‹ Le redoutable; pièce en trois actesChapitre 103 sur 123 · ACTE III, SCfiNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCfiNE VII

l'amiral, tranquillement.

Et après ?

{Un timonier traverse la salle à manger, s'arrête sur le seuil.)

Amiral, le Commandant vous fait prévenir que la mer devient grosse, et qu'il donne l'ordre de hisser les échelles en attendant le départ de W^^ Villaret.

l'amiral.

C'est bien, M.^^ Villaret n'a pas besoin d'échelle. {Le timonier sort.)

LAURENCE, défaite.

Ah ! jamais je ne m'étais représenté... la cruauté de vos justices... cet homme frémissant de jeunesse et d'avenir, cet homme intact pour toute la vie, qu'on abîme et qu'on jette au fossé !

L AMIRAL

Ce qu'il faut te représenter, c'est la monstruosité de son acte... cet homme au fossé nous eût envoyés tous dans de pires guets-apens.... La trahison, c'est le meurtre'à froid..., le traître et

l'empoisonneur se valent ....

LAURENCE

Un jour... comme nous pleurerons ! Il aurait pu être là, plus tard, beaucoup plus tard, avec son visage d'ami... et tu penseras : c'est moi qui l'ai tué. [Elle semble délirer toute seule; l'Amiral, tout à son souci, ne l'interrompt même plus.) Le dernier frisson sous la nuit du bandeau... et ces hommes, ces hommes imbéciles qui lancent la mort... la chose inimaginable, que le crime d'un dieu n'atteindrait pas à mériter.... Rappelle-toi la première fois qu'il est venu.... C'est Feugères qui l'avait amené... il nous a plu tout de suite... il était si simple et si grave... et Loulou ne cessait de parler de lui... sauve-

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