‹ Le Recueil littéraireChapitre 44 sur 82 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

EN CAUSANT

Encore une amélioration, décidément la direction veut plaire au public, qui de son cJté sera très reconnaissant nous n'en doutons pas ; car q.ii peut dire que le public n'est pas toujours reconnaissant des efforts qu'on fait pour lui plaire ?

Témoin le nombre mcalcLilable de journaux morts et enterrés faute d'encoaragement ! ! !

Donc n'ayons aucune crainte, nous vivrons bien ce que vivent les journaux, l'espace... d'un numéro !

Oui ! c'est un fait, après bien des des tâtonnements, après bien des demandes de la part de nos lecteurs, la direction s'est enfin décidé à publier Le Recueil tous les quinze jours et naturellement à mettre le prix d'abonnement à cinquante centins. Ce n'est pas énorme encore et notre publication demeure toujours à très bon marché.

À cela nous y tenons. Pourquoi ? afin de pouvoir pénétrer dans toutes les familles canadiennes-françaises. Et peut-être alors aurons-nous atteint notre but : Donner le goût de la littérature nationale, qui deviendra appréciée, parce qu'elle est plus à la portée de notre peuple ; parce qu'elle saura remuer son cœur plus profondément en employant les expressions, les mots, les phrases qui lui sont chers et qui sentent le terroir ; en choisissant pour lieu d'action le Canada, la Patrie ! Peutêtre aussi qu'en donnant ce goût de la lecture, donne-t-on celui de l'instruction. N'allons pas nous tromper, en Canada l'éducation n'est pas aussi répandue qu'elle le devrait, et, sans éducation, " le peuple n'est rien, c'est une machine qu'on conduit au gré de sa volonté, à laquelle on dit marche lorsqu'elle arrête, et arrête lorsqu'elle marche ! "

Que tous se pénètre de cette vérité. Par l'éducation, vous adoucirez vos peines et votre exil ici-bas.

Mais je suis loin de mon sujet. Revenons sur nos pas. Ce que certaines grandes revues font parmi les classes riches, les classes instruites, nous avons voulu l'essayer pour le peuple. Nous réussirons. Notre circulation le prouve. Presque tous nos abonnés appartiennent à la grande et noble classe des travailleurs.

Nous ne croyons plus ces gens qui nous disaient qu'un journal purement littéraire, dont les éc.ivains seraient tous canadiens-français, ne pourraient exister

Non, nous n'y croyons plus, parce que nous l'avons tenté et le succès a dépassé nos espérances.

En examinant les causes de la disparition d'un grand nombre de journaux du genre, nous sommes arrivés au résultat suivant, que la majeure partie de ceux qui sont tombés avaient trop de reproduction étrangère. Peut-il en être autrement, ceux qui aiment à lire les grands auteurs français, n'attendent pas qu'un article ait fait le tour de la presse pour arriver jusqu'à eux. Ils s'abonnent à un journal français dont les collaborateurs sont au nombre des principaux écrivains de France, et tout est dit.

Puis la plupart des journaux dont je viens de parler ont promis beaucoup plus qu'ils ne pouvaient tenir, deuxième tort. Nous, nous n'avons rien promis, et nous avons donné beaucoup. C'est la différence.

Où donc enfin juchera-t-on la réclame ?

Voilà qu'on parodie les fables, ces charmantes fables que nous

s appris par cœur, durant le bas âge.

En voici un exemple entre cent :

avons

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