait approché de trop près des flambeaux rapides quandon célébrait Bacchus, ait poussé des feuilles neuves? Laurent est le rival d'Hercule par les armes, et Laurent adoucit les dieux de l'Ilalie par son art. C'est pourquoi Hercule déploie des ombrages devant le jeune homme, afin qu'il enguirlande son front d'une guirlande
60 LE <JU ATTROCENTO
heureuse ; c'est pourquoi lorsqu'avec raide d'Apollon il module quelque chaut, le laurier ceint sa chevelure. Hé bien ! le front couronné d'une double guirlande, que Laurent montre ce qu'il vaut à la guerre, que Laurent montre ce qu'il vaut au forum* ! » Une jeune fille joue avec delà neige : « Jeune fille, tu es la neige môme, et tu joues avec de la neige; joue, mais avant que n'en meure l'éclat, fais que ta rigueur succombe ^1 » Le poète n'a point tenu sa promesse àGaleotlo Manfredi, seigneur de Faenza : «Tu demandes pourquoi ton poète n'a point tenu les promesses qu'il teiil? 11 est poète •^. » Albiera degli Albizzi estmorle; de la tombe, elle parle à Sigismondo délia Stufa son fiancé : « Ne gémis pas de ce que je t'ai été ravie dans ma tendre jeunesse; alors qu'il est doux de vivre, il est doux de mourir'* ! » Et quel portrait adorable il laisse de la jeune Florentine, morte à quinze ans d'une fièvre pernicieuse : « Un éclat candide était répandu sur la douceur de son sang, tels de blancs lys mêlés aux roses rouges. Gomme une étoile qui brille, rayonnait la joie de ses yeux, où bien souvent Amour ralluma son flambeau. Chaque fois qu'elle dénouait et épandait ses cheveux, elle semblait Diane qui à la