DE FRANÇOIS LUNEAU
dit MlCHAUD.
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Peintre en bâtiments, très connu dans Paris.
Procès-Verbal.
Aujourd'hui, 20 novembre 1834, sont comparus par-devant nous, les témoins ci-après nommés, lesquels nous ont déclaré que Fran<;ois Luneau, dit Michaud, propriétaire, demeurant à Labreuille, commune de Saint-Charticr, était parti de son domicile, le 12 novembre dernier, afin de se procurer les voitures nécessaires pour transporter son mobilier de la maison appartenant au sieur François Marié, dont W jouissait comme locataire, en relie du sieur Noël Baudin, située au Grand- Veau, en cette commune de Nohant-Vic; que, depuis cette époque, et malgré les recherches les plus actives, on n'avait pu savoir ce qu'il était devenu; qu'enfin aujourd'hui, 20 novembre, son corps a été trouvé dans le puits commun de Pénézou, situé près de son domicile, d'où il a été retiré, il avait une corde passée autour du cou: à cette corde était attachée une pierre de la pesanteur de quarante livres; on a trouvé sur lui une autre corde de la grosseur du petit doigt, de deux mètres de longueur et une somme de 213 fr.; le tout a été remis à sa famille. On n'a découvert sur le corps aucun indice de violences; on a remarqué seulement au doigt majeur de la main droite une coupure qui existait avant qu'il se jetât à l'eau.
Fait à Nohant-Vic , sur la déclaration des sieurs Jean Merlin, demeurant à Labreuille, commune de INohant-Vic; Charles Lacoiu, demeurant commune de Saint-Chartior ; Jean Brunet, idem, et Pierre Monjouant, idem. Signé : Dudkvaîit, maire.
COMPLADÎTE.
Air du Maréchal de Saxe,
Écoulez, gens de Labreuille, Écoutez, la larme à l'œil.
Comment s'en fut au cercu(îil, Au temps où tombe la feuille, L'homme surnommé Michaud, De son nom nommé Luneau.
Le douzième de novembre :
C'était du Seigneur en l'an Trente et quatre et dix-huit cents Qu'arriva ce triste esclandre Qui, pour quiconque a un coaur, Le lui fait frémir d*horrear.
Ce rustique irréprochable Ne manquait pas de firnsquin ; Ce qui fait qu'on ne peut point Trouver la raison valable De l'infortuné trépas Qui l'enleva d'ici-bas.
Il possédait une chèvre, Une femme et trois codions ; Poules, canards et dindons, Seigle, marsèche et des fèves ; Et de quoi nourrir au mieux Les en&nts de ses aTeux.
Aimant le lieu où sa mère L'avait mis par son hymen, Dans le nombre des humains, Cet homme, très sédentaire.
Depuis trente ans demeurait Dans le lieu qu'il habitait.
Comme il se sentait bel homme.
Une femme il avait pris, Poor loger dans son logis, Et qu'il aimait Dieu sait comme !
Et si bien qu'on aurait dit De Philémon et Baacis.
Comme il était locataire.
Sa locature ayant loué.
D'un maître dénaturé Et d'un mauvais caractère, Il reçut expulsion De son habitation.
Ce procédé détestable Lui fit une impression Qui donna l'impulsion A son dessein lamentable Et causa l'explosion De sa désolation.
Renfermant dedans son âme Le chagrin qui le minait, Il fit mine d'être gai, Affichant un cœur très calme ; Et fît passer sa gntté Dans celui de sa moitié.