‹ Le QuérardChapitre 166 sur 166 · DE CECI ET DE CELA · texte numérisé non relu

DE CECI ET DE CELA

Congrégation de VIndex. L'infatigable congrégation de l'Index vient de lancer coup sur coup deux nouveaux décrets 5 nous y trouvons cinq ouvrages français :

Les pouvoirs constitutifs de TÉglise, par M. Bordas-Dumoulio, auteur du Cartésianisme et de Mélafiges religieux et phiJosophiques.

Philalèthe, ou la Religion delabonne foi, par F.-D. Hunier. L'auteur de ce petit volume» où abondent les saines pensées morales, exprimées en un langage qui respire la sincérité* est an ecclésiastique auquel son livre a déjà attiré des persécutions.

VBistoire des peuples de V Antiquité, par H. Lebas, membre de l'Institut,

Le Dictionnaire d'économie politique » publié sous la direction de MM. Coquelin et Guillaumin (jusqu'à ce qu'il soit corrigé).

Les Études sur thistoire de Vhumanitéy par F. Laurent, professeur à l'Université de Gand.

L'ouvrage anglais de Jean Stuart Mills sur les Principes de X économie politique, avec quelques-unes de leui*s applications à la philosophie sociale.

La congrégation condamne plusieurs publications :

\J Histoire des papes, par A. Bianchi, Giovini, Capologo, Turin, est condamnée au premier chef.

VBistoire S Italie, depuis 1815 jusqu'à 1850, par Joseph Lef«rina, est proscrite sans rémission; mais les éminentissimes cardinaux admettent à correction la Vie de Giordani, par Antoine Gussali, et le Traité théorico -pratique du magnétisme animal cansidiré sous le point de vue physiologique.

Rome impie, ou le Paganisme et le VoUairianisme professés par les papes et les évêques un siècle avant la réforme pivtestante^ et prêcha en chaire dans toute l'Italie dans les seizième et dix-septième sièdest par l'abbé Jacques Leone (Turin, 1856.)

Le journal en latin de Jean Burchardi sur les pontificats d'Innocent VUl et d'Alexandre III, les ouvrages mystiques de TAllemaDd Crescence Wolf sur ses communications avec les esprits, sont interdits également.

M. Oswald, auteur allemand de la Mariologie dogmatique, os Exposition systématique de toute la doctrine concernant la bienheureuse Viei*ge, a fait amende honorable, ainsi que le R. P. G)llui prêtre de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu, auteur de YExplicatian de$ mystères principaux de la foi catholique.

Le décret porte qu'il n'est permis à aucune personne, de quelques rang et condition qu'elle soit, de lire ou de garder les ouvrages condamnés et proscrits, en quelque lieu qu'ils aient été écrits ; il est également défendu de les publier de nouveau, et on sera tenu de les livrer aux ordinaires des localités ou aux inquisiteurs de la perverskm hérétique, sous les peines portées dans l'index des livres signalés. Hais, hélas! les foudres romaines sont impuissantes 1 Ces terribles menaces n'empêcheront pas en France, en Piémont, ou même en Allemagne, les éditeurs de vendre et de réimprimer les ouvrages si sévèrement prohibés.

On lit dans une correspondance parisienne de la Gazette éCAugS' iourg^ en date du 24 septembre :

(c Décidément, M. Jules Lecomte cesse le « Courrier de Paris », fondé par lui il y a une dizaine d'années, dans ïindévendance belge. Déjà, lorsqu'il forma, il y a quelques mois, la nouvelle société qui acheta le journal, il tenta de se dégager de ce feuilleton pour se vouer à des travaux plus sérieux. S'il le continua, ce fut parce que les acquéreurs en firent une condition expresse du contrat. Hais depuis, profitant d'un procès en diffamation intenté par lui à diverses petites feuilles de théâtre, il a réitéré ses instances, et, après deux mois de luttes signalées par Tabsence de tout Courrier dans Ylndépendance belge, la propriété du journal, ne pouvant vaincre le parti pris par H. Jules Lecomte, s'est décidée à lui donner un successeur.

« M. Jules Lecomte va, parall-il, se vouer entièrement à la publication d'un grand ouvrage périodique qu'il préparait depuis 1848, ouvrage déjà plusieurs fois annoncé sous le titre de Mémoires du temps. Si nous sommes bien informés, il paraîtra un volume tous les trimestres ù dater de 1857. Cette publication, dans le goût de celle de Grimm, sera le tableau animé de la société française, des arts, des lettres, du théâtre et de la vie ardente de nos temps, bien autrement féconds que ceux qui servirent de date au fameux baron, et cela, depuis la chute du régime parlementaire. On assure que la grande maison de librairie qui entreprend cette curieuse publication a conclu un double contrat comprenant et les années écoulées depuis la révolution de février, et une période à venir, cini va jusqu'à 1868, ce qui formera un ensemble de vingt ans. Chaque volume compacte est payé 5,000 fr., et les quatre de Tannée ne se vendent que 12 fr.; c'est dire que les éditeurs comptent sur un grand débit. Un pense que M. Jules Lecomte fera paraître concurremment et Tannée courante et Tannée arriérée des Mémoires du temps^ depuis la grande phase de 1848 ».

— Un opuscule à ajouter aux œuvres de Napoléon. « Le Siècle » a donné récemment, le 28 septembre 1356, d'après un journal de

Lyon, « le Salut public i>, des renseignements curieux sur un opuscule iK)]itique publié en 1800. Voici la version du c Siède • :

a Un ancien employé supérieur au ministère de l'intérieur, M.Locard de Noël, vient de mourir à Saint-Etienne. Dans une lettn adressée par un de ses amis, le docteur Soviche, au Salui fuMkf nous trouvons des éclaircissements curieux sur l'origine d'un pampblet qui parut au mois d'octobre 1800.

« Cet opuscule, ïnûiulé Parallèle entre César ^ CramweU^ Mmuàd Bonaparte f était de Lucien Bonaparte. Le premier consul en eutvap guenient le soupçon* et pensa d'abord à éloigner son frère, qoll nomma ambassadeur en Espagne.

« Peu de jours après le départ de Lucien, et alors qu'on était encore dans le doute de savoir quel était le véritable auteur du pamphlet. M. Locard avait été chargé de faire la recherche d'un livre dans h bibliothèque du cabinet que venait de quitter le frère du premier consul.

« Par mégarde, il renversa le fauteuil ministériel, et de dessous le coussin s'échappa un cahier écrit en entier de la main de Lucien • avec une foule de ratures : c'était le manuscrit du Parallèle entre César, Cromwell, Monck et Bonaparte.

« M. Locard s'en empara et le porta à l'académicien Arnaud, intime ami de Lucien Bonaparte. Celui-ci écrivit de suite à Lucien, qni venait de franchir les Pyrénées : « Soyez tranquille, votre manuscrit est en sûreté ».

€ Le secret fut si bien gardé que, dans son Histoire du Cotisulaiet de L'Empire, M.Thiers attribue encore le Parallèle à M. de Fontanesv.

Cette version n'est pas tout à fait exacte. D'abord l'opuscule ne parut qu'au mois de décembre et non en octobre. M. Thiers, en attribuant cet opuscule à Fontanes, n'a pas été mieux renseigné que Barbier qui^ sous le n^ 23,175 de son « Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes », l'attribue à Lacretelle jeune, fiour* rienne, qui a inséré l'opuscule en question dans ses « Mémoires «i tome VI, pp. 81 à 06, l'attribue à Napoléon I", aidé de son frère Lucien, el nous sommes portés à croire que Bourrienne a raison.

Banquier et bibliophile. On crie beaucoup depuis plusieurs années contre les hommes de finances, incapables, dit-on, de générosités, de nobles sentiments, parce que toutes leurs aspirations sont tournées vers le temple de Plutus : la poésie et le théàire se sont emparés de cette clameur, et rien n*a manqué pour ilétrir les linanciers. Ne pourrait-on donc pas citer beaucoup d'exceptions? Nous qui ne vivons que dans notre cabinet, où ne parvient que rarement le récit des actions honorables dont ces flétris se rendent in pelto coupables, nous allons déjh en citer une qui est venu nous chercher.

Dans une lettre au très-érudit M. G. B. sur notre Encyclopédie

A( MbUothicaire projetée (p. 486), nous nous plaignions de rindiftérence des bibliophiles français pour cette importante publication, qniy conçue eh Angleterre, eût été exécutée aux frais de souscriptoirs bénévoles, aimant les monuments qui rappellent la grandeur de leur nation. C'est cette opinion qui a inspiré la lettre suivante :

• PerroettezHnnol maintenant de vous parler «Je votre « Encyclopédie du

Wi0ihéarire ». Dans le dernier numéro de voire jourmi^ après avoir énuniéré les direts modes de publications qui vous sont refusés ou que vous repoussez, vous tènoignez le légitime recret qu'une cotisation de blbliophiies ne soit pas encore ftaue assurer les frais d impressions. Quoique je sache combien une semblable laesore rencontrera d'obstacles rn France, où l'on suit peu à cet égard le noble exemple de TAngleterre (1), je n'hésite pas à en prendre l'initiaUve. Si vos amis de France ne sont ni assez nombreux ni assez riches pour pouvoir à eux seuls eoiivrir les frais de cette entreprise, ^'ai l'espoir que cependant ils pourront en ftire une notable part, et nue les cotisations de 1 étranger ne feront pas défaut Mor le surplus à une publication qui , quoique nationale, intéresse cependant raniversitè des lettrés. ^

c Si voas accueillez ma proposition, veuillez inscrire ma coUsation, indépendante de ma souscription antérieure ii l'ouvrage. Je regrette de ne pouvoir l'élever davantage, mais je suis obligé de la fixer h cinq cents francs seulement. Je vous laisse* Monsieur, le soin de flxer ultérieurement avec vos autres amis le mode d'emploi, ainsi que de remboursement s'il y a eu lieu. «Veuillez agréer. Monsieur, l'assurance de ma considération la plus disUngnée. c 7 septembre 19^6 ».

Eh bien! cette initiative, qui fait le plus grand honneur à la personne qui Ta prise, n'appartient point à Tun de nos richissimes bibliophiles, mais à nn banquier!!! l'honorable M. Eugène Deullin, d'Épemay, et elle est restée unique parmi nos 1 62 lecteurs !

— Un nouveau portrait de Gutenberg. — Nous lisons dans un journal de province, <( le Mémorial de la Loire et de la Haute- Loire», du 1 9 septembre dernier, une lettre sur une des mille et une supercheries qui se commettent à notre époque. Celte lettre étant signée d'un écrivain qui passe sa vie à des recherches sur l'imprimerie et les imprimeurs célèbres nous inspire de la confiance, et nous la reproduisons ici :

c Montbrison, le 17 septembre 1856.

c Monsieur le rédacteur,

« J*ai le regret de vous apprendre que vous avez été induit en erreur par un prospectus mensonger en annonçant à vos lecteurs (numéro du 17 septembre) la publication récente d'un nouveau portrait de Gutenberg. La lithographie publiée par M. Choisnet, d'après le tableau donné à la Bibliothèque impériale par M. Gama, ne représente pas du tout le Père de Vimprimerie. Il n'y a qu'un marchand de Utic-à-brac qui a pu attribuer cette figure paterne à rhomme qui a lutté pendant trente ans contre les obstacles qu i

(1) La ville de I^ondres possède Jusqu'k trois biblioUièques publiques Tondcc et alimentées par les cotisatlous des bibliophiles. (Voy. pp. 555-S6«)

s'opposaient à la réalisation de ses plans. {Voir 00 que j'ai diidt Gutenborg dans mon livre sur rimprimerie.)

« Je n'avais pas cru devoir jusqu'ici réfuter la rédame qu'on a fait insérer successivement dans tous les journaux de b capitale (je l'ai vue répétée deux fois dans la Presge)^ pensant qoe peraooaa n'y serait pris; mais il parait que le plan était bien dressé. Après avoir fait résonner le tambour parisien, M. Choisnet adresse à b presse provinciale un prospectus où on lit : « Prière d'insérer dans votre journal le petit article ci-dessus, dont la rédaction est de BI. Naudet, conservateur de la Bibliothèque impériale » .

(Suit la réclame que vous avez reproduite (1.

u Je doute fort que M. Naudet (adminûfraf^ur et non eamervê' leur de la Bibliothèque) soit l'auteur de cotte réclame; mais, dans le cas où cela serait, en effet, il faut croire que sa bonne foi a été surprise. Quel que soit, du reste, l'auteur de la note en quesUon, l'administration de la Bibliothèque a eu tort d'accueillir aussi (adl^ ment le conte que lui a fait H. Gama ; il y avait pour elle un moyen bien simple de s'assurer de Tauthenticité de l'attribution de œ portrait aux yeux vert de mer. En considérant bien l'original, on ape^ çoit sur la gauche les traces d*uu écu. Ou les armes peintes sur cet écu sont celles bien connues de Gutenberg, ou elles sont différentes» comme je le crois. U suffisait de faire disparaître la peinture maladroitement mise sur cet écu pour lever tous les doutes; je m'étonne qu'on ne Tait pas fait tout d'abord.

« A mon tour, M. le rédacteur, comme M. Choisnet, mais dans un but plus désintéressé, je vous prierai de vouloir bien donner la publicité à ma réclamation, que mon éloignement momentané de Paris ne me permet pas de faire insérer dans l'un des journaux de la capitale.

• Veuillez agréer, etc., Aug. Bbrnard. »

Cette lettre ayant éveillé des doutes sur l'authenticité du portrait en question, l'administration de la Bibliothèque impériale Ta fait retirer de la galerie du Parnasse, où elle l'avait placé.

— Sur Lulli et sur la femme de Molière. — Monsieur, j'ai rencontré dernièrement, dans un amas de papiers insignifiants, un factum iu-4 qui m'a paru curieux, et qui n'est sans doute pas commun ; il a pour titre : Requeste du sieur Guichard contre les sieurs J.^B.

(1) Voici ceUc réclame :

c M. Gama, anciea chirurgien en clief d'armée et du Val-de-GAce, a fail doa ïk la Bibliothèque impériale d'un portrait de Jean Gutenberg, le père de l'iuiprtmerie, admirablement peint de son vivant, entre rage de soixante à soixantecinq ans. Ses yeux vert de mer pétillent d'intelligence. 11 est coiffé d'uuf» toque noire à oreillons rabattus, et vêtu d'une houppelande noire aussi.

c C'est un trésor pour la Bibliothèque impériale, aussi Ta-t-elie placé dansU galerie du Parnasse, près l'entrée du cabinet des médailles ».

Lully^ Sébastieiï Aubry et consoriSj touchant les prétendue empoissonnements supposés contre ledit Guichard.

Je n*ai point à m'occuper du fond de rafFaire, qui paraît fort sérieuse; il serait difficile de reconnaître aujourd'hui qui avait tort ou raison ; je me borne à transcrire deux passages : 1 un est relatif à Lulliy qui est fort maltraité, comme vous allez en juger, Tautre tou* che assez rudement sur la femme du plus grand des auteurs comiques :

a Cet homme n'est pétri que d'ordure et de boue; c^est un libertin de profession dont la vue s'est affaiblie par Texcës de ses débauches... Le hasard le jeta dans le commun de Mademoiselle parmi les galopins; il sut adroitement se tirer de la marmite avec son archet... Le suppliant ne prétend point entrer ici dans le détail des débauches infâmes et du libertinage de Baptiste; il ne veut pas souiller les oreilles des juges par le récit d'une longue suite de débauches et d'infamies semblables à celles qui ont autrefois attiré le feu du ciel sur des villes entières. Les gazettes étrangères^ au sujet d'un méchant feu d'artifice qu'il s'avisa de faire vis-à-vis sa maison en l'année 167 4,. publièrent partout que, s'il n'avait pas réussi dans ce feu-là, on réussirait mieux en celui qu'il avait mérité en Grève.

« Quand le suppliant a dit que la Aubry, digne sceur d'un frère homme de sac et de corde, chargé de décrets; la Yerdier, sa vilaine amie; la Brigogne, cette prostituée, chanteuse de l'Opéra; la Molière, cette comédienne de tous les théâtres estoient des créatures publiques de toutes les manières, n'aura-t-il pas persuadé de cette vérité? »

11 me semble que les biographes de Molière et de sa femme (MM. Taschereau, de Fortia, etc.) n'ont pas connu le factum de Guichard, qui méritait d*ètre cité et qui parait, dans la crudité de son langage, conforme à la vérité. De trop nombreux témoignages attestent les vices reprochés à LuUi, On n'a qu'à consulter quelques pièces de vers restées inédites (et pour cause) dans les chan-' sonniers et sottisiers de l'époque, et qu'à recourir à l'écrit de Senecé ! Lettre de Clément Marot touchant ce qui s est passé à l'anv vée de Jean-Baptiste LuUi aux Champs-Elysées. Cologne, 1688.

Agréez, etc. ***.

— Molière copiste. Monsieur, les curiosités littéraires sont de votre domaine : en voici unequi ne vous paraîtra peut-être pas dépourvue d'iuléréL

Tout le monde connaît le vers de Molière qui termine la fameuse scène de l'École des Femmes^ entre la jeune Agnès et Amolphe, qui apprend d'elle que le galant s'est introduit dans la maison :

«... G*est assez ; « Je suis maître, je parle» aUez, obéissez ! »

Mais, ce qui n'a été remarqué par.aucuD commentateurt et ce qui m'a frappé à la lecture, c'est que ce vers, et même la ûnale du précédent, se retrouvent mot pour mot dans la 6* scène du 5* acte de Sertorius^ de P. Corneille. — Il est très-probable que Molière, qui jouait le rôle d'Âmolphe, a reproduit cette apostrophe véhémente pour imiter ou même parodier le comédien du théâtre du Marais, qui y faisait effet. La similitude complète des deux vers, qui ne sont pas ce qu'on appelle vei's de remplissage, et la coïncidence des dates {Sertorius et VÉcole des Femmes parurent en 1662), ne me paraissent pas pouvoir s'expliquer par le pur hasard.

Agréez l'expression de tous mes sentiments distingués.

Frédéric Hillemacubr.

Paris, 5 novembre 1856.

— Encore un homme de lettres pendu, — On lit dans « le Siècle • du 29 septembre : « Le commissaire de police de la commune de Montrouge a été appelé hier à constater le suicide par strangulation du sieur B..., bomme de lettres, âgé de 56 ans, auteur de plusieurs ouvrages littéraires qu'il avait publiés sous un pseudonyme il y a quelques années ».

Cette note n'est pas exacte. I^ lettre B n'est point l'initiale du malheureux qui a mis fin à ses jours. MicheUDésiré Marie était un très-érudit philologue. Il avait été répétiteur de première classe à l'École normale, ensuite agrégé des classes supérieures an collège de Saint-Louis. L'instruction publique ne lui ayant pas offert l'avenir brillant que ses études lui avaient fait rêver, le découragement s'empam de lui, et il se jeta à corps perdu dans l'intempérance. M.-I). Marie travaillait alternativement, pour la librairie, en lui faisant des éditions, qui sont estimées pour la correction des textes et pour la critique de fragments d'auteurs classiques grecs et latins, et chez l'abbé Migne, comme correcteur. L'abbé faisait un très-grand cas de l'érudition de Marie. Ce fut à la suite d'une de ces grandes surexcitations qui étaient fréquentes chez lui, que cet homme instruit mit fin à ses jours.

— M. H. Gariel, le savant bibliothécaire de Grenoble, vient d'ajouter un opuscule à la collection des documents sur l'histoire du Dauphiné, qu'il publie sous le titre de Delphinalia. C'est le cinquième de la collection. 11 est particulier au Procès criminel fait contre Jean de Poitiers de Saint-Vallier, 4525-15^. Documents inédits. Ce dernier opuscule, qui n'a été tiré qu'à 100 exemplaires, est paginé 141 à 166. Au verso du titre collectif, nous lisons que M. H. Gariel se propose de faire paraître prochainement une Encyclopédie bibliographique du Dauphiné. Cet ouvrage, fruit de vingt années de recherches, sera divisé en trois parties : la première contiendra tous les ouvrages, cartes, plans, etc., imprimés ou manuscrits, se référant à l'histoire de celle province; la seconde, lous les ouvrages d'auteurs

dauphinois ; la troisième, tous les ouvrages sortis des presses dauphinoises.

— La longueur des villégiatures de cette année a été indubitablement fatale à la pousse d'un certain nombre de feuilles qui avaient besoin des rosées de l'abonné pour se développer* L'automne va voir commencer la chute d'un bon nombre qui n'ont pu parvenir à un parfait développement. Parmi ces feuilles on comptera le Quérard qui, après deux années d'existence, et malgré les éloges qui lui ont été prodigués par des critiques aptes à le juger, tant en France, en Allemagne quen Belgique, n'a pu parvenir à faire la moitié de ses frais aimpi'essions seulement, cesse de paraître, avec le présent numéro. Son succès n'était qu'une affaire de temps, disaient les amis du rédacteur. 11 est malheureusement des positions dans lesquelles la persévérance n'est pas possible. Le temps a une valeur aussi importante que l'argent^ et notre journal absorbait entièrement l'un et l'autre.

En cessant le Quérard^ nons nous proposons de donner tous nos instants au prompt achèvement de deux ouvrages suspendus depuis deux ans» par des circonstances indépendantes dé notre volonté : Les Supercheries littéraires dévoilées (tome V), et le tome XI de la France littéraire.

Le rédacteur en chef y gérant»

Ouvrages de J.-M. Quérard en prépartion. Pour paraître à la fin de février prochain.

I. Les Supercheries littéraires dévoilées^ etc. Tome V, troisième et dernière partie, ln-8.

II. La France littéraire. Tome XL Les Écrivains pseudonymes et autres mystificateurs de la littérature française pendant les quatre derniers siècles, restitués à leurs véritables noms. Deuxième partie. In-8 à deux colonnes, en caractères compactes.

Cet ouvrage renferme beaucoup plus d'iuforoia lions que son titre ne Findique. Il est bien rare qu'un autour n'ait pas écrit, au moins une fois, sous un pseudonyme ou sous le voile de l'anonyme, et cette circonstance nous a fourni l'occasion de donner un grand nombre de bio-bibliographies, complètes, des écrivains français sur lout le globe. Sommes-nous bien obligés de dire qu'aucun de nos articles n'est dérobé à uu livre déjà existant ; que nos informations sont, au contraire, neuves, qu'elles sont le fruit de nos persévérantes recherches, et de celles de nos érudits et bénévoles collaborateurs?

La première partie qui a paru en quatre livraisons, comprenant les syllal)es A-Pu, forme 568 pages d'impressions, dont le prix est de 20 fr.

Sitôt l'impression terminée de ces deux ouvrages, nous mettrons immédiatement sous presse.

IH. Les Supercheries Uttèraires iàwiUes. Galerie des auteurs apocryphes, sapposiés, plagiaires, et des éditeurs infidèles de la nttérature française pendant les quatre derniers siècles. Ensemble les industriels litléMires et les lettrés qui se sont anoblis k notre époque. 2« éditioiii'entiéreiiieiit refbndjo» el oonsidértUement aog* mehlée. 4:Tdl. 4n^ de ftOQ pagato^dbaonriy en earaotères eompaolei etàdèffiLMlomies^

' Celte éditiOB wk aupiientée dé la matière de près de deax Yoliunes.

Ues oufrages dte btbiiograpliïe ne ti'iiispriniaiii eo général qu'à pstit nombre, aois répéterons id notre prière aux btbUopbtles de nous adreeeer dëe à préical

lears eooscriptkmi, afin «lu il puisse être arrâié un cIiifTr^ ponr le tirage.

Cette éditioa-sere puliUé«? par d^mi-volumes {de 4nù paj^e&j qol psraltroot oe trois moie en troie mois. Prix de chaque demMolunie, H Tr*

En même temps nous reprendrons la publicaUon d'un livre qos les événemeiU de iS48 nous enleni forcé de su£p«Qdfe.

IV. DieHonmire des oiwrages polii&niimes et ananpnes de la littérature française. In-S, imprimé sur petit texte et noœpareille à deux colonnes.

La saspensiop de eet ournsesara toamé k son STsntsge, car d'aprtv de Jndideox coriseiis; nous en atoôs mâlié'le pian prhhfdf. Destiné d'abord k lUre oae partie iDttefMie de la «FraaeelitlèraAre», H as détail embrasser, comme elle, que la période de 1700 à iSia. La reprise embrassera les quatre derniers siècles, ainsi que pour les Supereherieê, Un supplément de quelques feuilles à la fin do premier volume établira ranifiormité dans la rédaction.

Outre les considérables additions faites au li?re de Barbier et commandées par le temps, notre Dictionnaire des ouvrages poluonymes et anonymes renferme de plus que le « Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes >, l'indication des «randes collections, des recueils académiques, des revues et Journaux, et même oes ouvrages anonymes dont les noms d'auteurs n*ont point encore été décoo- Yerts, ouvrages sur lesquels on a joomellement besoin ae renseignements.

Trois livraisons, renfomant les moto ^-^/nMnaoAf, ont paru : elles forment ensemble 15 feuilles, soit S40 pages.

Prix de cbaque livraison ;

Sur papier ordinaire; . . . . 2 fr. 21 c.

Sur grand papier collé (tiré k petit nombre). . • . 4 M) c.

PIN DB LA DECXIÈME ET DERlflÈRB ANNÉE.

luiprimcrie Uaulde et Hcnou, rue de Rivoli, i4i. m 13.

III. Les Supercheries littéraires dévoilées. Galerie des auteurs apocrypiies, supposés, plagiaires, et des éditeurs infidèles de la littérature française pendant les quatre derniers siècles. Ensemble les industriels littéraires et les lettrés qui se sont anoblis a notre époque. 2* édition, entièrement refondue et considérablement augmentée. 4 vol. in«8 de 800 pages chacun, en<»ractère8 compactes et à deux colonnes*

Celte édilion sera augmentée de la matière de près de denx Tolames.

Les ouvrages de bibliographie ne s'imçrimant en général qu'à petit nombre, nous répéterons ici notre prière aux bibliophiles de nous adresser dès k présent leurs souscriptions, afin qn*il puisse être arrêté un chiffre pour le tirage.

Cette édition sera publiée par demi-volumes (de 400 pages) qui paraîtront de trois mois en trois mois. Prix de chaque demi-?olume, 8 fr.

En même temps nous reprendrons la publication d*un livre que les événements de 1848 nous avaient forcé de suspendre.

lY. Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes de la littérature française. In-S, imprimé sur petit texte et nompareille à deux colonnes.

La suspension de cet ouvrage aura tourné k son avantage, car d*après de judicieux conseils, nous en avons modifié le plan primitif. Destiné d'abord k fkire nae partie intégrante de la « France littéraire», il ne devait embrasser, comme elle, que la période de 1700 à 1843. La reprise embrassera les quatre derniers siècles, ainsi que pour les Supercheries. Un supplément de quelques feuilles k la fin du premier volume établira roniformité dans la rédaction.

Outre les considérables additions faites au livre de Barbier et commandées par le temps, notre Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes renferme de plus que le « Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes >, rindicaiion des tfrandes collections, des recueils académiques, des revues et journaux, et méoie des ouvrages anonymes dont les noms d'auteurs n'ont point encore été découverts, ouvrages sur lesquels on a journellement besoin de renseignements.

Trois livraisons, renfermant les mots A-Almanachs, ont paru : elles forment ensemble 15 feuilles, soit 240 pages.

Prix de chaque livraison ;

Sur papier ordinaire 2 fr. 2* c.

Sur grand papier collé (tiré h petit nombre). ... 4 50 c.

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