‹ Le Réflexe Naso-oculaire: Contribution à l'étude du Réflexe naso-facio-oculaireChapitre 18 sur 30 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Données physiologiques

Le réflexe naso-facio-oculaire (ou plus exactement le rôle du Ganglion sphéno-palatin, puisque à cette époque le Réflexe n'avait Pas encore attiré l’attention des physiologistes) a été peu étudié expérimentalement depuis C. BERNARD et PRÉVOST. HEINDENHAÏN, ASCHENBRANDT, KISCHNER n’ont guère pratiqué leurs expériences que sur le Trijumeau, en l’espèce les nerfs maxillaire supérieur ou inférieur, et il ressort de ces expériences que la question est fort complexe. Il en est de même pour celles qui ont été faites en 1925 par CHAVANNE, JUNG et TAGAND. Ils ont repris leurs travaux récemment et les résultats actuels ne font que confirmer ceux obtenus précédemment. C’est que létude du Réflexe demande une observation minutieuse du rôle physiologique de chacun des éléments nerveux qui sont susceptibles d’être intéressés, ainsi que la recherche de leur trajet et de leurs rapports respectifs. Le problème se complique considérablement

lorsqu’on inet en pratique les deux méthodes généra-

lement employées: 1° L’excitation, soit électrique, soit chimique, qui exagère le réflexe dans un sens ou dans l'autre; 2° La section d’un nerf ou la résection d’un ganglion, qui supprime, diminue ou modifie le réflexe. Or, l’excitation est peu aisée, car un isolement suffisant des formations voisines est impossible et il se produit presque toujours .des phénomènes de diffusion.

Il en est de même pour interruption du circuit nerveux : en voulant n’intéresser par la section qu’un nerf ou un ganglion, on produit en même temps une lésion ou un arrachement des éléments voisins. Les risques d’erreur sont d'autant plus grands que ia région dans laquelle on opère est particulièrement malaisée à atteindre.

Dans une première partie, nous résumerons les expériences de Prévost, publiées, en 1868, dans les Archives de Physiologie, et celles de CHAVANNE, publiées dans l’O.-R.-L. Internationale. Ensuite, nous essayerons d'établir le rôle du Sympathique et du Parasympathique, d’après les idées actuelles résumées clairement par M. BERTEIN, dans un travail publié, en 1925, dans les Archives Internationales de Laryngologie. |

Au préalable, nous rappellerons toute l’importance que les auteurs classiques ont voulu accorder au Ganglion Sphéno-palalin, considéré pendant longtemps, et encore de nos jours, par certains auteurs, comme un Ganglion sympathique appartenant à la chaîne du système céphalique avec les trois autres ganglions : ophtalmique, sous-maæillaire et otique,

Expériences de Prévost

Bien avant que les Physiologistes aient eu l’attention attirée par les réflexes de la pituitaire, PRÉVOST étudia les relations physiologiques du Ganglion de Meckel avec cette muqueuse et la musculature du globe oculaire.

- Ajoutons qu’en 1858, c’est-à-dire dix ans avant les expériences de PRÉVOST, C. BERNARD avait remarqué que le pincement du ganglion, chez le chien, ne déterminait aucune douleur, non plus que l’ablation, tandis que l’arrachement était au contraire douloureux.

PRÉVOST fit deux séries d'expériences sur le chien, ce dernier étant l’animal de choix en raison de l’atteinte, relativement facile, du Ganglion par la voie zygomatique. Dans une première série, il fait, soit l’ablation de l’un ou des deux ganglions, soit la section du nerf naso-palatin ou du tronc maxillaire supérieur.

1° SERIE. — 7 expériences (Expériences 1, 2, 5, 6, 7, sur chien sain; expériences 3 et 4 sur chien galeux).

Dans la première, il remarque qu'après l’ablation des deux ganglions la muqueuse est restée normale comme coloration, structure, degré d'humidité. La sensibilité olfactive n’est pas diminuée (le chien trouve la viande cachée sous un meuble ou enveloppée dans du papier), mais la sensibilité générale est altérée dans le cas d’irritation de la muqueuse par l’ammoniaque. PRÉVOST déclare cependant que cette altération est probablement due à un vice d’observation, le fait ne s’étant pas reproduit dans les cas suivants.

Dans la deuxième, avec ablation du ganglion gauche, les sensibilités tactile et olfactive sont conservées et il n’y a pas davantage de troubles de nutrition de la muqueuse.

Dans la troisième et la quatrième, PRÉVOST s'adresse à des chiens qui ont déjà servi à d’autres expériences ; ils sont, de plus, galeux. Il remarque, chez l’un d’eux, après ablation du ganglion gauche, une altération notable de la muqueuse nasale, mais il l’attribue à un trouble général de la nutrition chez un animal profondément atteint et pense que ce trouble local, qui est à rapprocher d’une fonte purulente de l’œil chez

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le même chien, est dû à l'introduction intempestive dans la narine, du thermomètre destiné à rechercher l’action de Pexpérience sur la température, Cette action, difficile à contrôler, paraît d’ailleurs inappréciable,

Dans les expériences G et 7, PRÉvoOsT fait, dans l’une, la section de la branche naso-palatine des deux côtés; dans l’autre, la section du tronc maxillaire supérieur gauche.

Les faits observés sont les suivants : toutes les fonctions des narines sont conservées, ainsi que la nutrition et la sécrétion de la muqueuse, Cependant, dans la sixième expérience, la muqueuse du cornet inférieur gauche est injectée et moins ferme, un peu boursouflée et flétrie. Les cornets Supérieurs sont restés indemnes. En outre, après ces sections, PRÉvosT ayant remarqué que dans certains nerfs toutes les fibres n'étaient pas dégénérées, celles restées saines ne pouvaient provenir que du Ganglion ou du nerf Vidien, mais il insiste sur ce fait que l’altération de la muqueuse est due beaucoup Plus à la section ou à la contusion de la branche naso-palatine qu’à l’ablation du Ganglion.

IDASFRIE 6 Expériences.

Dans les Expériences 8, 9 et 10, Prévosr étudie le rôle du Ganglion relativement à la circulation, à la sécrétion de la muqueuse nasale et aux mouvements de la gaine fibro-musculaire de l’œil.

EL — Dans ce bui, avec JOLYET, il électrise le Sanglion du côté droit sur un chien vivant non Curarisé, après avoir fait la section du tronc maxillaire au-dessus du Sanglion. Le courant très faible est envoyé par un petit appareil de Gaiffe. PRÉvosr observe les phénomènes suivants :

1° Mouvements de déglutition, Petit tremblement de l’œil ;

2° Ecoulement abondant du mucus nasal par la narine droite ;

3° Elévation notable de la température de la narine droite et de la joue droite. N. D.: 33°9; N. G.: 31°9.

IL. — Pour éviter les phénomènes de diffusion du courant électrique, PRéÉvosr Curarise préalablement Je chien et isole le paquet nerveux du muscle ptérygoïdien interne à l’aide d’une baguette de verre. Une premiere fois, il électrise les nerfs sans toucher au Ganglion. I] observe un abondant écou-

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lement de sérosité du côté de la narine correspondante, ainsi qu’une élévation de température. En second lieu, il sectionne les branches dentaire supérieure et Sous-orbitaire du nerf maxillaire supérieur et électrise le ganglion : mêmes phéno- mèênes.

IT. — Dans la dernière expérience, PRÉVOST, ayant sectionné une petite artère de la face, électrise le Ganglion, mais n’observe pas de diminution de l'écoulement sanguin. Il électrise ensuite le bout central du Pneumogaëtrique (qui est solidaire du Sympathique chez le chien) et n’observe aucun Phénomène du côté de l'œil et du nez. Il conclut de ce dernier fait que la sécrétion exagérée de la narine et l'élévation de la température dépendent de l’action du Ganglion, puisque l'électrisation du bout central du Grand Sympathique ne produit point ces phénomènes.

Comme conclusions générales, PRÉvOsT déclare :

€ DE NOMBREUSES EXPÉRIENCES D’ABLATION DU GANGLION M'ONT PERMIS DE CONSTATER :

A. — L'Insensibilité du Ganglion signalée par C. Bernard;

B. — L'Intégrité de la nutrition de la muqueuse nasale et du sens de l'olfaction à la suite de cette ablation.

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