OBSERVATION IX
Pneumonie congeslive du lobe supérieur gauche
Emile B..,, 26 ans. Entré le 8 mai.
Un frère mort de pneumonie.
Jeunesse robuste. Pas de syphilis. Léger alcoolisme mixte.
Dans la nuit du 20 au 21,le malade fut pris lout-à-coup d’un grand frisson, accompagné d’un point de côté intense à l’aisselle gauche. Immédiatement fièvre et chaleur qui empêchent le sommeil ; Loux quinteuse, expecloration nulle ; céphalée violente, dyspnée marquée et exagérée par la violence du point de côté.
Actuellement, fièvre toujours intense, sueurs profuses et abondantes ; le point de côté s’est un peu calmé, mais le malade ne peut se coucher sur le côté gauche sans le réveiller et le rendre intolérable. Respiration assez fréquente ; toux plus grasse, expectoration gommeuse, leintée de sang, rouillée, très adhérente au fond du vase.
Le malade a sué abondamment pendant la nuil; n’a pu dormir, agilation, délire, cauchemars, céphalée profonde el assez intense. Léger tremblement des mains
Anorexie complèle. Pas de vomissements, pas de coliques, langue blanche, sèche, saburrale, un peu de subictère, visible surtout aux conjonctives, selles normales.
Au poumon droit rien d’anormal, quelques rhoncus seulement, rares el disséminés, avec respiration de compensation.
Au poumon gauche, en avant, sonorité diminuée seulement dans la moitié inférieure et externe; les vibrations sont diminuées dans toute l'étendue de cette zône ; on y entend à l’auscultation un souffle tubaire intense avec bouffées de ràles crépitants et inspiratoires, bien nets surtout entre la ligne axillaire et mamelonnaire vers le deuxième et troisième espace. La bronchophonie et la pectoriloquie
aphone sont facilement obtenues.
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Au poumon gauche, en arrière, le sommel, comme en avant, respire bien. Il en est de même sur toute la hauteur du poumon, le long de la colonne jusqu'à trois ou quatre travers de doigts de celleci et dans toute la base; la respiration est seulement plus rapide, plus profonde, légèrement soufflante. Mais on distingue un souffle franchement Lubaire et très net au-dessous de l'épine de l’omoplate dans une région dépassant l'angle inférieur de cet os et s'étendant de là dans la région axillaire tout entière où la matilé est d’ailleurs très prononcée. Sur presque toute cette zône souffrante, ràles crépitants, très fins, uniquement inspiratoires, éclatant par bouffées. Relentissement de la voix et de la loux, pectoriloquie aphone très nette.
Au cœur, bruits réguliers, rapides un peu. faibles mais sans soufiles. Pas d’hypertrophie apparente, la pointe bat au cinquième espace, entre les deux lignes mamelonnaire et axillaire. Pas de palpitations, mais hypéresthésie prœæcordiale. Le pouls aussi est rapide, mais sans intermittences.
Température dépasse 39° ce matin.
Urines assez rares, fortement colorées, avec disques d’urale et d’albumine.
Foie ne semble pas dépasser le rebord costal et n’est pas douloureux. Malilé splénique ne parait pas exagérée.
25 mai, — La matité s'étend en avant ; plus haut, l’extrème sommet est toutefois sonore, plus sonore même qu'à l’étal normal. Actuellement les ràles crépitants sont nombreux, ies vibrations sont toujours diminuées.
En arrière le souffle, qui la veille ne dépassait pas la ligne axillaire, s'étend jusqu’à la colonne vertébrale. Les ràles ne dépassent toujours pas l’aisselle en arrière.
27 mai. — Aujourd'hui c'est au sommet en arrière que s'est étendu le souflle. Ce même souflle persiste en arrière au niveau de l'omoplate. 11 a disparu en avant où il est remplacé par des râles crépitants de retour très nombreux après la toux. En avant au sommet sous la clavicule persistance de tympanisme.
Dans l’aisselle, quelques ràles et souffles.
28 mai. — Souffle très diminué.