LETTRE DE JOSEPH DU GROS
Turin, 18 décembre 1669.
« Je croyois, Monsieur, que j'aurois l'honneur de vous voir vers la lin de ce mois, mais une affaire do conséquence m'estant survenue, je me vois privé de cette consolation pour quelque temps. Cependant, je vous supplie d'agréer que je vous rende mes devoirs, et que je vous assure. Monsieur, que je me sens de jour en jour plus passionné pour vostre service. La seule considération qui m'empesche de donnei au public la suite du siège de Candie, est celle que j'ay pour M. le marquis de Saint-André Montbnm. Je crains qu'on ne lui rende pas toute la justice qui lui est due, dans les Mémoires que j'ay eniœ les mains; ainsi, pour ne rien escrire qui ne soit très-glorieux pour lui, j'atlens avec impatience son retour, affin de travailler plus seureraeni sur le journal qu'il aura fait lui mosme. Bien que je ne le souhaite que pour son intérest, je n'osi^rois lui demande^' moy niesme, n'ayan' point l'honneur d'eslre connu de luy ; mais vous pouvez, Monsieur me faire la grâce de lui en escrire et de m'en voyer vostre lettre qvm je lui présenterai sous vostre recommandation. Accordez-la, s'il vouî plaist, à la passion extrême que j'ay do mériter, par cet ouvrage rhonneur de vostre amitié; j(^ la désire, Monsieur, très-ardemment et je serai tout glorieux de la posséder. Nous n'avons point, icy, de: nouvelles dignes de voslre curiosité; je vous fairai toujours part d( celles qui viendront présentement de Rome. L'élection d'un nouveai pape m'en fournira suffisamment pour pouvoir vous entretenir quelquefois. Il y a dans nostre couvent de Grenoble un moine qui nu
(1) Les Dominicains professaient, au reste, des doctrines renversant d fond en comble les plus simples notions du bien et du mal. V^oyez, entr autres livres de leurs docteurs: Christianœ religionis arcana, auctore Thonu Elysio, theologo dominicano. Venetiis, D. Guerrei, 1560, in-4<>. Vous trou verez, dans ce volume: L'apologie du régicide {p. 72), du mensonge (p. K91 du meurtre juridique (p. 70); page 10, la justification du vol ; page 16, Vegoïsme érigé en principe. Page 26'^, l'autour vous dit dogmatiquement « Papa habet auctoritatem super omnos christianos privendi suts bonis et oitt et se ponendi imperatorem et regom o6 causam rationabilem, ut propte hœresim ». Quant h ceux que n'ont point blas('s lt»s sujets scabreux traité pourtant d'une manière si complète par nos casuistes contemporains, noa eur recommandons lea nages 74 et suiv. et YIÎ et suiv., consacrées ai sixième commandement de Dieu et au septiome pèche capital. La matière ; est traitée in extenso et avec la plus profonde connaissance des choses. (Voir pour plus de détails sur ce» étranges arcanes de la religion chrétienne, h Bulletin du Bibliophile (1q}\. Terheiier, n" d'avril-niai IS^M'. H. (i.-L
persécute craetlein^t par des calomnies atroces ; ce n'est pas une merveille qu'il y ait des médisants où l'on a trouvé des meurtriers des roys, et des ministres de la fureur dos tyrans. Je vous supplie, Monsieur, de ne vous pas laisser prévenir à mon préjudice, et je vous crois trop honeste pour m'imaginer que la malice de mes ennemis poisse prévaloir sur vostre bonté ; je vous en demande la continuation et la grâce de croire que je suis plus que personne vostre trèshumble et très-obéissant serviteur ».
w J. Du Cros. »
Lettre sur la fabiillk d'Honoré Balzac.
A M, Old Nicîi, rédacteur du National.
Monsieur ,
L ouvrage dont vous rendez compte dans le « National « d'\\'m\ 23, (a Littératm'e française contemporaine » , par J. M. O^i^^rard.) conticnî siir M. de Balzac un passage qui poun'ait être, je crois, plus complet. Vous en jugerez par ce qui va suivre. — Voici le passage dont je veux parler :
« Balzac (Honoré) naquit à Tours, le 20 mai 1799. Sa famille ne » compte pas d'illustrations ; car, dans la volumineuse biographie de fl la Touraine, qui forme le tome IV de l'Histoire de cette province, ï> par M. Chalmel, on ne trouve aucun personnage du nom de Balzac. » D'où vient alors la particule r/<?dont notre liltérattîur a, depuis 1830, ') fait précéder son nom ? »
M. Otiérard ne paraît pas soupçonner que la famille h qui doit le jour o le plus fécond de nos romanciers d , n'est pas originaire de Touraine et n'a fait, dans le chef-lieu do cotte province, qu'une apparition d'assez courte durée. Cependant, la terminaison toute méridionale du nom de cette famille aurait pu le mettre sur la voie , et cette circonstance lui aurait appris pourquoi ce nom ne figure pas dans la biographie de M. Chalmel. C(^ttc omission étant ainsi expliquée, M. Quérard perd le droit d'en conclurez (fuo la famille de M. Honoré de Balzac était sans illublrations et que la particule qui brille actuellement à ce nom a été inégitimenicnt usurpée. Néanmoins , il faut l'avouer, Finstinct de M. Quérard ne l'a pas trompé, et il paraît bien certain que l'auteur du « [*èro (loriot » ne compte guère parmi ses ancêtres que des plébéiens sans illustration comme sans particule.
M. Balzac père vint se fixer à Tours, je ne sais dans quelles cir constances ni précist*ment h quelle époque ; car. Monsieur , je suis jeune, et ce que je vous apprends ici, je ne le sais que par les communiralions assez décousues que j'ai pu arracher par lambeaux à la mémoire d'une personne conlemporainc d^ M. Balzac p^œ. Il eslévif!'»:^* cependant qu'il était h Tnvv< nvan! ^iV). nnisfjJH^ son fils os( né
eu cette ville (1) , et je suis autorisé à supposer que sa migration coïncida avec le bouleversement général des existences et des positions sociales qu'amenèrent les révolutions successives de 89 et des années suivantes. M. Balzac, lors de son arrivée à Tours, y était à peu près inaperçu , et il n'est point surprenant que la date précise n'en soit pas généralement connue. Ce qui est plus assuré, c'est qu'il était fournisseur, et que presque soudainement le train de sa maison et le luxe de ses fêtes le firent remarquer de la ville et commencèrent à lui donner une certaine importance. Cette élévation rapide fut expli* quée par une étrange anecdote; on prétendit qu'ayant eu à toucher du trésor public une somme considérable en paiement d'une fourniture qu'il s'était fait adjuger, M. Balzac avait reçu ce paiement en une liasse d'assignats que le caissier du trésor public avait cru être au capital de 100 francs et qui réellement étaient d'une valeur décuple (1,000 fr.). Je ne sais si, à cette époque de dilapidations effrontées, U était besoin d'une aventure aussi romanesque pour expliquer l'enrichissement d'un fournisseur; néanmoins elle ne paraîtra peut-être pas tout à fait dénuée de vraisemblance , si l'on songe combien l'administration du Directoire était généralement pleine de désordre et de confusion^ et que d'ailleurs, en fait de conjectures > la malignité publique pouvait, ce semble , en trouver de plus naturelles et de tout aussi satisfaisantes.
Quoiqu'il en soit, nous trouvons ensuite M. Balzac délaissant la carrière où il avait si heureusement réussi et occupant ses loisirs tant à donner des fêtes brillantes qu'à s'acheminer aux honneurs par les fonctions municipales. Il fut nommé, sous l'Empire, adjoint au maire de Tours, et a tenu cet emploi pendant plusieurs années. M. Balzac recevait alors ce qu'on est convenu en province d'appeler la haute société de la ville ; sa femme, qui passait pour ne pas manquer ni de grâce, ni d'esprit, ni même de coquetterie, faisait avec beaucoup de succès les honneurs de la maison où l'abdomen rondelet de M. Balzac, sa taille courte et renversée^ son accent méridional très prononcé jouissaient d'une estime bien inférieure (2). Il était naturel, en effet, qu'il y eût chez lui plus de Samuel Bernard que de Lauzun (3).
(1) HoD. Balzac était né à Tours, dans une maison de la rue Nationale, alors me de rArmée-d'Italie. Cette maison , qui appartenait au père du célèbre romancier, est maintenant la propriété de M. le général d'Outremont, qui l'a achetée de M. de Balzac père, fille porte aujourd'hui le n"" 45. On voit dans la cour un accacia qui a été planté le jour même de la naissance de •on fils, par M^e de Bakac, et qui depuis a été constamment respecté.
(Joum. d'Indre-etr-Loire, du 23 août 1850.)
(3) Vous, Monsieur, aui connaissez le fils, pourrez juger quelles analogies il serait potnble d'établir entre son portrait et celui du personnage que la maxime m poter eit nous autorise à reconnaître comme son père.
(3) M. Balzac père , qui, enl807 et 1806, était administrateur de l'hospice général de Tours et l'an des adjoints au maire de cette ville , n'était pas un
M. et H"*« Balzac ne tardèrent pas d'ailleurs à quitter Tours; je n'ai pu encore m'assurerni de l'époque précise de ce départ, ni des cuses qui parurent le déterminer : il s'effectua apparemment aux environs de 1814, soit en deçà, soit au-delà. A cette époque^ on ne ooimaissait pas encore M. Honoré Balzac fils (1); M""" Balzac, sa sœur, était plus connue (2).
Qu'est devenue depuis lors cette famille et son opulence? je l'ignore iDtikiement; j'ignore même si, pendant son séjour à Tours, elle n'en irait pas abusé et si elle avait conservé intact le capital amassé par l'habileté ou le bonheur de son chef.
\ sans instruction ; il a même fait imprimer quelques opuscules d'utifiié publique dont la •France liûéraire » n*a point fait mention.
Ces opuscules sont :
I. Mémoire 9wr deux grandes obligaUane à remplir par les Français. Tours, impr. de Ifame, 1809, in-8 de 58 pag.
L'auteur expose les raisons qui doivent déterminer les Français à faire construire un monument national à l'empereur Napoléon , puis il trace le portrait de la situation du monde en général et de la France en particulier, de 1799 à 1809. J.-M. Q.
n. Mémoire siwr le scandaleux désordrecausé par les jeunes filles trompées et abandonnées dans un absolu dénuement , et sur les moyens d'utiliser une portion de population perdue pour l'Etat, et très funeste à Tordre social. Tours, impr. de Marne, avril 1808, in-8 (pp. 59-75). La pagination continue pour ce mémoire et pour le suivant.
III. Mémoire sur les moyens de prévenir les vols et les assassinats , et de ramener les hommes qui les commettent aux travaux de la société, et sur les movens de simplifier Tordre judiciaire. Tours , impr. de Mame , avril 1807, m-8 (pp. 77-75).
IV. Histoire de la rage et moyen d'en préserver , comme autrefois , les hommes, et de les délivrer de plusieurs autres malheurs attaquant leur existence. Tours, impr. de Mamo, 1809, in-8 de 65 pag.
On lit au bas du frontispice : < Cette édition est pour le Gouvernement seul ; elle ne sera adrœsée a aucun auteur de journal ou de feuille périodique ».
(1) Il faisait ses études à Vendôme ; longtemps il a été de bon ton parmi les patriciens tourangeaux d'envoyer leurs Gis a ce collège.
(2) La sœur d'Honoré Balzac a épousé M. Surville, ingénieur en chef des ponts-et-chau^sées. L'esprit semble le patrimoine de la tamille de notre célèbre romancier , car M™« Surville a aussi écrit. Elle est auteur, en société de M»* Junot d'Abrantès et de quelques autres dames amies de Balzac, du texte de l'ouvrage intitulé : Les femmes de H, de Balzac. Types, caractères et fortraits, précédées d'une Notice biographique, par le bibliophile Jacob, et illustrées de 14 magnifiques portraits gravés sur acier d'après les dessins de G. Staal (Paris, veuve Louis Janet, fin de 1851, gr. in-8 de 15 feuil. 1/2). Le bibliophile n'a écrit que la Notice et remanié l'IntroductioD de ce volume. O^ois , M«e Surville a publié , avec son nom : Le Compagnon du foyer (Paris, Giraud, 185i , in-18 anglais de 7 feuilles 1/2); la Fée des nuages, ou la Reine Maby contes des familles ( Paris, Giraud , 1851, iQ-18 anglais de 7 feuil. 4/9). Nous avons fait la remarque que le mari de Mlle Balzac signe ses scientifiques ovragei du nom de Surville , tandis que sa femme fait précéder ce nom de la particule qualificative , vraisemblablement en mémoire de ses nobles ancêtres. J.-M. Q.
Je termine par une seconde anecdote. On afliitne qu'à Tapogée de la gloire provinciale de M. Balzac, un frère ou quelque autre proche parent vint du pays natal saluer la grandeur de Tex-foumisseur, dont le bruit avait volé jusqu'à ces contrées lointaines. Malheureusemeot ce frère, ou ce parent, avait continué, lui, à se traîner daiis Tobsoiirité plébéienne, et sa visite ne causa à nos parvenus qu'une impression assez désagréable. On envoya à la cuisine cet importun paysan de la Garonne ; le bruit en courut par la ville et y causa quelque scandais. Depuis, les années ont passé là-dessus, et n'était le renom conquis par M. Balzac fils, on ne se souviendrait peut-être plus à Tours que, pendant quinze ou vingt ans, la ville a possédé un habitant ou même, si vous voulez , un personnage de ce nom , pour parler comme M. Quérard.
Ce personnage a toujours eu la modestie de signer Balzac ; mais il est vrai de dire que la position élevée qu'il occupait avait fait prendre à beaucoup de Tourangeaux l'habitude d'accoler h son nom lii particule aristocratique : pourquoi pas , pinsqu'à moi-même , dont la situation ne devrait guère inspirer cette fantaisie, on me fait parfois le môme honneur ?
Mais, en fait de fantaisie, la plus curieuse, Monsieur, n'est-ce paii celle de vous ennuyer de mes conmiérages ? Pardonnez-moi cette dérogation à la modestie de mes habitudes. Vous pouvez regarder ce qa; précède comme sincère et très désintéressé ; j'ajoute que , dans un temps 011 l'on se plaît tant à disséquer les célébrités sérieuses ou éphémères, et celles-ci peut-être plus que celles-là, ces renseignements, que je crois inédits, doivent, si je ne m'aveugle , n'être pas tout à fait sans prix pour un écrivain qui essaye héroïquement d'arriver à la biographie par la bibliographie et qui paraît devoir y réussir.
Agréez, etc.
Signf^ : M. V. K. (de Tours).
24 juin 1842.
i:n dernier mot SUR LA TOLÈMIQUE ENTRE MM. CHALON ET HOYOIS, DE MONS.
Le dernier numén) du Quérard avait à peine paru que nous i'e(!0vions de Bruxelles le numéro 12 de 1855 du « Journal de rjuiprimcnQ et (le la librairie en Belgique » publié par Charles Hen, dans lequel se trnuvo (p. 112), une réclamation de M. Hoyois, iniprimeur, contre M. IL (Ihalon, à peu près semblable à celle que nous avons imprimée nous-mêmes (pa^^o 537 de 1855). L'insertion dans le journal de M. Ch. lien a un plus j^Tanci mérile que la notre, parce qu'elle est «iuivie, (!(^ n*flexio!^s de la part du rédacteur, qui ont bien leur valeur, attendu ([ue. piarc sur les*lirn\. M. Ch. lien a d(i pertinemm^^nl
connaître la vérité dans la question soulevée, entre MM. Hoyois et R. Chalon, à roccasion de l'annonce d'une prochaine réimpression (Tune facétie du dernier.
Nous ne voulions point admettre tous les factums qui pourront être imprimés dans cette contestation ; mais comme nous avons dit à nos lecteurs quelque chose de cette regrettable polémique, nous ne pouvons nous di^enser, de donner ici, afln qu'ils soient bien éclairés, les réflexions de M. Ch. Hcn, sur la prétention de M. Hoyois, et une lettre de M. R. Chalon, conûrmant ces réflexions:
« M. Hoyois a beau dire : il est évident qu'il avait d'abord conçu lldée de réimprimer le Catalogue du comte de Fortsas, Les paroles passent, mais les écrits et les imprimés restent. Or, M. Hoyois a fait connaître nettement son intention dans un Avis aux bibliophiles, distribué en Belgique, et qui se trouve reproduit dans le Messager des Scitnces historiques, 3"' livr. de 1855, p. 379 et 380. On lit entre autres choses : « Nous croyons être agréables à nos lecteurs en leur annonçant enûn la réimpression de ce rarissime catalogue, dans le même format gr. in-8, mais sur papier extra-fin de couleur, etc., etc. » Cette phrase est assez claire, et il n'y a pas moyen de l'interpréter autrement que ne l'a fait M. Renier Chalon.
B Depuis la publication de son malencontreux prospectus, M. Hoyois a reconnu qu'il s'était arrogé un droit qui n'était pas le sien, et il a modifié en conséquence son projet primitif. 11 a bien fait. A sa place, seulement, nous eussions avoué franchement notre erreur. Cela eût mieux valu que de nier un fait patent et d'accuser gratuitement d'irréflexion un homme estime à la fois pour son caractère et pour son savoir.
» Cela dit, nous n'avons pas à juger le projet conçu par M. Hoyois de rassembler dans une brochure les faits les plus intéressants sur ce qu'il appelle le voyage historique tle Binchc. Toutefois, nous devons l'avouer, nous ne voyons jamais sans une certaine appréhension l'annonce de publications de ce genre, où les autours ne se piquent point en général de respecter les secrets d'une correspondance qui Q'était pas destinée à voir le jour. Publier, en entier ou par fragments, des lettres confidentielles, sans l'assc^ntiment des personnes qui les ODt écrites, — c'est toujours un procédé de fort mauvais goût; c'est quelquefois un acte d'indélicatesse. Nous avons assez bonne opinion ée notre confrère de Mons pour espérer qu'il saura éviter im abus aussi déplorable, et qui est malheureusement trop fréquent de nos jours. Ch. H.
Voici maintenant la lettre que nous a adressée l'honorable M. Chalon: « Mûasieui\
» Si la lettre du sieur Hoyois, que vousaxcz ins.'ivo clans votre dernier numém, ne contenait que des ej-prcssitn'i mahminantes oiïvors moi. je ne mo sorais ccilnin'^Mi'Mil pns doniK' l' p'"'nc d'y ré-
poodre; mais die déûature étrangement les faits, et je veux, en pea de mots, rétablir la vérité, sans phrases et sans détours.
» 1<> Le sieur Hoyois, dans un prospectus imprimé par lui, a bien positivement annoncé la réimpression (le mot s'y trouve) d'un ouvrage qui ne lui appartenait pas, et qu'il n'a jamais été autorisé à réimprimer, le Catalogue Fortsas.
» Si^' Le sieur Hoyois, dans ce même prospectus, a bien positivement annoncé la publication, môme autographiée, de lettres particulières qui n'ont jamais été destinées à être imprimées.
)) J'ai qualifié cela de mauvaise action, j'ai engagé mes amis à ne pas s'y associer, et je le fais de nouveau, sans craindre les menaces ridicules du sieur Hoyois.
» Si, maintenant, reculant devant la réprobation générale, M. Hoyois a viré de bord, et, s'il se contente de publier ses œuvres à lui, sans abuser de la confiance d'une correspondance particulière, je n'ai certes rien à y voir. Mais son prospectus est là, et c'est à ce prospectus que la lettre aux Bibliophiles sert de réponse.
» Un dernier mot. M. Hoyois était l'imprimeur de la Société des Bibliophiles et il a cessé de l'être. Cette circonstance expliquera à ceux qui l'ignoraient le besoin que ce Monsieur (1) paraît éprouver de faire du scandale. C'est tout simplement de la vengeance; voilà la morale de la chose.
M. Hoyois peut à présent vous envoyer des lettres de quatre pages, bien ambiguës et bien filandreuses ; il peut m'appeler jésuite ou voltairien à son choix. Je ne tiens pas plus à son approbation, que je ne crains son blâme.
» Agréez, je vous prie, mes salutations et l'assurance de ma considération distinguée.
R. Chalon.
Bruxelles, 24 janvier 1856.