‹ Le régent, l'abbé Dubois et les AnglaisChapitre 180 sur 209 · En anglais. Domestic Varions^ n · texte numérisé non relu

En anglais. Domestic Varions^ n

Mais pour ce qui serait de faire avec la France un traité à l'exclusion des États, le prince ne peut pas s*empécher de trouver d*un grand poids les appréhensions exprimées par M. Walpole, dans sa lettre, qu'une telle démarche ne produisit de fatales conséquences en entraînant les États dans la politique française; et ceux qui ont Thonneur de servir le roi ici sont de la même opinion, que les Hollandais ne seraient pas satisfaits d'être engagés avec l'Angleterre seule, mais qu'ils se regarderaient plutôt comme abandonnés du roi, si l'alliance avec la France devait se faire sans eux; et alors, probablement dans cette humeur, les artifices et la faction des Français en Hollande les séduiraient bientôt et les pousseraient à se jeter entièrement dans les bras de la France.

Tel est, aux yeux de S. A. R., le cours que, dans ce cas, les affaires prendraient très probablement en Hollande ; et par cette raison, elle juge que M. Walpole devrait avoir ordre d'employer tous ses efforts à obtenir Tacquiescement des États à l'article de la garantie générale seulement. Justement, le Pensionnaire et ses amis ont du temps devant eux pour en venir h bout par leurs insinuations, puisque les conférences devront être suspendues tant que le point de Mardick sera en discussion ; et pour rendre les efforts de M. Walpole plus faciles et plus heureux, il faudra, lorsque le marquis de Prié arrivera en Hollande, s'appliquer très sérieusement à écarter ces brandons de discorde entre l'Empereur et les États. Si on y parvenait, cela rendrait une garantie française aussi peu nécessaire qu'elle doit être impopulaire dans ce pays-là. Mais S. A. R. soumet ces idées sur ce délicat et important sujet à l'examen de Sa Majesté.

Le prince est d'accord avec M. Walpole sur la communication à faire aux députés pour les Affaires étrangères de ce qui a été traité entre vous et l'abbé du Bois. S, A. R. juge qu'ils doivent être dans une très grande inquiétude si on ne les informe de rien; et en même temps, elle pense que ce traité a été mis sur un si bon pied par Sa Majesté et si bien établi même dans l'intérêt de la Hollande, que les députés ne pourront éprouver que de la satisfaction à apprendre ce qui s'est passé. C'est pourquoi j'écris par cette poste, sur l'ordre de S. A. R., à M. Walpole afin de lui faire connaître qu'il peut consentir à ce que le

Pensionnaire communique toute cette négociation aux députés pour les Affaires étrangères en grande confidence et avec stricte obligation de garder le secret.

Quant au point de Mardick qui doit se régler ici par un envoyé de France, S. A. R. a fait réflexion que si M. d'Iberville devait être la personne désignée, comme il est tout probable qu'il le sera en effet, ce ne serait pas une agréable perspective pour le succès de la négociation. Ce personnage est si mal disposé envers Sa Majesté et la famille royale; il est dans une intimité si bien établie avec le parti jacobite d'ici, que le prince croit qu'il trahira infailliblement auprès de ces gens tout ce qui se passera dans les conférences et qu'il fera son possible pour gâter l'affaire. Aussi le prince pense-t-il que si le Régent n'a pas réellement Tintention d'amener le traité à bonne fin, il ne peut pas le mettre en meilleures mains que celles de M. dlberville, pour le ruiner. Mais s'il a à cœur de finir l'affaire à notre satisfaction, il faut qu'un autre ministre en ait la conduite; et S. A. R. est d'opinion que nul ne conviendrait mieux pour nous être envoyé que l'abbé du Bois lui-même. Il y a été employé jusqu'ici. 11 a conclu heureusement quelques points. Très probablement après le chemin qu'il a déjà fait, il se piquerait d'amener à une heureuse fin cette grande affaire ; et à ce compte, il apporterait plus de sincérité et de facilité dans la négociation.

Le roi abandonne l'idée de laisser la Hollande en dehors du traité.

Le Régent approuve ce que Tabbé Dubois a fait à Hanovre.

L'abbé est malade. Le roi n'est pas d'avis de l'envoyer à Londres.

/. Stanhope à lord Townshend,

Hanovre, 15 septembre 1716 ^.

Le roi approuve sa lettre relativement à l'admission de la Hollande au traité qui est sur le tapis avec la France.

Page 1