IV. — Au point de vue clinique
1° La dénomination du « syndrome du Ganglion de Meckel > est défectueuse.
2° La dénomination de syndrome du système, du carrefour, du bloc sphéno-palatin, ne peut être qu’une appellation d’attente : elle masque l’ignorance où nous sommes du rôle de chacun des différents nerfs de la région dans la genèse des symptômes dont il s’agit de déterminer l’origine.
Nous joignons à ces résultats ceux obtenus par les mêmes auteurs, dans leur étude expérimentale faite en 1926 et exposée dans le Bulletin d’'O. R. L. Inter., N° 9, de septembre 1926. De leurs différentes observations, il résulte que « ni la suppression du Ganglion de Meckel, ni la section du nerf maxillaire supérieur au niveau de la fosse ptérygo-maxillaire, ni l’excision simultanée de l’un et de l’autre, n’entraînent dans les 3 et 4 mois qui suivent, de modification appréciable dans la structure de la muqueuse, ni aucun phénomène de dégénérescence. L’infiltration leucocytaire, signalée dans quelques cas, ne paraît pas liée à l’opération, puisqu'elle apparaît tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. S’il est encore préma-
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turé de refuser tout rôle trophique aux éléments du bloc sphéno-palatin, du moins pouvons-nous affirmer que ce rôle, s’il existe, n’est pas indispensable, puisque sa suppression n’entraîne aucun trouble nutritif local. »
Les expériences de PRÉvosr et celles dont nous venons de parler, montrent que la part qui revient au Ganglion de Meckel, en tant que centre hypothétique du réflexe naso-faciooculaire, est relativement faible. En effet, il ne tiendrait en somme sous sa dépendance ni la sensibilité, ni la trophicité de la muqueuse nasale, ni aucun des phénomènes observés au niveau de l’œil lorsqu'on cherche à déclancher le réflexe. Le Ganglion semblerait simplement avoir une action modificatrice sur le degré d’humidité et l’état de la température de la pituitaire. Il faut donc aller chercher ailleurs les éléments vraiment actifs de notre arc réflexe, sans en vouloir cependant déceler le centre, qui est vraisemblablement multiple, et dont la localisation échappe encore aux recherches des Physiologistes. Nous étudierons donc le rôle du Sympathique et de son antagoniste le Système Para-Sympathique dans le Réflexe naso-facio-oculaire.
Le Sympathique et le Système para-sympathique
La vie végétative est tributaire, à tout instant, de deux importants systèmes de nerfs, qui, d’une façon générale, ont des fonctions diamétralement opposées et qui équilibrent précisément leurs effets parce qu’ils se contrarient réciproquement. Ces deux systèmes antagonistes sont le Sympathique et le Para-sympathique. Par les fibres, qu’ils envoient aux vaisseaux et aux glandes, ils règlent leurs tonus vaso-moteur et sécrétoire et président ainsi à la nutrition des tissus, qui n’est autre que la « résultante » (BERTEIN) de l’état de tonicité des vaisseaux et des glandes. De même que les nerfs moteurs de la vie de relation, Sympathique
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et Para-sympathique sont des nerfs centrifuges ; ils contiennent bien, il est vrai, quelques fibres centripètes, mais en proportion si minime que pratiquement elles peuvent être considérées ici comme négjligeables. Par conséquent, ces deux systèmes, envisagés en tant qu’éléments de l’arc réflexe, constituent dans les organes qui nous intéressent, l’œil et le nez, des voies de retour de l’influx nerveux. Quant à la voie d'aller, elle est constituée par le Trijumeau, puisque le nerf Olfactif ne joue aucun rôle dans la production du Réflexe (le humage de parfums ne provoque pas de changements du pouls; au contraire, celui de substances irritantes, telles que l’ammoniaque, les sels anglais, agit comme l'excitation mécanique. — P. E, WEIL).
Que fait une excitation partie de la pituitaire ? Elle est recueillie par les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses en T situées dans le ganglion de Gasser. Celles-ci transmettent ces impressions à la cellule ganglionnaire, laquelle les envoie par son axone vers les centres nerveux, pour y être perçues. La réunion de tous les cylindraxes des cellules gassériennes constitue la racine sensitive du Trijumeau, qui pénètre dans l’axe cérébro-spinal au niveau de la Protubérance. Dans la Protubérance, cette racine se divise en deux parties : une descendante, la plus volumineuse, va jusqu’au niveau du premier nerf cervical, l’autre ascendante, très courte, finit dans le noyau terminal du Trijumeau. Ici naissent d’autres fibres qui traversent la ligne médiane, vont se joindre au Ruban de Reil, du côté opposé et vont