‹ Le Recueil littéraireChapitre 76 sur 82 · LE RÊVE DE LA VIE · texte numérisé non relu

LE RÊVE DE LA VIE

À vingt ans, poète aux abois, Quand revenait la saison rose, J'allais promener sous les bois

Mon cœur morose.

À la brise jetant, hélas !

Le doux nom de quelque infidèle, Je respirais les frais lilas

En rêvant d'elle.

Toujours friand d'illusions.

Mon cœur, que tout amour transporte.

Plus tard, à d'autres visions

Ouvrit sa porte.

La gloire — sylphe décevant Si prompt à fuir à tire-d'aile — À son tour m'a surpris souvent

À rêver d'elle.

Mais maintenant que j'ai vieilli, Je ne crois plus à ces mensonges :

Mon pauvre cœur plus recueilli

A d'autres songes.

Une autre vie est là pour nous, Où l'âme, ainsi qu'une hirondelle.

Doit s'envoler : — à deux genoux

Je rêve d'elle !

Louis Fréchette.

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