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LA FAMILLE GUIZOT

Giiizot (François-Pierre-Guillaume) , liislorien, publiciste et homme d'État, né à Kîmos (Gard), le 4 octobre 1787. M. Guizot n'avhit encore occupé aucune fonction publique lorsqu'il fut reça membre de l'académie de sa ville natale, en 1808. Le président de cette académie, répondant au discours de réception de H. Guizot, lui prédit que de hautes destinées l'attendaient, et l'engageait, quand il y serait parvenu, à ne pas oublier que la première palme académique lui avait été décernée par sa ville natale. La prédictioa du président de TAcadémie de Kîmes s'est justifiée. M. Guizot est monté aussi haut qu'aurait pu le désirer le plus grand anibitieux. Dès 1812, ses hautes capacités le firent nommer, par dispense d*âge, professeur d*histoire moderne à la Faculté des lettres de l'Académie de Paris, à vingt-cinq ans. I^a politique l'occupa, et à la Restauration, il prit rang parmi les publicistes les plus distingués. Comme professeur d'histoire moderne, M. Guizot s'est fait un nom européen; comme homme politique, il s'est élevértrès-haut. M. Guizot est devenu la seconde personne de TÉtat, après avoir passé par les diverses charges de secrétaire du ministère de Tintérieur co 1814, et de la justice, en 1815; maître des requêtes au conseil d^État; conseiller d'État ; membre du comité du contentieux; directeur général de radn)inistration départementale; député du Calvados, en 1829. Après la révolution de 1830, ministre de Tintérieur, en 1830, ayant les beaux-arts et les belles-lettres dans son département; minisire de Tinslruction publique, du 11 octobi*e 1832 au mois d'avril 1837; membre de l'Institut, classe des sciences morales et politiques, section d'histoire générale et politique, en 1832; Tannée suivante, membre de l'Académie des inscriptions et belleslettres, en remplacement du baron Dacier, et, eu 1836, membre de l'Académie française, en remplacement de M. le comte de Tracy. On a fait la remarque que, depuis la création de l'Institut, deux académiciens seulement avaient occupé trois fauteuils! Le premier est le baron Cuvier, et le second, M. Guizot. La fortune de M. Guizot croissant toujours, il fut ambassadeur à Londres, en 1840; ministre des affaires étrangères du 29 octobre 1840 au 23 février 1848, et, de plus, le dernier président du Conseil des ministres da roi Louis-Philippe. Le ministère de M. Guizot a été en France le plus long après celui du duc de Choiseul. Comme homme d État, M. Guizot a été beaucoup attaqué, et cela devait être, puisqu'il existe plus d'un dogme religieux, plus d*une secte philosophique et plus d'un parti poViV\(\we. U a dû suivre constamment les inspî*

rations de sa conscience. I^ baron Massias a dit de M. Guizot (1) qu'il était « le restaurateur des études historiques, l'instituteur des

• générations françaises h venir. Il a été pilote sage, ne manquant « pas d'audace sur des mers irritées ou menaçantes 9. Un pu* blicistedu nombre de ses détracteurs (2) a pourtant rendu hommage à la vérité : c On ne peut refuser à M. Guizot, dit-il, d'avoir été « en son temps le (k)lbert de l'instruction publique; dans cette c sphère, il descend, comme l'illustre Rémois, aux détails les plus « petits; c'est vraiment un fondateur : mais là seulement s'est révélé c son mérite administratif. En toute autre matière, nous l'avons vu « plutôt dc^matiser qu'administrer.

« Aujourd'hui que Tétude, pour M. Guizot, a remplacé l'action, « nous retrouvons pour ses travaux les ardentes sympathies de « notre jeunesse. Qui ne se sentirait touché d'émotion ou de resc pect en présence de la sérénité avec laquelle cet homme d'État,

• après la chute de ses desseins et de ses espérances, applique sa « ferme intelligence aux recherches qui ont si noblement occupé la € première partie de sa vie?

c Sans doute, dans les pages qu'il a écrites, même pour THis- « toire, on retrouve aisément, sous la couche des vieux âges ou c sous des dénominations étrangères, la préoccupation des événe- « ments de notre siècle et des destinées de notre pays. Mous ne sa- « TOUS si, pour la postérité, ce sera un sujet de critique; pour nous, t c'est nn intérêt de plus ».

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