‹ Le redoutable; pièce en trois actesChapitre 31 sur 123 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

l'amiral.

Impuni? Comment donc ? Mais qu'y a-t-il eu de repréhensible dans les actes de M. Rouillot ? Sa conduite est irréprochable. Il a agi on ne ne peut plus légalement.

MALTE, sec, nerveux.

Il a suivi la voie hiérarchique. Il est d'abord allé trouver le Commandant : « Commandant, je viens vous demander l'autorisation de descendre à terre. — Fort bien, mon ami, après la visite du Roi. — Pardon, Commandant, c'est sur-le-champ qu'il m'importe de descendre à terre. — Mille regrets, mon ami, je n'y peux rien. » M. Rouillot a salué ; il est allé du même pas trouver l'Amiral : «Amiral, je viens vous demander l'autorisation de descendre à terre. — Cela ne me regarde pas, demandez-le au Commandant. — Je viens de voirie Commandant, il m'a répondu : « Après la visite du « Roi », or, c'est à l'instant qu'il m'importe

de descendre à terre. » Vous voyez d'ici TAmiral et vous nous voyez tous : « Il vous importe de descendre à terre?... Mais, à la fin, pourquoi ? » M. Rouillot sort un papier de sa poche et le présente à l'Amiral qui ne lit qu'un mot : Ordre.... (Un silence.)

l'amiral, avec une satisfaction affectée.

De sorte que M. Rouillot est descendu à terre et qu'il a croisé l'embarcation du Roi.

LAURENCE

Malte en avait des larmes de rage aux yeux. Pendant huit jours, il a cherché des querelles d'allemand au monsieur qui se surveillait bien. Au bout de la semaine, comme il allait le gifler sans autre prétexte que l'envie qu'il en avait, on a paré la gifle et M. Rouillot a parlé de conseil de guerre. Voilà le joli coco qu'on nous ressert aujourd'hui sur le vaisseauamiral.

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