‹ Le RégentChapitre 29 sur 196 · Bec. Off'., France, vol · texte numérisé non relu

Bec. Off'., France, vol

1. Cette région était alors si difficile et si pauvre que le colonel Stan- ■hope raconte que de Toulouse à Montlouis, « dans les plus rudes pays et chemins du monde », il perdit plusieurs chevaux et eut beaucoup de peine aies remplacer. Lett. à Craggs, Montlouis, 19 septembre 1719. — En français. Rec. Off., France, vol. 358. A ce propos. Alvarez de Colmenar, auteur d'un fort bon ouvrage, Annales d'Espagne et du Portugal, avec la description de tout ce qu'il y a de plus remarquable... Amsterdam, 1741, dit :•« Le maréchal passa ensuite avec son armée du côté du Roussillon, et fit, en traversant les montagnes des Pyrénées, une marche d'autant plus surprenante qu'elle est sans exemple >;. T. II, p. 339. A cette époque, parmi les capitaines, les voyageurs, les géographes, il n'y a qu'une voix •sur l'horreur des chemins dans les Pyrénées.

de n'être pas tourné, le maréchal investit par terre la forteresse maritime de Roses, destinée à devenir sa base d'opérations. Mais la tempête, secourable cette fois à l'Espagne, détruisit la flottille qui portait au camp français l'artillerie et les munitions (6 novembre 1719). La flotte anglaise de la Méditerranée, qui devait coopérer, ne parut point à cause des redoutables fureurs du golfe du Lion à l'arrière-saison ; et le maréchal revint prendre ses quartiers d'hiver dans le Roussillon.

La campagne se termina ainsi de ce côté. Le Régent (cela n'est-il pas clair?) avait fait le moins de mal possible à son ennemi. C'était par d'autres voies que la querelle devait prendre fin. Cette guerre, autant qu'il était en lui, n'avait rien eu de l'âpreté de ce que Dubois avait appelé guerre civile \ ni de ce qu'on appelle guerre de famille.

Philippe V, après sa triste campagne de Navarre, commençait à ouvrir les yeux à l'évidence et à soupçonner la nécessité de la paix, puisqu'il était si totalement incapable de soutenir la lutte à main armée.

Les Hollandais lui en donnaient le conseil. Mais il fallait préalablement que le Prétendant quittât l'Espagne, où sa présence, même après le désastre de la flotte, était la pire et la plus offensante des menaces pour George Ier. Philippe Y ne savait comment retirer son hospitalité au prince qu'il avait salué si bruyamment du titre de roi d'Angleterre peu de mois auparavant, lorsqu'arriva la nouvelle que la fiancée de Jacques, la princesse Sobieski,

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