Milosch et la Servie; par Elias RegnauU
Chapitre de < THistoire des prorinoes danubiennes * de raairar, reproduit dus « le Siècle »,n« du 1*' aYfil 1d55.
254. Essai historique sur les révolutions et l'indépendance de la Serbie, depuis 1804 jusqu'à 1850; par le docteur Barthilemi' Sylvestre Cunibert, ancien médedn en chef au service du gouvernement serbe, décoré de Tordre ottoman du Mérite. Leipzig, F.-A. Brockhaus, 1855, 2 vol. in-8 de 314 et 578 pages, avec le portrait du pi ince Michel Obrénovitsch et une carte de la Serbie, 13 nr. 36 c
255. Prince (le) Milosch Obrénovritch ; par H. D^res. T-Inipr. dans la « Revue des Deux «Mondes », 15 février 1850.
256. Mémoire lu à la Société orientale de France; par i4. BUkcocq ( ancien consul de France k Bucharest*)
257. Nostre prigioni (le), ou le Journal de Billecoeq, diplomate français. Paris, Cosson, 1850, 2 vol. in*8.
L« MontCBeirro.
Le MONTENEGRO , appelé par les habitants C^emo-Gori^ Tckernagora, en esclavon, Mal-Isis, en albanais, Kara-Dag^ en turc, noms qui, tous quatre, signifient Montagne-Noire, et qui, à Tépoque de Tempire de Servie, dont le Monténégro faisait partie, était appelé Zenta, est un district montagneux qui justifie son nom, généralement assez inculte, situé aux confins de TAIbatiie, de THerzégovine et de la Bosnie, un petit État républicain, censé district de la Turquie d'Europe. Le Monténégro fit jadis partie de 111lyrie, puis de la Nouvelle-Epire, devint, sous Héraclius, la demeure des populations slaves qui, tantôt indépendantes, tantôt faiblement soumises à la Servie, passèrent sous le joug des Vénitiens au XIV« siècle, des Ottomans au XV', mais ont été presque toujours indépendantes de fait sous cette prétendue domination, et aujourcrhui même la Porte n'a qu'une autorité nominale sur le Monténégro : un vladika (prince-évêque), un gouverneur et 5 sardars, élus par les knez ou chefs des villages, forment le Gouvernement. C'est avec une
population peu nonibreuse, que les Monténégrins ont soutenu, ile« puis la bataille deCossova sous Lazare, le.dernier empereur de Ser« vie (13 juin i 389), les efforts réitérés de l'empire ottoman, et maintenu leur indépendance, mieux défendue encore par leur valeur et leur dévouement patriotique que par la force de leur position. Le souverain actuel du Monténégro est le prince Danilo. Les Monténé-» grins ignorent la civilisation et méprisent le travail.
Le général Guillaume de Vaudoncourt, qui a parcouru ce pays, nous a donné dans son t Histoire et Description du Monténégro ( I ) », une peinture des mœurs de ce peuple qui n'est guère propre à nous inspirer des sympathies pour lui.
a Habitués, dès l'enfonce, ii des travaux pénibles, soit pour fournir aux besoins de la vie, soit pour leur commerce ou pour leurs expéditions militaires, à travers un pays montagneux et semé de rochers au milieu desquels il n'existe que des sentiers difficiles et dangereux , ces Illyriens-Slaves sont robustes, agiles et infatigables. Leurs mœurs sont dures comme celles de tous les hommes qui vivent au milieu des armes. Leur caractère martial se déploie même dans les circonstances les plus indifférentes. Leur intrépi* dite les rend redoutables à leurs voisins , et surtout aux Turcs, indolents et amollis. Cette bravoure, qui en fait des soldats intrépides quand il s'agit de défendre la patrie, en fait aussi des brigands déterminés, quand il s'agit de conquérir du butin. Ils ne le cèdent en ardeur pour la rapine, ni aux Croates, ni aux Dalmates, ni aux Bosniaques, ni aux Albanais. Ils considèrent le vol à main armée comme une chose très-permise envers les ennemis et même envers les amis. Celui-là passe pour un lâelie, parmi eux, qui se contente de ce qu'il possède, quand il peut augmenter son bien par la voie des armes ou par tout autre moyen. Aussi sontils sans foi dans leui*s transactions commerciales, comme sans fidélité dans leurs alliances. Us changent de parti ou rompent un contrat toutes les fois qu'ils y trouvent leur profit. L*ardeur qui les pousse toujours au brigandage est telle, qu'on ne peut voyager chez eux sans escorte; et, quelquefois, les Pandours qui sont chargés de ce service dépouillrnt eux-mêmes le voyageur, s'ils n'aiment mieux le livrer aux halducks (voleurs de grand chemin) dont ils sont parents et amis. »
Le général Guillaume de Vaudoncourt nous initie ensuite è la vie intérieure du Monténégrin : « Les femmes, de même qu'en général chez tous les peuples d'origine slave, font laides, et leur teint a quelque chose de repoussant ; leur position n'y est pas heureuse. Comme chez les Dalmates et les Bosniaques, elles sont, à proprement parler, esclaves. Outre les soins d'intérieur, elles sont encore
(il « Revue du Nord », %• séné/ IH, (1837).
obligées de cultiver la terre, a( de se charger .4^ tous les trtfsia que leurs forces leur permettent d^entrepreodre sans succomber îmmédiateinent. Le Montéaégriny pendant que sa femme travaille, fume h la porte de sa Cabane, ou, armé de son fusil, il ys tenter la fortune des expéditions. Le soir* en rentrant, il prend son repas, que sa femme lui sert debout et sans y participer; après quoi il s'étend sur une natte couverte de quelques peaux, ou sur une de ces couvertures de laine grossière appelées schiaioine en UaUe, au on les fabrique en général pour les galériens. La femme se coudie sur les cendres qui entourent le foyer; jamais elle n'approche du lit de son mari s'il ne l'y appelle.
a L'espèce de théocratie sous laquelle vivent les Monténégrins, .oin d'adoucir leur fanatisme, tend, au contraire, à l'augmenter, tant par l'intérêt personnel de caste, que par l'immoralité et la stupide grossièreté de leurs popes. Ces peuples sont encore dans l'état où les a trouvés le provéditeur Jérôme Dolfin, et dont il rend compte dans son rapport de 1692, à la République de Venise : « Gouver» « nés par des prêtres dont l'ignorance, l'orgueil et la tyrannie leur « inspire le respect (pi'ils exigent d'eux ; imbus des principes bar- ( barcs plutôt qu'humains, leurs défauts pourraient être en quelque « sorte excusables, étant fomentés par le germe trompeur que 1*00 « a t(tujours jeté en eux, et par des dogmes qui rapprochent plus de « la vie sauvage que de l'état civilisé ». Toutes les superstitions qu'on reproche à juste titre aux Grecs, se retrouvent chez les Monténégrins, mais à un degré supérieur, et accompagnées de plusieurs autres tenant à leur caraclère particulier et à 1 avarice de leurs popes. Le vol, le meurtre et le parjure sont légitimés par des dons, des amendes ou des compositions. Toutes les excursions, même celles qui n'ont pour but que le pillage, sont bénies et faites aa nom et sous les auspices de la religion. Avant le départ, ci dans une messe solennelle où l'on bénit le drapeau, ou signe militaire, le chef militaire reçoit un cierge aussi béni, et s'oblige à donner à l'Eglise la dtme du butin ; quelquefois même, le prêtre accompagne l'expédition pour appeler sur elle les faveurs du Ciel. Si quelquefois il se fait un scrupule de se souiller par l'effusion du sang, jamais ce scrupule ne s'étend sur les dépouilles, dont il ne manque pas do choisir et de prendre sa part. Dans les grandes expéditions, où la majeure partie de la nation est sous les armes et où le vladika ordonne et dirige, c'est lui qui, à la tête du chapitre métropolitain, consacre les armes de ses sujets, et c'est dans son trésor que se verse la part du butin qu'il exige. Au reste, pour ne pas retarder des courses de brigandages qui se font à l'improviste, il y a toujours une bénédiction a posteriori toute prête, moyennant le don d'une partie des objets volés. »
BIBLIOGRAPHIE. '
A. Géographie et Histoire.
258. Voyage historique et politique au Monténégro ; contenant Torigine des Monténégrins, peuple autoclitone ou aborigène, et trèspeu connu ; la description topograpliique, pittoresque et statistique du paya; les mœurs de cette nation, ses usages, coutumes, préjugea; 8on gouvernementi sa législation, ses relations politiques, sa religion» les cérémonies curieuses et bizarres de son culte ; l'exposé de divers traits de courage, de générosité, ainsi que de férocité communs dans ce peuple. Orné d'une carte détaillée, dessinée sur les lieux, et de douze gravures coloriées, représeutiint les costumes de ce pays, deux de leurs fêtes, quelques planchas, etc.; par M. le colontil L.-C. Vidla de Sommières, commandant de Castel-Nuovo, gouverneur de la province de Cattaro, etc. Paris, Alexis Emery, 1820, 2 vol. in-8 ensemble de 50 feuilles i/4, 15 fr.
259. Histoire et I>escription du Monténégro; Notice sur l'empire de Servie; par le gén. CvUloumCf de Vaudoncourt. — Impr. dans la « Revue du Nord a, t III (2'' série) (1837), pp. 91-138.
L'autear de cet article, qae son emploi el ses importantes missions ont mis à . ortée de bien connaître TUIyrie, s*est procuré la copie d'une Histoire aianiiscrite du Monténégro, rédigée par Tévéque alors régnant {Vassilio Pclrrovia), Il a tra-
duit ce document, l'a annoté pour ce qui louche le Monienegro môme, et pour l'Histoire des Serviens qui s'y rattache, et Ta complété en y ajoutant toutes les notions géographiques et statistiques qu'il a Yértflées lui-môme chez les Monténégrins et leurs confédérés.
260. Slaves de Turquie (les)...; par Cyprien Robert. 1844. Voy. le n» 226.
261. Monténégrins (les), opéra-comique en trois actes, paroles de iVIH. E. Alboise et Gérard {de Nervcà). Rprésenté sur le théâtre national de TOpéra-Comique, le 31 mars 1849. Paris, Michel I.évy frères, 1849, in-18, format angl.