‹ Le Régime Corporatif ItalienChapitre 50 sur 58 · LEONE · texte numérisé non relu

LEONE

d) Une révision générale des prix de gros et de

détail.

Corporation La Corporation « du papier et des du papier. industries graphiques » s’est réunie le 15 mars 1935 au Ministère des Corporations et pendant plusieurs jours a délibéré sur les problèmes les plus urgents de cette branche de la production. Un rapport a été approuvé pour demander au Gouvernement de « moraliser le commerce de la librairie » en soumettant les éditeurs à une surveillance plus sévère. On a envisagé ensuite les moyens propres à diminuer l’importation de cellulose (1) en Italie et à développer une industrie nationale qui puisse suflire aux besoins du pays. Dans les trois exemples que nous venons de citer, nous voyons la nouvelle Corporation faire figure de véritable « Parlement technique ». C’est de l’outillage national, de l’organisation industrielle, de mesures «d'économie dirigée » que doivent s'occuper

ces assemblées de producteurs.

Réglementation Nous avons vu que la loi de sur la culture 1934 conférait des pouvoirs régledes betteraves. mentaires aux Corporations. Leur

premier « acte législatif » fut un règlement sur la culture des betteraves à sucre :

Mussolini ladopta sous la forme d’un décret-loi le

(1) En 1933 on a importé 2.190.000 quintaux pour la valeur de 130 millions de lires.

Son

7 mai 1935. Ce décret enjoint aux cultivateurs de ne pas dépasser les limites stipulées par un accord du 8 mars 1935 (entre l'Association des planteurs de betteraves et le trust des sucriers) pour les cultures de betterave. C’est que le marché des sucres est fortement réduit par la crise (1) et les barrières douanières.

Cependant, les paysans seraient tentés d'étendre leurs champs de betteraves, car un hectare de betteraves rapportait (en 1933) 3.010 lires tandis que le revenu brut d’un hectare semé en blé était seulement de 2.800 lires.

Les réminiscences napoléoniennes qui, dit-on, hantent souvent Mussolini pourraient, dans ce cas, nous faire mieux sentir le chemin parcouru par l’économie européenne depuis le siècle dernier Napoléon multiphait les encouragements, les primes, les crédits pour inciter ses sujets de l'Empire français et du royaume d’Italie à étendre la culture des betteraves ; cent vingt ans après, le premier souci du Duce est d’enrayer, de himiter le plus possible ces mêmes cultures.

Aussi bien la première séance de la corporation « Zootechnique » {7 janvier) que celle de la corporation du textile {14 janvier) avaient été présidées par le Duce en personne. Celui-ci convoquait ensuite le nouveau Comité central des Corporations le 19 janvier 1935 au « palais de Venise ».

(1) En 1928, on consommait en Italie 8,72 kilos de sucre par habitant ; en 1923, cette consommation est tombée à 6,19 kilos.

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Entre temps, la « Commission permanente pour la législation du travail s'était constituée au sein du Conseil national des Corporations et un comité présidé par le sous-secrétaire d'Etat M. Biagi s’en détachait pour étudier particulièrement les questions internationales ayant trait à la législation du travail. Ce Comité commençait (le 29 décembre 1934) par approuver l’œuvre des deux délégués italiens au B. I. T. de Genève. MM. de Michelis et Ansemli, et s’occupait ensuite des projets d’accords internationaux pour la prohibition de l’emploi de la maind'œuvre féminine dans les travaux du sous-sol : pour la réduction de la journée de travail dans les mines et pour la conservation des droits à la pension aux travailleurs qui émigrent d’un pays à l’autre.

M. Biagi constatait à cette occasion que sur 43 conventions élaborées par le Bureau international du Travail, le Gouvernement italien en avait déjà ratifié 48 et allait immédiatement en ratifier 5 autres.

En même temps que les Conseils des Corporations, les « Collèges de conciliation » prévus par la loi commencçaient à fonctionner.

«Parmi les questions qui viennent d’être soumises à ces collèges, il y en a de fort importantes et pour lesquelles les enquêtes ont déjà été achevées par les organes syndicaux (1). »

La première réunion du Comité corporatif central réorganisé eut donc lieu le 19 janvier 1935. À côté

{1) Lavoro Fascista, 29 décembre 1934.

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des vingt-deux vice-présidents des Corporations, le ministre de la Justice, le ministre des Finances, le ministre des Travaux publics, le ministre des Communications ainsi que le secrétaire administratif et les deux vice-secrétaires du Parti fasciste étaient appelés à faire parti de ce comité qui, comme l’observait le Zavoro fascista (1), se trouve ainsi « tout désigné pour remplir les fonctions que la loi réservait jusqu'ici à l’assemblée du Conseil national des Corporations ».

Les principales questions dont s’occupa le Comité central corporatif au cours de cette première session furent celles qui avaient déjà été débattues par les corporations de la Zootechnie, de la pêche et du textile. À la fin des travaux, le Duce fit ressortir l'importance des buts attribués au Comité et la responsabilité qui en découle pour les fascistes appelés à en faire partie au titre de représentant du Gouvernement, du Parti, des Corporations, des Confédérations et de l'Office de la coopération. I souligna particulièrement l'utilité du travail accompli dans cette importante session qui a marqué «le début effectif de l’activité corporative » (2).

Le Corriere della sera (23 janvier 1935) de son côté commentait ces discussions au sein de l’assemblée nouvellement créée :

« La Corporation enferme en soi la représentation intégrale des intérêts : le ministre ou le directeur

(1) Lavoro Fascista, 19 janvier 1935.

(2) V. Popolo d'Italia, 23 janvier 1935.

général qui assiste à une discussion de ce genre a la possibilité d'entendre les représentants de toutes les catégories et de tirer de leurs débats une conclusion répondant mieux aux multiples aspects des problèmes économiques. Et cela se produit de façon rapide et complète, satisfaisant ainsi aussi bien les représentants des administrations de l'Etat que les représentants des autres catégories qui ont la certitude d’avoir pu défendre leurs intérêts en contradiction avec tous ceux qui envisagent les mêmes problèmes sous un point de vue différent. Entre le Gouvernement et le pays, vient s’interposer, outre une représentation syndicale, une représentation organique et unitaire : celle de la Corporation. Le Gouvernement peut donc prendre connaissance de la situation économique et sociale du pays, et, d'autre part, tous les adhérents ont la possibilité de faire parvenir au Gouvernement, par une discussion qui aboutit à des formules précises, leurs vœux et leurs aspirations (1).

Le Comité central fut à nouveau convoqué le 27 avril 1935. Le Conseil des Ministres avait approuvé le 30'mars un projet de loi qui a donné une définition plus précise des attributions du Comité : sa compétence devait désormais « se substituer à toutes les délibérations des organes corporatifs, sauf si le Chef du Gouvernement prend la décision d’autoniser ou de trouver inopportune une telle substitu- Uon ».

(1) Corriere della Sera, 31 mars 1935.

À l’ouverture de la session, Mussolini ne manqua pas de souligner l'importance ainsi accrue de la réunion des vingt-deux vice-présidents (assistés des ministres, comme il a été déjà mentionné) et le Duce insista encore sur le fait que « le Comité corporatif central est un organe de nature essentiellement politique »,

Le second jour de la session — 30 avril — le Duce, qui présidait l’assemblée donna la parole au député Casalini et au ministre des Finances pour exposer la question des sucres (dont nous avons déjà parlé) puis au député Pala qui lut un rapport sur l’activité de la « Corporation de la Mer ». Au cours de la troisième journée (1€T mai) il fut encore question de la marine marchande et de ses besoins : puis M. A micucci ouvrit la discussion sur les vœux exprimés par la Corporation du Papier et de l’Imprimerie.

Des affaires de moindre importance furent expédiées à la séance suivante du 3 mai.

Le Comité central des Corporations s’est réuni depuis, plusieurs fois encore et sa séance d’octobre 1935 devait être particulièrement importante, mais pour des raisons qui n’ont plus aucun rapport direct avec le « corporativisme » en tant que réforme s0ciale.

La préparation de la guerre et, par suite la défense de l'Economie italienne contre les « sanctions » ayant absorbé toute l’attention du Gouvernement fasciste, les assemblées corporatives ont dû

J. de Bodin de Galembert 7

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