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QUEBEC

[Pour "Le Recueil Littéraire."]

Je n'ai vu ni Venise, le soir, à sa gondole Ki Naples, ni l'Etna, pourtant je m'en console Car j'ai vu, rayonnant au soleil du midi, Québec perche là-haut comme un aigle hardi.

Que n'a-t-on pas écrit sur Québec ! On a chanté son glorieux passé, ses hommes illustres, ses humbles martyrs ; on a admiré son site si pittoresque, ses points de vue qui enchantent le touriste... et jusqu'à ses vieux murs qui tombent en ruine.

Moi, je t'aime, ô ma ville chérie-, et je voudrais avoir une plume assez éloquente pour te faire aimer de tous ! car tout en toi parle à mon cœur.

J'aime ton antique cathédrale qui a vu, sous ses voûtes imposantes, tant de générations s'agenouiller, j'aime ton incomparable terrasse, ton tleuve enchanteur, j'aime tes anciens édifices qui te font ce que tu es : une ville éminemment française, enfin, j'aime tes monuments qui nous parlent de la grandeur, de la gloire de nos braves français morts pour la patrie. Cœurs généreux, vos noms sont à jamais brillants dans l'histoire ! et passent a l'avenir.

D'âge en âge, l'amour de la France est resté implanté dans le cœur des Québecquois ; ils s'honorent d'appartenir par leur origine à la France ; ils gardent fidèlement ses anciennes traditions, ses coutumes, sa langue ; ils se plaisent à entendre parler de la France, et lorsqu'il leur arrive quelque voyageur de ce pays de leurs aïeux, ils vont eux-mêmes au-devant de lui ; ils lui ouvrent leurs demeures avec empressement et l'accueillent avec une sorte de confraternité.

Dernièrement, Québec était en liesse. Des milliers de personnes s'étaient donné rendez-vous dans ses murs: et le son de ses fanfares faisaient frémir tous les cœurs !

Jacques Cartier ! ton nom acclamé par tout un peuple restera à jamais l'objet du culte des canadiens, ton monument est là, et les générations futures apprendront, à leur tour, à te vénérer !

Mais, dira-t-on, les canons qui tonnent sur nos remparts ne sont-ils pas des canons anglais ?

Et nous ne tressaillons ])as ? Pourquoi ?

Je répondrai avec Mr Paul de Cazes ;

" Parceque, depuis longtemps, ces canons ne se font plus entendre que pour unir leurs voix au son des cloches de la vieille cathédrale et prendre part à nos réjouissances nationales "...

Parceque nous vivons libres sous la domination anglaise ! libres et heureux !

O patrie adorée.

Est- il une contrée Aussi belle que toi ?

Aux jours sombres d'orage Tu puises le courage Dans l'amour et la fgi.

Québec. ÉliSA.

HELIKA

MÉMOIRE D'UN VIEUX MAITRE D'ÉCOLE

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