ACTE I, SCÈNE II
cela ne fait pas bon effet. Il n'y a pas une femme d'officier supérieur, à plus forte raison d'officier général, que son mari ne fasse chercher et ramener.
Tu fais attendre les hommes.
LAURENCE, Sincère.
Je suis d'une ponctualité scrupuleuse, enfantine... J'avoue que c'est toi qui m'as dressée. Jamais mon père ne m'eût fait un reproche, et ma sœur et moi passions notre vie à bord.
l'amiral.
Vous étiez la fable de la marine « Laurence et Marie »... Vous sillonniez la rade en gouvernant vous-mêmes... « Les hommes de Laurence... le pavillon de Marie... » et je crois bien que vous avez reçu une fameuse mercuriale de source paternelle, le jour où, blague ou bévue,
on s'est avisé de vous saluer, je ne sais plus de quel bord.
LAURENCE, encore amusée.
Du Marceau, onze coups de canon ! Nous délirions de joie... Papa n'était pas à bord du torpilleur qui allait lui servir pour sa tournée d'inspection, mais son pavillon y était déjà. Ma sœur a forcé un homme à le hisser..., puisque nous étions là... Quand il a vu... entendu ce qui se passait, le commandant n'a pas osé, à la face de la rade, amener le pavillon... il a pris le parti de rire aussi.
l'amiral.
Oui, mais l'Amiral ne riait pas... bien que fût assez de son goût ce rang de Filles de France que vous teniez dans la marine... Les temps sont changés, ma belle amie. Croismoi, il est bon que l'exemple vienne de haut. Si tu tiens à me voir un jour à la itie de toutes les forces pavales de mon pays, il est bon que la