Vildé-la-Marine réuni plus tard à Hirel
Incurables, puis Saint-Yves, la Fraternité (pour les orphelins), Saint-Méen (pour les aliénés). Avant la révolution ils avaient de grandes ressources, étant dirigés par des ordres religieux riches et gratifiés de fréquentes donations particulières. Ils possédaient en rentes foncières ou en privilèges, un revenu d'environ 50 000 écus. Il fallait y ajouter encore une somme considérable provenant d'un octroi très rémunérateur. La Révolution modifia tristement cette avantageuse situation. Les ordres religieux furent proscrits; ceux mêmes qui se consacraient aux soins des hôpitaux partagèrent l'infortune commune ; telles que les Filles de Saint-Thomas, de l'Hôpital général, les Hospitalières de la Fraternité, ‘les Augustines de Saint-Yves'. Les malades n’eurent pas à se louer de leur dispersion, car elles furent bien imparfaitement remplacées. Durant la Terreur les biens des communautés mis en vente firent disparaître en même temps la majeure partie des revenus des hospices qui perdirent ainsi près de 100000 francs. Il ne leur resta guère que 5 600 francs de revenu. Leur infortune devint alors navrante : les touchantes réclamations de l'admimistration centrale obtinrent du Directoire l’établissement d'un octroi municipal”. Mais les résultats n'en furent que médiocres : d’abord par l'effet de la diminution de population à Rennes et de la crise commerciale, le nouvel octroi produisait moitié moins que l’ancien ; de plus on ne pouvait même pas consacrer aux seuls hôpitaux cette modique ressource car depuis dix ans aucune réparation n'avait élé faite pour les rues de la ville et les chemins vicinaux les plus voisins ; la municipalité devait donc retenir pour ces travaux de voirie devenus indispensables la moitié du produit de l'octroi. En l’an VIT la situation des hospices était des plus précaires ; leur nombre de pensionnaires, sans compter les incurables, s'élevait à ro7r. Pour leur entretien il aurait fallu une somme d'environ 136 000 francs: ce qui n'aurait donné encore pour chaque individu que 126 francs par an, ou o fr. 30 par jour. En réalité on ne disposait que de la moitié de cette somme et il fallait pourvoir à la nourriture, à l'entretien des malades ou hospitalisés avec un budget de o fr. 15 par jour et par tête! On comprend alors l’appel du Conseil général et les lettres pressantes de Borie qui suivirent la session. D'après l'analyse des procès-verbaux la situation des hospices n’était pas meilleure dans la plupart des départements: en effet, 24 demandent le remplacement des biens appartenant autrefois aux hospices
1. Comte de Bellevue. L’Hôpilal Saint- Yves de Rennes. Rennes, 1805. | >. Loi du 13 vendémiaire an VIII (5 octobre 1799). Bulletin des Lois, II, B. 5100002.
et qui ont été vendus, 39 présentent un tableau de la pénurie de leurs hospices et sollicitent du gouvernement des secours extraordinaires.
. Les consuls pressés de montrer leur sollicitude accordèrent d’abord la majoration des tarifs de l'octroi pour en augmenter le produit et plus tard la loi du 8 ventôse an XII (28 février 1804) étendue à toute la France assigna aux hospices les plus éprouvés un certain nombre de biens en remplacement de leurs anciens immeubles aliénés : ceux du département d'Ille-et-Vilaine y figurent pour une somme de 35 685 francs ; dont 14 160 francs pour la ville de Rennes et 7 064 francs pour Vitré, les deux cités qui comptaient le plus grand nombre de nécessiteux. Un arrêté du préfet donne le détail : Hospices de Rennes 12044 fr. 36, Bureau de bienfaisance de Rennes 2 116 fr. 50, Hospices de Vitré 7064 francs, Hospice de Fougères 3665 francs, de Redon 2532 fr. 25, de Montfort 2 260 francs, de Saint-Méen 1 524 francs. de La Guerche 1 213 francs, d’Availles 1 135 francs, de Saint-Malo 1016 francs, de Dol 583 fr. 52, de Saint-Servan HO IT NTO
Ainsi dès sa première session le Conseil général d’Ille-et-Vilaine avait écarté toute discussion politique et abdiqué tout droit de contrôle sur les affaires générales de la France. Il faisait partie de ces assemblées dont parle le ministre Chaptal « qui avaient montré un esprit sage, d'excellentes intentions, un attachement sincère au gouvernement et le plus louable empressement à seconder ses vues ? ».
Il avait traité seulement des questions fort intéressantes pour l’avenir du département. Les nouveaux conseillers avaient compris que Bonaparte voulait soumettre la Bretagne au régime commun du pays et qu'il ne leur permettrait guère de se poser en juges des actes gouvernementaux. Ils avaient abordé sans retard la tâche plus modeste sans doute, mais urgente et salutaire pour le département, que leur réservait la loi de pluviôse. On leur demandait surtout de renseigner les pouvoirs publics et d'émettre des vœux ; ils avaient obéi en toute conscience, se résignant à n'être que les collaborateurs effacés, mais très utiles du préfet qui restait l'interprète le plus autorisé de ces vœux auprès du gouvernement.
V. — La loi du 28 pluviôse an VIII avait créé les Conseils d’arrondissement pour tenir auprès du sous-préfet le rôle du Conseil
1. Arrêté du 30 messidor an XII (19 juillet 1804). Arch. dép., 9 K 14.