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CHAPITRE II

La conquête et la formation cléricale de l'enfance

A. Les Ecoles

De tout temps, dans notre pa\s. les cléricaux ont accordé à la question de la formation de l'enfance une importance j)répondérante. Dans leur préoccupation incessante de se créer de nouveaux partisans, ils ont pleinement saisi la portée de ces mots célèbres : « Donnez -moi l'âme de l'enfant et je veux bouleverser le monde ! » Sans cesse ils se sont efforcés de modeler les enfants à leur image et, à cet égard, l'école, l'école qu'ils disent libre, l'école confessionnelle, leur est apparue comme devant être leur œuvre magistrale.

Il serait bien difficile de ne pas reconnaître que c'est surtout le souci de former sans cesse de nouveaux catholiques, soutiens futurs du Parti clérical, qui leur fait accepter les sacrifices énormes et permanents qui seuls permettent de continuer cet effort.

M. \^erhaegen fils n'a-t-il pas dit : « Faites-nous de bonnes écoles et nous ferons de bons électeurs ! »

Et M. Verhaegen père n'écrivait-il pas, au lendemain des élections du I o mai 1910, dans la Revue sociale catholique :

« ...Rien ne permet de penser que le (iouvernemcnt ne pourra pas compter sur l'unanimité de ses amis pour doter à bref délai le pays d'une meilleure loi scolaire.

» S'il fallait pour y amener tous les membres de la droite un argument nouveau, ce serait dans la proportion insuffisante des suffrages que donnent aux catholiques les nouveaux électeurs qu'on pourrait le puiser,

» Nous avons obtenu en 1908 et 1910 plus de la moitié des suffrages exprimés dans le pays entier, alors que les nouveaux électeurs de 1906 à 1910 ne nous apportent qu'un tiers des suffrages qu'ils ont émis. N'est-ce pas là l'indice que l'enseignement reçu par ces nouveaux électeurs n'a réussi à former parmi eux

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qu'un tiers de catholiques, contre deux tiers d'indifférents ou d'adversaires de la religion?

» Il est indubitable que si pareille proportion devait se maintenir, les électeurs catholiques ne tarderaient pas à devenir minorité dans le pays. »

Il n'apparaît guère, d'ailleurs, que la totalité des catholiques de Belgique soient partisans de cette confessionnalisation à outrance, qu'ils n'estiment pas indispensable au développement normal de leurs enfants. L'usage inconsidéré que le haut clergé et les dirigeants de la politique cléricale belge entendent faire de la liberté d'enseignement, droit que personne ne leur conteste, ne trouve pas une approbation unanime dans le monde catholique, qui comporte, au point de vue religion, l'immense majorité de nos concitoyens. En fait, si les écoles publiques ne devaient être fréquentées que par les enfants de libres-penseurs, de protestants ou d'Israélites, il apparaît que leur population serait à ce point réduite qu'aucune commtuie ne pourrait consentir plus longtemps à s'imposer les sacrifices inséparables de l'organisation de l'enseignement public.

Les écoles officielles en général, là où elles sont en concurrence avec les écoles libres sont mieux peuplées que ces dernières. Deuxi tiers des enfants fréquentant, comme nous le verrons, les patronages, suivent en semaine les cours de l'école communale ; 3 p. c. seulement des enfants ici ne font pas leur première communion ; 25,954 seulement ^ sur 511,000 élèves, soit 2 p. c, qui fréquentent les écoles communales sont dispensés du cours de religion ! Comment soutenir raisonnablement, dans ces >;onditions, que les pères de famille, pour ainsi dire tous de religion catholique, n'ont pas leurs apaisements quant à l'école neutre et laïque ! S'il est vrai que les sectaires et les fanatiques aussi bien que les politiciens requièrent une cléricalisation à outrance, seule capable de leur préparer la formation de nouveaux partisans, il n'en est pas moins certain qu'aucun catholique raisonnable et pondéré n'estimera qu'il soit désirable d'inculquer sans mesure à des cerveaux d'enfants âgés de six à dix ans des principes dogmatiques et philosophiques dont ils ne peuvent saisir la portée. Et, avec nous, ils estimeront sans doute que c'est la vie familiale, peut-être aussi l'influence de la rue, qui sont les déterminantes du degré moral des enfants.

Mais nous n'entreprendrons pas ici une dissertation, même purement documentaire, pour établir le bien-fondé ou l'erreur sur lesquels reposent les prétentions des apôtres du cléricalisme. Dans

' Réponse faite par M. le Ministre des Sciences et des Arts, le i avril 1911, à une question visant cet objet à la Chambre.

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un ouvrage qui vijudraii embrasser toutes les formes des manifestations de la vie sociale et politique du Parti catholique, il n'est guère possible, malgré tout l'attrait c[u'offrc la cjuestion, de s'étendre sur les écoles autrement qu'en raison de son caractère d'œuvre sociale.

Les controverses passionnantes autant que jjassionnées qui se sont fait jour récemment à l'occasion de la discussion de la réforme scolaire, ont fourni, au surplus, à l'ojiinion publique tous les éléments susceptibles de l'éclairer et il faudrait écrire des volumes pour reproduire, dans leur entièreté, les arguments ou les thèses ciui furent proposés dans ce grand débat,

La question scolaire séparera toujours, comme elle les a toujours séparés, les partis politiques de notre pays. Des lois ont été proposées et promulguées, tour à tour par les libéraux et les catholiques, reflétant invariablement chez ceux-ci les tendances propres à leur parti et soulevant chaque fois les mêmes et passionnantes discussions.

Les libéraux veulent un enseignement à base purement scientifique, neutre, laïque et obligatoire : l'école pulslique qui remplirait ces conditions satisferait, d'après eux, l'idéal constitutionnel en matière d'enseignement. Leur avis rallie l'adhésion des socialistes, encore que ceux-ci estiment peut-être avec raison que la neutralité telle qu'elle est comprise de nos jours ne leur donne qu'une satisfaction relative.

Les cléricaux, qui ne peuvent se rallier à l'école ainsi comprise, veulent un enseignement confessionnel et une éducation de l'enfance empreinte d'une atmosphère religieuse, seule capable, à leurs yeux, de maintenir la jeunesse clans la voie chrétienne, .adversaires jusque dans ces derniers temps de l'obligation, ils accepteraient celle-ci si le père de famille catholique avait le libre choix de l'école — ce que personne ne lui conteste, — mais qui, suivant la thèse cléricale, n'est réel que si les subsides officiels assurent la stabilité de l'école libre, comme ils la donnent à l'école publique.

Nous ne reprendrons pas la discussion des lois de 1842 et 1879, qui ont naguère présidé aux. destinées de l'enseignement en Belgique. Le cadre de notre travail, qui veut que nous poursuivions uniquement la critique du régime clérical, plus spécialement depuis 1884, nous ramène à cette époque, qui vit d'ailleurs naître une nouvelle loi scolaire.

En vertu de la loi du 20 septembre 1884, il y avait dans chaque commune au moins une école établie dans un local convenable. La commune pouvait adopter une ou plusieurs écoles privées ; dans ce cas, sauf réclamation du maintien de l'école communale, formulée par vingt chefs de famille ayant des enfants

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en âge de fréquenter l'école, et avis conforme de la Députation permanente,, le Roi pouvait dispenser la commune de l'obligation d'établir ou de maintenir une école communale.

Les communes pouvaient inscrire l'enseignement de la religion et de la morale en tête de leur programme, mais la fréquentation des cours de religion était facultative pour les enfants.

La loi du 15 septembre 1895 décrète la religion obligatoire, sauf pour les enfants dont les parents demandent la dispense.

D'après des instructions ministérielles, lorsque l'école ne con^pte aucun élève dispensé du cours de religion, l'instituteur donne à son enseignement le caractère confessionnel.

Elle reconnaît l'existence de trois sortes d'écoles pouvant être subsidiées par l'Etat :

I" Les écoles communales proprement dites ;

2'' Les écoles adoptées, c'est-à-dire dues à l'initiative privée, se soumettant à certaines conditions prévues par la loi et assurant l'instruction aux enfants indigents, moyennant subvention des communes ;

3" Les écoles adoptables comportant les conditions légales de l'adoption. Celles-ci peuvent réclamer les subsides de l'Etat au même titre que les autres écoles, à condition qu'elles veuillent se soumettre à certaines prescriptions imposées par la loi. Ici, les communes et les provinces ne sont pas tenues d'intervenir.

Les écoles ne peuvent être subventionnées par l'Etat que si elles sont suivies par vingt élèves au moins ayant droit à l'instruction gratuite et en raison du nombre moyen de leurs élèves.

La loi de 1884 permettait à l'Etat, aux provinces et aux communes de subsidier les écoles adoptables. Toutefois, on ne s'empressa guère, à peu d'exceptions près, d'user de la permission. Malgré les récriminations de M. Woeste, ce ne fut qu'à dater de 1894 que le Gouvernement inscrivit un premier crédit de trois cent mille francs pour celles-ci.

Comme nous venons de le voir, l'année suivante la loi Schollaert mit les écoles adoptables, au point de vue de la répartition du subside de l'Etat, sur le même pied que les écoles communales et les écoles adoptées.

Les communes et les provinces conservent toujours la permission de subsidier.

Puis vint le million dit « des couvents ». Mais, peu à peu, sous la poussée des éléments les plus sectaires, la nouvelle loi Schollaert exigeait davantage ; elle voulait l'obligation du subside pour les provinces et les communes, obligation qu'on n'osait pas inscrire nettement dans la loi, mais qui se réalisait de façon détournée par la création du bon scolaire.

IGD Le Régime clérical en Belgique.

On sait ce qu'il en advint depuis.

La remarquable enquête scolaire faite en 190O par le très érudit professeur de ITniversité libre de Bruxelles M. Herbert Speyer avait déjà éclairé d'un jour singulier les agissements du Parti clérical dans ce vaste domaine de l'instruction de l'enfance et de la jeunesse et mis à jour la valeur médiocre de l'enseignement confessionnel.

Le beau discours prononcé en 1910, au Sénat, {)ar .\1. Wiener, les discours plus récents prononcés lors du mouvement national de protestation contre le projet scolaire par MM. Buis, Janson, Hymans, Vandervelde, Anseele. Wauters, Goblel d'Alviella, Masson, Huysmans, Meclielynck, Hector Denis, Cocq, Buyl, Franck, Rover, et tant d'autres, ont consacré de façon éclatante non seulement l'inanité de la thèse anticonstitutionnelle des cléricaux, mais flétri la politique sectaire poursuivie par ceux-ci en matière scolaire.

On peut se demander ce qu'il serait resté, au bout de peu de temps, de l'enseignement public si le coup scolaire avait réussi, surtout lorsque l'on envisage l'appoint formidable qu'auraient sans conteste apporté les œuvres cléricales dans la distribution des bons. Leur liste est longue :

i" Les œuvres paroissiales : Confréries du Très Saint Sacrement et Ligues eucharistiques ;

2" Les patronages ;

3" Les maisons et cercles d'ouvriers ;

40 Les secrétariats permanents d'œuvres sociales ;

50 Les Conférences de Saint-Vincent de Paul ;

6" La Sainte-Famille ;

7" Les Xavériens :

8'' Les Tertiaires ;

9" L'Œuvre de la défense de la Foi : iQp L'Action catholique ;

I I" Les associations d'étudiants et les jeunes-gardes ; 12" Les congrégations religieuses; 13° Les Comités de Saint-François Régis ; 140 Les comités scolaires ; I 50 L'Education familiale ; 16" Toutes les œ-uvres féminines, etc.. etc.

Nous aurons, au surplus, à définir le rôle de chacune d'elles au point de vue du recrutement des écoles. Le concours des militants de toutes ces œuvres, religieuses, charitables ou politiques, orgajiisées de tout temps pour la plupart en vue des visites à domicile el disi)osaiit de moyens aussi nombreux que divers pour la clcricalisalidn des masses, facilitée i)ar leur pauvreté, était

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escompté, sans aucun doute, par les auteurs du projet. Les discours prononcés récemment, lors de l'apothéose louvaniste, ayant laissé entendre que le projet Schollaert restait debout et réapparaîtrait sur la scène politique avec quelques modifications, les renseignements que nous fournissons par ailleurs sur l'activité de ces œuvres innombrables contribueront, nous l'espérons, à éclairer l'opinion publique sur le plan machiavélique que cachait le bon scolaire. De plus en plus, il apparaît que les cléricaux sont fatigués, comme l'a d'ailleurs déjà constaté M. Woeste, de devoir faire face aux dépenses énormes auxquelles sont soumis leurs budgets privés. Divers rapports présentés au Congrès de Malines ont 'lonné des preuves non équivoques de cette lassitude, et nous trouvons notamment, dans les conclusions présentées par M. Gaston délia Faille, ces indications :

;< Malgré nos brochures, malgré les articles de journaux et la propagande, beaucoup de catholiques anversois ignorent encore aujourd'hui tout ce que la situation de nos écoles a de pénible et l'urgente nécessité de plus grands sacrifices financiers.

» La quête à domicile de certains curés ou vicaires laisse à désirer : beaucoup de ressources se trouveraient si tous les paroissiens étaient sollicités.

» Malgré l'accord établi de partager toutes les ressources entre toutes les écoles, certains prêtres quêtent pour l'école de leur paroisse.

» Beaucoup de paroisses manquent d'écoles catholiques. » Le Denier des écoles est une œuvre populaire et donne bien, je crois, tout ce que l'on peut attendre de la classe à lacjuelle il s'adresse. Il importerait d'y intéresser davantage les riches, qui devraient assurer le sort d'autant d'écoles qu'il en faut. Pour cela il faut : une propagande plus intense, des quêtes à domicile par le curé et combattre le luxe effréné, obstacle aux grandes libéralités, par des sermons, retraites, journaux, etc. »

D'autres renseignements nous sont fournis par un deuxième rapport présenté au même Congrès, par le Rév. P. Thibaut, sur la situation de l'enseignement secondaire libre :

« La situation conquise par les catholiques belges, dit ce rapport, dans l'enseignement secondaire est vraiment privilégiée, imique même en Europe. C'est un des plus beaux triomphes de notre liberté d'enseignement.

» Deux chiffres suffisent à le montrer : au 3 i décembre 1905, la population scolaire était de 6,028 élèves pour les athénées et de 16,538, soit près du triple, pour les collèges libres.

» Dans cet enseignement libre, les humanités gréco-latines occupent la place principale : elles constituent presque un monopole

en regard de l'enseignement de l'Etat. En effet, cette section ne comptait, au ,31 décembre 1903, que 1,468 élèves dans les athénées, contre 9,116 dans les collèges libres, soit près du sextuple.

» On ne peut se défendre d'un sentiment d'admiration devant cet effort permanent de la générosité catholique : l'enseignement libre affirme sa prépondérance dans la section secondaire plus encore que dans la section supérieure et la section primaire : ce qui est dire beaucoup quand les termes de la comparaison sont des œuvres comme la glorieuse Université de Louvain et la magnifique organisation des écoles primaires catholiques de nos villes et de nos campagnes.

» Une situation aussi florissante doit nécessairement provoquer l'opposition de nos ennemis : cette hostilité existe et nous expose non pas seulement à de redoutables éventualités, si nos adversaires deviennent les maîtres, mais dès maintenant déjà à des menées sournoises et concertées. Bien plus, on ne prend pas même toujours la peine de se cacher : on va jusqu'à dénoncer la liberté dont les catholiques ont le tort de faire un si fructueux emploi. »

Enfin, les renseignements tirés d'un troisième rapport, présenté au Congrès par le Frère Macaire, permettent de se rendre compte de l'activité déployée par ime seule congrégation sur le terrain scolaire. Il s'agit des Frères des écoles chrétiennes, dont les écoles, à tous les degrés, sont disséminées dans le pays entier. Voici leur population scolaire pour l'année 1908- 1909 :

106 écoles primaires 23.023 élèves

4 — dominicales 251 —

4 — d'adultes I.-036

4 — de dessin 429 —

20 — moyennes Ij473 —

10 sections d'humanités modernes . 2,387 —

2 écoles normales primaires 295 —

I section normale moyenne 35 —

7 écoles professionnelles Saint -Luc . . . 2,600 —

4 — industrielles 822 —

I école moyenne supérieure d'agriculture . 55 —

1 — d'horticulture 25 —

2 écoles moyennes commerciales ... 45 —

Soit 32,476 élèves

Etant donnée cette activité déployée par une seule congrégation, on peut se demander ce que doit être le travail de propagande fourni, par la création d'écoles et d'œuvres, dans tout le pays, par l'ensemble des congrégations.

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D'après un relevé publié par V Annuaire du clergé, il y a en Belgique au moins 2,437 couvents, ainsi répartis :

Anvers 152 279

Brabant 344 458

Flandre occidentale. . . . 249 423

Flandre orientale .... 298 412

Hainaut 443 332

Liège 342 169

Limbourg 206 100

Luxembourg 231 75

Namur 364 189

Totaux . . . 2,629 2,437

Ces chiffres sont en dessous de la réalité, car V Annuaire statistique officiel indique, comme recensés en 1900, 2,474 couvents et 37,905 religieux et religieuses ; depuis 1900 le nombre des couvents et des religieux n'a pas cessé de croître.

Quelques situations frappent spécialement : aucune commune sans couvent dans les arrondissements d'Eecloo, de Saint-Nicolas, de Thielt et de Roulers, une commune sans couvent dans l'arrondissement de Courtrai, deux dans chacun des arrondissements d'Ostende et d'Ypres, trois dans l'arrondissement de Termonde, quatre dans chacun des arrondissements de Bruges, de Dixmude et d'.\nvers, cinq dans celui de Malines.

Et l'on peut se demander où s'arrêtera cette invasion de congréganistes qui, accueillis ou invités à venir s'installer en Belgique, naturalisés en masse, valent certainement au Parti clérical depuis 1900 non seulement de gros bataillons de propagandistes, mais cette majorité de 16,000 voix qui lui permet de rester à la direction des affaires du pays !

Les vingt -sept années que les cléricaux viennent de passer au pouvoir leur ont donc permis de poursuivre — avec quel succès ! — la réalisation de leur politique scolaire et sectaire.

Si le projet qu'ils nourrissaient l'espoir de voir passer, malgré le pays, à l'état de loi, a eu pour conséquence inespérée de provoquer le ralliement de toutes les forces anticléricales, il nous a valu aussi une documentation fertile en révélations sur la situation actuelle réelle de l'enseignement en Belgique.

La Ligue de l'enseignement a assumé, sous la direction autorisée de son éminent président, M. Buis, la tâche lourde et difficile

de mener tome la campagne et celle non moins ingrate de synthétiser, pour les porter à la connaissance de l'opinion publique, les renseignements de nature à jeter la lumière complète sur le coup de force médité par les cléricaux.

L'activité inlassable déployée plus spécialement par le bureau de la Ligue, notainment par MM. Cocq, Sluys, Speyer, Smelten, Groeninkx, M'"e Houyoux, MM. Nyns-Lagye, Temmerman, et d'autres ; la collaboration précieuse apportée dans la lutte par M. A. Devèze et 'SI. Cnudde, le champion de l'enseignement officiel dans les Flandres ; par MM. Winnens, Cantiniaux, Devoogt, etc., tra\'aillant tous enseinble au salut de l'enseignement public, sous la présidence éclairée de M. Buis, ont secondé de la façon la plus heureuse, comme on a pu voir, l'action législative des mandataires de l'opposition. La presse libérale et socialiste fit le reste.

Nous n'avons donc qu'à puiser dans les documents réunis par les soins de la Ligue de l'Enseignement, pour reproduire la situation exacte faite actuellement aux écoles libres, aussi bien Cju'aux écoles officielles, dans le pays.

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