‹ Le Recueil littéraire (volume 2)Chapitre 19 sur 100 · AU RESTAURANT · texte numérisé non relu

AU RESTAURANT

CoTÔLON invite Clabaudin à déjeuner dans un gros restaurant du boulevard. Au moment du dessert, Cotôlon, qui n'a pas le sou, s'esquive à la britannique.

Après une heure d'attente, Clabaudin comprend l'horreur de la situation. Il fait venir le patron et lui tient ce petit langage :

— Traîneriez-vous devant les juges de son pays un consommateur sans argent ?

— Ma foi non, répond avec bonhomie le restaurateur, je lui demanderais quand il pourrait me payer.

— Et, s'il vous répondait, jamais.

Le patron, voyant à qui il a affaire :

— Je lui flanquerais ma botte quelque part.

Clabaudin réfléchit; puis, très digne, il se retourne, retrousse sa redingote et s'écrie noblement :

— Payez-vous !

Et le patron se paie de la façon sus indiquée. Il redouble même pour le pourboire du garçon.

HELIKA

MÉMOIRE D'UN VIEUX MAITRE D'ÉCOLE

No 10

Malgré mon extrême fatigue, je profitai des dernières lueurs du crépuscule pour chercher un gîte. Un rocher ayant un enfoncement qui pouvait donner abri à une seule personne, se présenta à ma vue. J'y fis entrer Angeline, lui donnai quelques aliments et fermai l'ouverture avec les restes des pièces de bois que le feu avait épargnées ; puis je me glissai sous un amas d'arbres que le vent avait renversés et qui formaient par leurs branches une toiture presque imperméable.

Il était grand temps, car en ce moment la tempête éclatait dans toute sa fureur. Bien des fois j'avais pris plaisir à voir le choc terrible que les éléments dans leur colère insensée, se livrent entre eux. J'entendais alors sans crainte les roulements du tonnerre, et je n'avais pas été ému en voyant la foudre écraser des arbres gigantesques à quelques pas de moi. Je croyais avoir vu en fait d'ouragans tout ce que la nature peut offrir de plus effroyable ; mais jamais je n'avais été témoin d'un tumulte pareil, les éclats du tonnerre étaient accompagnés de torrents de grêle et de pluie. Le vent, avec une rage indicible, passait à travers des branches, s'enfonçait dans les anfractuosités des rochers avec des cris aigres et discordants qui vous glaçaient de terreur. Sous sa puissante étreinte, les arbres s'entrechoquaient avec de douloureux gémissements. Il me semblait voir leurs troncs se tordre en tous sens, pour échapper à la force irrésistible de cet ennemi invisible. Je suivais en imagination les péripéties de cette lutte suprême ; mais bientôt, un craquement prolongé m'annonça qu'un des géants de nos forêts venait de tomber, entraînant dans sa chute les arbres voisins qui n'avaient pu supporter son poids énorme. Pendant ce temps, les éclairs se succédaient sans interruption, le tirmament était en feu, on eut dit du dernier jour. C'était un spectacle grandiose et effrayant à la fois.

Jamais non plus la grande voix des éléments déchaînés ne s'était montrée aussi solennelle et ne m'avait empêché de fermer l'œil ; mais ce soir-là, je me sentais inquiet, mal à l'aise et malgré mon extrême faligue, je ne pus pendant longtemps réussir à m 'endormir. Toutes ces voix stridentes, tous ces fracas terribles et discordants produisaient sur moi l'effet de fanfares infernales.

L'apparition de l'après-midi me revenait sans cesse à l'esprit et me faisait frissonner ; pourtant ma vengeance n'était pas complète puisqu'Angeiine me restait! D'un autre côté, il me semblait entendre encore le prêtre qui, en montrant le ciel à Marguerite, lui disait : « De làhaut, vous et Octave protégerez votre enfant, si elle est au pouvoir des méchants ».

Toutes ces pensées différentes me bouleversaient et lorsqu'enfin je pus m'endormir, une fièvre ardente s'était emparée de moi et ma tête était brûlante. Mon sommeil fut pénible et agité. J'étais au milieu d'un songe affreux, lorsqu'un éclat de tonnerre plus terrible que tous les autres vint abattre un chêne énorme à quelques pas de moi. Le bruit me

fit ouvrir les yeux et que devins-je ? en apercevant un spectre hideux penché sur moi ! Son souffle glacé, comme le vent d'hiver m'inondait tout le corps. Bientôt un pétillement comme celui d'un incendie dans les bois se fit entendre. Des lueurs sombres et sinistres environnèrent le spectre. La figure s'en dégagea. Grand Dieu 1 que vis-je ? C'était Marguerite telle que je l'avais vue le matin, plongeant encore son regard dans le mien. Il avait la même fixité et le même éclat ; mais cette fois de même que dans la savane, il était chargé de menaces. Ma frayeur augmenta encore, lorsqu'approchant sa bouche décharnée de mon visage elle me répéta de sa voix brève et sépulcrale : « Frappe si tu l'oses ! » Et après ces mots, un autre spectre vint se placer à côté d'elle, c'était Octave, je le reconnus parfaitement. Ses traits à lui aussi avaient un caractère d'implacable sévérité. Angeline, je ne sais comment, se trouvait derrière eux et arrêtait leurs bras prêts à me précipiter dans un gûuiïre béant tout auprès de ma couche. Je demeurai foudroyé, anéanti par cette affreuse vision. Mes cheveux se dressèrent d'épouvante, une sueur froide et abondante s'échappa de chaque pore de ma peau ; mes dents claquaient de terreur et pourtant malgré toutes les tentatives que je fis, je ne puis réussir à me soustraire à l'apparition. Vainement cherchai-je à l'éloigner de moi, je fis des efforts en raidissant les bras pour la repousser, mais ils étaient rivés au sol. Ma langue ne put articuler un seul mot, ni mes yeux se fermer. Il ne faut pas croire que ce que je rapporte était l'effet d'un cerveau en délire ; non certes, j'avais la fièvre, mais je les voyais tous deux. Je sentais leur souffle, j'aurais pu les toucher, si répouvante et la terreur n'eussent paralysé tout mon être. Mes chiens eux-mêmes, blottis et tremblants auprès de moi, poussaient des gémissements plaintifs et semblaient me demander protection.

Ah : combien je souffris dans ces quelques heures, je ne saurais le dire. La force humaine a des limites : peut-être aussi l'idée d'une prière me vint-elle et Dieu eut-il pour moi un regard de pitié ; mais ce que je me rappelle, c'est d'avoir entendu des cris plaintifs, que des flammes m'environnèrent et que je perdis connaissance.

Quand je revins à moi, j'étais étendu sur un bon lit de sapins, un dôme de verdure me protégeait contre les rayons matinals du soleil. Les branches entrelacées laissaient filtrer une douce lumière et la rosée du matin me représentaient avec les rayons du soleil qui les traversaient, comme un écrin de diamants.

Je fus quelque temps avant que de pouvoir me rendre compte de l'endroit où j'étais, et me rappeler ce qui s'était passé. Après un effort, je réussis à me mettre sur mon séant. Mes idées devinrent plus lucides. Angeline au pied de mon lit pleurait et priait. « Où suis-je ? demandaije d'une voix presqu'éteinte ». Au sonde ma voix, elle poussa un cri de joie et vint m'embrasser les mains ; puis mettant un doigt mutin et discret sur sa bouche pour me défendre de parler, elle continua d'une voix émue : « Le bon Dieu nous a envoyé un grand secours ! Après lui, c'est à une femme des bois et à son fils surtout, que tu dois de n'être pas brûlé vif, et moi morte de faim ou d'épuisement. Ils t'ont sauvé des flammes au moment ou un affreux incendie, allumé par le tonnerre, allait t'envelopper. Il était grand temps ; crois-moi, les flammes t'entouraient, tes vêtements étaient en feu; Père, tu étais sans connaissance.

Depuis bientôt dix jours, ils te soignent et nous donnent à tous deux la nourriture ; mais ne dis pas mot, car ils me gronderaient ; vois-tu ils m'ont défendu de te laisser parler et m'ont recommandé de te faire boire à ton réveil un peu de cette tisane »,

Enfin, deux jours après, je me trouvai beaucoup mieux et pus avoir quelques explications d'Angeline quoiqu'elles fussent bien imparfaites, n'ayant pu obtenir encore le plaisir d'ofltrir à mes sauveurs inconnus l'expression de ma reconnaissance et les récompenses que je leur destinais. Ils s'obstinèrent longtemps sous un prétexte ou sous un autre à ne pas se montrer, mais enfin ils durent céder à mes demandes réitérées et je pus faire leur connaissance.

ils m'apprirent plus tard qu'ils s'étaient trouvé chez Octave le jour de sa mort ; qu'Octave et Marguerite avaient été pour le jeune homme et sa mère une véritable Providence.

Ils les avaient recueillis un soir que manquant de tout, ils allaient mourir en proie à une fièvre ardente et ils leur avaient donnés tous les soins possibles.

Toas deux avaient donc voué à leurs protecteurs une reconnaissance sans bornes et ne manquaient jamais de venir la leur exprimer à leur sortie des bois.

A la nouvelle de leur mort prochaine, ils s'étaient hâtés d'accourir. Ils avaient vu bien des fois le désespoir des malheureux parents au sujet de leur petite fille, mais appartenant à une autre tribu, ils ignoraient ce qu'elle était devenue.

Aucun des incidents de la journée ne leur avait échappé. Ils avaient remarqué mon malaise indicible lorsque Marguerite avait fixé son regard sur moi ; et entendu le cri déchirant de la mère lorsqu'elle avait reconnu l'enfant. Ils avaient aussi soupçonné une partie de la vérité et s'étaient mis sur mes traces pour apj)rofondir ce mystère et protéger au besoin la malheureuse orpheline.

Cependant mes forces se rétablirent bientôt et je pus reprendre en regagnant ma tribu la vie d'habitant des bois. Mais le croirait-on à mesure que les forces me revenaient, l'idée de poursuivre ma vengeance se réveillait plus pressante, plus terrible que jamais ; et malgré la terreur que m'inspirait encore le souvenir de la vision, je résolus fermement de la pousser jusqu'au bout. Quelques fussent les obligations que j'avais envers l'indienne et son fiis je ne tardai pas à les prendre en haine. Je sentais instinctivement qu'ils allaient être de puissants protecteurs pour Angeline et je décidai de me soustraire à leur surveillance.

Je partis un jour avec Angeline pendant qu'Attenousse et sa mère avaient rejoint un parti de chasseurs et devaient être absents plusieurs semaines ; je me dirigeai vers les rivages de la Baie des Chaleurs, sans que personne sut de quel côté j'allais. J'y passai cinq années au milieu des Abénakis, cultivant et développant, autant qu'il m'était possible, l'esprit et les sentiments de délicatesse de l'enfant, ne perdant durant ce temps aucune occasion de m'informer de Pauio et de tâcher de lui faire connaître l'endroit où je l'attendais, car il était indispensable à mes projets. Enfin un matin, il arriva tout dégradé, plus hideux et plus cynique encore qu'il ne l'était les dernières fois que je l'avais vu. Le fer rouge du bourreau lui avait imprimé sur le front le stigmate de l'in-

famie. A cette vue, le cœur me bondit de joie, aussi j'en fis mon hôte et mon commensal ; il devint mon compagnon inséparable.

Angeline pouvait alors avoir de quatorze à quinze ans, elle s'était admirablement développée. Sa figure était belle, son front respirait la douceur et la candeur. Elle m'était soumise et dévouée à l'extrême, s 'évertuant à prévenir le moindre de mes désirs ; et je savais qu'elle se mettrait à la torture pour me faire plaisir.

Pour compléter ma vengeance, j'avais décidé de jeter cet ange de vertu et de bonté entre les bras da misérable Paulo. Il est facile de comprendre l'aversion et l'horreur que ce scélérat lui inspirait. Bien que je lui recommandasse de cacher ses débauches crapuleuses aux yeux de la jeune fille, sa scélératesse naturelle l'en empêchait. J'aurais mis mon projet a exécution depuis longtemps si le regard de Marguerite ne m'eut encore poursuivi et n'était venu de temps en temps me faire frémir de terreur, lorsque surtout sa voix sépulcrale soufflait à mon oreille (i Frappe si tu l'oses ». Cependant, un jour que j'avais pris de l'eau-devie plus qu'a l'ordinaire, je me résolus à frapper le dernier coup. Je n'avais encore fait que des allusions détournées à Angeline quant à mon projet, et chaque fois, j'avais vu la jeune fille frissonner de dégoût au seul nom du monstre. Ce fut donc ce jour-là, après avoir pris un bon repas, qu'elle m'avait apprêté avec grand soin et pendant que Paulo d'après mes ordres, s'était absenté, que je lui signifiai formellement ce que j'exigeais d'elle. La pauvre enfant me regarda d'abord d'un œil doux et étonné comme pour s'assurer si j'étais sérieux, n'en pouvant croire ses oreilles, mais bientôt ma voix devint plus sèche et plus impérative, je pris le ton de la colère et l'informai que dans trois semaines, elle serait l'épouse de Paulo. A ces mots, elle tomba à mes pieds en les arrosant de ses larmes. Les mains jointes, elle tourna ses beaux grands yeux vers moi : « Oh ! mon père, mon bon père, dit-elle d'une voix entrecoupée de sanglots, non ! non ! c'est impossible ! Je veux toujours demeurer avec toi, je te soignerai dans tes vieux jours et tâcherai de ne jamais te donner aucune cause de chagrin. Pardonnes-moi, toi qui est si bon, car il faut que, sans intention, j'aie fait des choses bien mauvaises qui ont pu te déplaire, pour tu veuilles me livrer à cet infâme. Si tu l'exiges, mon père, je laisserai ta cabane et n'y reviendrai que pour préparer tes repas et prendre soin de toi lorsque tu seras malade. Je ne te demande pour toute nourriture que de partager avec tes chiens les restes que tu nous abandonneras ; je t'aimerai autant que je le fais et te servirai aussi bien que je le pourrai. Je m'étendrai à la porte de ton wigwam et serai toujours prête à répondre à ton appel. Non, jamais je me plaindrai ! car je te sais bon et juste et à force de soins et de prévenances, je te ferai peut être oublier le mal que je t'ai fait sans le vouloir ; mais au nom du ciel, au nom de ce que tu as de plus cher sur la terre, oh ! ne me livre pas, ne me donne pas à ce misérable )). En disant ces mots, la misérable enfant embrassait mes pieds et versait des larmes, capable d'attendrir un rocher.

(à sjdvré) Dr Ch. DE GuiSE.

1er JA^"VIER 1890 UNE COÏNCIDENCE

RÉCIT DU JOUR DE L'aN

Ma sœur, alors qu'elle était grande comme ça, croyait tout naïvement que les présents du jour de l'an, lui était apporté par le bon Saint Ni» colas, le patron de l'enfance. Or, une année que, soit dit entre nous, elle avait été beaucoup moins sage que d'ordinaire, ma mère lui avait souvent dit : « Prends garde Antoinette, ta conduite fait pour sûr beaucoup de peine au bon Saint Nicolas et peut-être ne t'apportera-t-il rien au jour de l'an ! »

Cette menace produisait ordinairement un bon effet, car durant cinq minutes au moins, elle demeurait tranquille comme une de ses poupées en cire !

Les mois et les mois passèrent ainsi et soudain Noël se présenta. Le petit Jésus qui chaque année avait l'habitude de remplir son bas jusqu'au bord, de bonbons succulents, avait été cette fois d'une parcimonie qui la punissait beaucoup et n'augurait pas très bien pour le commencement de l'année, car Saint Nicolas n'nabite-t-il pas le paradis, et n'est-il pas soumis entièrement au pouvoir de Jésus ?

Aussi, la pauvrette avait délaissé ses jeux et passait ses récréations dans un petit coin, seule, songeant ce qu'il lui faudrait faire pour regagner les bonnes grâces du distributeur de récompenses.

La veille de la fin d'année au soir, j'étais dans ma chambre accoudé selon mon ordinaire, devant ma table surchargée de livres, en train d'étudier, lorsque j'entendis quelqu'un heurter faiblement à ma porte. J'ouvris : c'était ma sœur. Toute pâle, vêtue de son costume le plus modeste, elle me demanda tout bas, avec des soupirs dans la voix, si je voulais lui dire quéqu' chose ?

Sachant le désespoir de la pauvre petite, je la pris dans mes bras et l'amenai s'asseoir avec moi, afin de la renseigner le mieux possible, car franchement sa douleur me faisait peine.

Alors, d'un grand sérieux, elle voulut savoir si véritablement il n'y avait pas un moyen de communiquer avec le bon Saint Nicolas.

— Je voudrais le voir, dit-elle, afin de lui demander pardon de ma conduite passée, et lui promettre à l'avenir de faire beaucoup mieux. Il me l'accordera, je le sais, car n'est-ce pas, il n'est pas rancunier le bon Saint Nicolas. Puis s'il veut tout oublier, je lui donnerai un baiser si gentil qu'il en sera flatté, vrai !

Cette question me prit par surprise, aussi je balbutiai au hasard les paroles suivantes : « Avant de te coucher, ajoute à ta prière du soir, une demande au petit Jésus, afin qu'il te permette de voir Saint Nicolas en rêve, car c'est le seul moyen de communiquer avec lui. »

Cela lui parut si simple qu'elle fut complètement rassurée. J'en profitai pour la reconduire à sa chambrette, car j'avais mon idée. Sans rien dire à personne j'allais lui acheter quelques bibelots, et les placer discrètement près de son lit. Il me semblait impossible delui laisser com-

mencer l'année sans jouets. Quel crçve-cœur, quel chagrin pour elle ?

Je passai mon paletot et je sortis.

Une heure plus tard j'étais de retour et mon plan mis à exécution.

Le lendemain matin, toute la famille était réunie à la table moins la petite sœur, lorsque tout-à-coup, nous l'entendîmes pousser des cris joyeux, puis elle descendit bruyamment. Enfin elle arrive à nous tenant une brassée de jouets qu'elle pose là, et n'a rien de plus pressé que de dire en faisant mille gestes : -

— J'ai rêvé cette nuit au bon Saint Nicolas... Des petits oiseaux m'ont transporté à sa demeure, au moment où il se préparait à descendre sur la terre... pour faire sa tournée ! Je me suis jeté a ses genûu.\,\ je lui ai demandé pardon... je lui ai promis de mieux faire... puis je l'ai embrassé ! Il a sourit, et m'a dit d'une voix douce : c'est bien ce que tu fais là, je te récompenserai. Alors les petits oiseaux m'ont ra- , menée à mon lit... Tenez, voyez ce que j'ai trouvé ce tnatin. C'est bien plus que les autres années. Sont-ils beaux, sont-ils jolis? n'est-ce pas maman que j'ai bien fait de demander pardon ? ,

Quel air heureux et câlin tout à la fois, n'avait-elle pas en disant ces ^ mots ! .

Ma mère, bien que ne sachant pas d'où venait tout cela, saisi l'occasion de lui faire une morale. Puis, après nous avoir fait partager sa joie pendant quelques minutes, elle retourna à sa chambre pour se faire habiller. Sitôt partie, une explication eut lieu. Notre bonne mère ne lui avait rien retranché... et moi.... je lui avais donné ! .

Voilà pourquoi, par une. coïncidence curieuse, Antoin^ntti, cette année-la, vit Saint Nicolas et reçut un surplus d'étrennes.

E. Z. Massicotte.

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