LE CONSEIL NATIONAL DES CORPORATIONS
Nous avons vu dans la première partie que ces deux organismes avaient été créés, l’un et l’autre, en juillet 1926 par un décret royal. Depuis lors,
ils ont été plusieurs fois remaniés.
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On risquerait de donner une image trop abstraite et par conséquent fausse de l’évolution du corporatisme en Italie si l’on ne tenait compte de deux circonstances essentielles : d’une part, la crise économique (avec toutes les difficultés qu’elle devait engendrer aussi bien dans la vie du pays que pour les finances de l’Etat) est venue en quelque sorte se jeter au travers du plan de réformes sociales ; d’autre part, les buts complexes du régime instauré par Mussolini, notamment certains objectifs de la politique extérieure et les tendances d’apaisement intérieur (dont un des aspects fut le Concordat avec le Vatican), ont donné un caractère hésitant au développement des institutions du régime.
C’est. un fait indéniable que, de 1927 à 1930, le système, corporatif préconisé par la loi du 3 avril 1926 est demeuré à l’état d’ébauche. A tel point que dans les milieux fascistes mêmes, l’opportunité d’en achever la construction était un sujet de discussions. Le, principal. point d'incertitude était Le suivant : en. considérant les corporations comme des « organes de l'Etat » (art. 45 du règlement du 1€T juillet 1926) l'institution du Ministère des Corporations ne suflisait-elle pas à assurer leur fonctionnement ou fal- Jait-1l, au contraire, « débloquer » Le Conseil national des Corporations en lui concédant une compétence plus large et une plus grande liberté d’action ?
Dans une déclaration publiée par les journaux du 13 janvier 1928, M. Bottai constatait : «les corporations ne sont pas encore une réalité ».
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Pendant toute cette année, le Lavoro fascista, dont on sait que M. Rossoni — syndicaliste convaincu — est l’inspirateur, ne cessa de mener une campagne prudente mais obstinée pour que «Œuvre corporative ne fut pas abandonnée ». En décembre 1928, ce journal croyait pouvoir annoncer la prochaine constitution du Conseil national des Corporations. « En même temps », ajoutait-il, (on donnera la vie aux corporations qui devront fonctionner comme organes de liaison ainsi que le prévoit la loi du 3 avril 1926. Ces corporations auront un caractère national et elles réuniront les syndicats nationaux pour chaque secteur de la production » (1).
Après la réunion du Grand Conseil fasciste qui eut Leu le 7 mars 1929, Ch. Bottai communiquait à la presse sa proposition de réforme du Conseil national des Corporations (2).
Lorsque cette intention fut confirmée par le Secrétaire général du Parti, M. Augusto Turati (V. La Stampa du 1er juillet 1929) les syndicalistes se remirent à espérer. « Avec la création du Conseil national des Corporations », écrivait le Lavoro fascista, « l'adhésion des masses ouvrières à l'Etat fasciste pourra enfin s’accomplir » (3).
Cependant, à l’automne de 1929 les discussions reprirent. « La corporation ne sera pas un organe permanent », disait M. Bottai dans une entrevue
(1) Lavoro Fascista, 30 décembre 1928.
« (2) Gazetta del Popolo, 17 mars 1929.
{3) Lavoro Fascista, 17 juillet 1929.