LES CORTÈGES
Dans les cortèges et processions, on chante les cantiques : Nous vouions Dieu, p. i 10 ; Le chant des Beiges à Lourdes, p. 128 ; Autour du successeur de Pierre, p. 133 ; Ave Maria de Lourdes, p. 124. Cinq partitions et l 'accompagnement pour cuivres sont expédiés par la maison Notre-Dame du Travail.
Franco o fr. 45 le cantique et i franc les trois cantiques avec les quinze partitions.
Des fiches sont dressées dans les paroisses avec tous les renseignements concernant les familles du ressort de celles-ci et pouvant intéresser la propagande. Nous avons sous les yeux un modèle de ces fiches.
Nous y voyons, après les mentions habituelles quant au nom, prénoms, âge, profession, domicile, résidence, mariage, etc., le curieux questionnaire que voici :
« ^Pratiques reUgieuses ?
» Etablissement où l'instruction a été reçue ?
» Ecoles fréquentées par les fils ?
» Ecoles fréquentées par les filles ?
» Quels sont les journaux régulièrement lus par l'intéressé ?
» De quelles sociétés et œuvres l'intéressé ou ses enfants fontils partie ?
» S'occupe-t-il de politique ?
» Est -il influent ? »
Ainsi, en conformité avec les instructions de l'Archevêché de Malines, les paroisses devaient devenir autant de petits secrétariats permanents d'action politique et d'œuvres sociales, agissant dans les quartiers de leur ressort. Si, comme nous le verrons bientôt, nous envisageons l'appoint inestimable que les Conférences de Saint-Vincent de Paul, rayonnant autour des paroisses, apportent déjà à celles-ci, avec leurs œuvres nombreuses autant que variées, leurs contingents de « visiteurs à domicile se juxtaposant aux bataillons de militants » — « apôtres laïcs », — se partageant la propagande dans les divers quartiers paroissiaux, on se ralliera à cette opinion que les paroisses offrent une base pratique, permanente et formidable à l'action générale des catholiques.
Nécessairement, le curé devenait, comme le disait M. Louis Jamart, au Congrès de Malines, « le centre et le moteur du groupement initial des catholiques organisé pour la lutte, pour l'apostolat, pour la conquête, et à ce groupement, ajoutait-il, c'est la paroisse qui doit fournir ses limites et ses cadres ».
Le curé, agent politique, docile aux ordres de son Evêché, devra s'efforcer de réunir autour de lui, des militants, des ouvriers capables avant tout de le seconder dans son laborieux ministère pour former les ligues et les confréries du Très Saint Sacrement.
Le. prétexte sera fourni par la nécessité d'assurer le salui de leur âme ; à cet effet, ils suivront les « Récollections mensuelles », comportant la récitation du chapelet, la bénédiction du Saint Sacrement, un cantique, une messe en commun, une communion générale et une courte instruction à l'Evangile. Puis, annuellement, moyennant payement d'une cotisation de lo à 20 centimes, ils auront droit à la retraite fermée, durant quelques jours, ainsi que nous venons de le rappeler plus haut.
Mais comment constituer une Confrérie ? Le Mémorial de l'Evêché de Tournai va nous le dire :
Tl faut d'abord former une Ligue préparatoire .
LIOUE PRÉPARATOIRE
Quand fant-ll la commencer?
Quand on le voudra, mais de préférence en hiver.
Comment fauxlra-t-ll procéder?
La taéthode suivie par Notre Seigneur dans le choix de ses premiers ouvriers apostoliques est et sera toujours la plus sûre.
Or, on ne voit nulle part qu'il ait auparavant fait appel à la masse ; pas un de ses futurs Apôtres n'est venu à Lui, à la suite de l'uno ou l'autre de ses grandes prédications.
Que fait -il ?
Il se recueille au préalable, dans la solitude et la prière : comme s'il eût voulu nous montrer que c"est pour un Pasteur d'âmes, un acte capital que le choix de ses futurs Collaborateurs.
Puis c'est sans éclat et sans bruit, c'est un à un, qu'il s'en ira les trouver lui-même et successivement : celui-ci à ses filets, celui-là à son comptoir... pour les inviter à l'honneur de partager sa missjon.
Ainsi procédera le prêtre qui voudra recruter les apôtres laïcs, indispensables à l'heure actuelle ; apôtres qui devront être ses Collaborateurs et former' son Cénacle. Prier... Réfléchir... puis agir d'âme à âme.
Combien faudra-t-il de Membres pour commencer?
Redisons -le de nouveau : Peu, peu, peu au début.
Trois, tout au plus cinq ou six, ce sera un maximum qu'on ne pourra guère dépasser.
Mais si. en dehors de ceux-là, il s'en trouve dans sa Paroisse, 10, 15, 20 peut-être dont il obtiendrait sûrement l'adhésion immédiate, pourquoi le curé ne la solliciterait -il pas ?
Le Directeur éclairé, s'il ne perd pas de vue le but essentiel de son œuvre, qui est. on ne saurait trop le redire, de promouvoir dans sa Paroisse l'apostolat ouvrier, n'en fera rien. Il saura prendre son temps vis-à-vis de ceux-là, pxour laisser à ses premiers Collaborateurs, le soin d'aller solliciter eux-mêmes leur adhésion.
On von de suite les avantages de cette tactique.
L'Organisation de la Propagande. 207
Il évite de provoquer des susceptibilités de la part de ceux qu'il aurait nécessairement omis, s'il était chargé lui-même du travail de recrutement ; il initie doucement, dès le début, ses Collaborateurs au travail d'apostolat ; il garde enfin par le fait même, vis-à-vis des nouvelles recrues, toute l'indépendance dont il aura besoin dans Je gouvernement de la Confrérie : indépendance qui eût pu en être amoindrie, si lui-même s'en fût allé à eux le premier.
— Mais tout au moins n'adresserait -il pas, du haut de la chaire, un appel général, en vue d'aider le recrutement?
Les rapports entre le Pasteur et ses ouailles varient trop d'une Paroisse à une autre pour que nous nous autorisions à donner ici une règle générale.
Disons seulement qu'à notre avis, un appel direct n'aurait souvent d'autre résultat que celui de donner prise, davantage encore, au respect humain . ■,
Peut-être en serait -il autrement, si le Pasteur zélé saisissait directement les occasions qu'il aura de relever l'œuvre, soit en public, soit en particulier ; de dire combien elle lui est chère à l,ui-même et à l'E'glise, combien elle est en harmonie avec les nécessités actuelles de la famille, de la paroisse, de la société, etc.
Résumons -nous : Cinq ou six hommes, recrutés lut à un et intimement, tel sera le premier noyau, réparti, autant que possible, dans les divers quartiers et de telle condition qu'ils puissent constituer le premier Comité de l'œuvre.
De quelle condition seront les premiers menibres?
Il ne faudra jamais perdre de vue que, dans une société égalitaire comme la nôtre, les laies appelés à exercer l'apostolat auprès de la masse, devront en refléter les mœurs, les aspirations et même parfois le langage.
Or la masse qui est l'objectif de la Confrérie, se composant du monde ouvrier, agricole et industriel, il faut que les premiers membres, qui en seront les apôtres par excellence, appartiennent, en majorité du moins, au monde ouvrier.
Age. — Si l'on veut que l'élément jeune entre dans la Confrérie, il importe qu'il soit largement représenté parmi les membres fondateurs, sans exclure cependant l'un ou l'autre hommç d'âge mûr.
Qualités. — Qu'ils soient avant tout des chrétiens sûrs ; qu'ils soient aussi sympathiques, actifs, intelligents.
Les premières Réunions
Faudra-t-il les annoncer au Prône?
Non ; ni au début, ni dans la suite.
Dans beaucoup de Paroisses où la Confrérie a pris une grande extension, on recourt avantageusement aux convocations par la poste, qu'on se procure à bas prix à l'imprimerie du Cénacle à Manage. On est parvenu à pouvoir même s'en passer, dans les Confréries oii les membres du Conseil ont été sérieusement formés à l'exercice de l'Apostolat, au sein de leurs quartiers respectifs.
Ce dernier mode est certes l'idéal, si l'on veut assurer l'assistance aux exercices de la Confrérie .
Oii se tiendront les premières réunions?
Au début et aussi longtemps qu'on en restera aux 5 ou 6 membres fondateurs, la réunion aura lieu dans un local privé : à la cure, au cercle.
ou dans une maison particulière et dordiiiajre. le premier dimanche du mois. Elle ne pourra guère dépasser 20 à 25 minute*.
Quel en sera l'objet?
Dès la première réunion, le caractère religieux de l'œuvre s'accentuera nettement. Le Directeur aura eu soin de se munir au préalable d'un stock de manuels dits Hosanna. qui sera en dépôt au local de la réunion.
L'un ou l'autre membre laïc, faisant fonction de Président, est prié par le Directeur de faire à haute voix les prières ou lectures. Les assistante alternent avec lui ; et ce. dès la première réunion.
EXTENSION DE L.\ LiGUE
Ces! avant tout, grâce à l'apostolat à exercer par chacun des membres fondateurs, au sein de leurs quartiers respectifs, que l'œuvre doit s'étendre progressivement.
.Aussi, dès la première réunion, le Directeur s'efforcera -t-il de stimuler en eux l'esprit d'apostolat, en mettant en relief le but de la Confrérie. ^( Art. II des statuts, Hosanna! p. 130) et la mission des chrétiens d'élite, à l'époque actuelle. Puis sans s'arrêter à la simple théorie, on repassera ensemble, à la fin de la réunion, les divers quartiers, en assignant à cliaque membre le ou les meilleurs Paroissiens dont il pourra aller solliciter l'adhésion, durant le mois qui va suivre.
Les membres recruteurs veilleront à signaler au Directeur les nouvelles recrues et à les accompagner, pour les présenter à la réunion du mois suivant.