INSTITUTIONS NATIONALISATION SÉQUESTRATION
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Effectuées sans plan, ces nationalisations étaient motivées, le plus. souvent, par « le refus de la direction bourgeoise de se soumettre au décret établissant le contrôle ouvrier ». Rarement, elles l’étaient « pour obtenir une organisation rationnelle de l'Économie nationale, la libération totale des ouvriers et paysans de l'exploitation capitaliste » (2). Elles ne modifiaient guère, d’ailleurs, la situation des industriels qui étaient, en fait, dépossédés de leurs usines depuis le mois de novembre
l'oujours anxieux du lendemain, craignant autant un revi-
rement de la faveur populaire que la lutte armée contre ses
(1) Miloutine, Etat économique de la Russie des Soviets, Moscou, 1919. (2) Nationalisation des banques, décret du 1# décembre 1917.
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ennemis, le Gouvernement soviétique hésita au printemps de 1918 à procéder à la nationalisation générale des établissements industriels, tout en se rendant compte de la nécessité d’en enlever définitivement la direction aux Comités d'usine. Largement débattue au 1° Congrès des Conseils économiques, l'opportunité de cette mesure fut seulement reconnue le 28 juin 1918, sous la pression des nécessités internationales (1). Elle n’en était pas moins, quoiquè en pense M. Zagorsky, dès le mois de février dans le programme du Conseil supérieur de l'Économie nationale, lorsqu'il réagit contre l'esprit syndicaliste des ouvriers (2).
Le Gouvernement décida ainsi la nationalisation des entreprises industrielles le 28 juin, pour permettre aux Glavkis d'en prendre la direction effective, et de ne plus être réduites à parlementer avec les Comités ouvriers.
S'étendant à toutes les entreprises d’un capital supérieur à
200.000 roubles, celle-ci ne fut pas effective immédiatement.
(4) Se trouvant à Berlin pour régler des questions accessoires du traité de Brest-Litowsk, du 3 mai 1918, M. Larine trouva dans l’article 3 de ce dernier le moyen d’échapper aux exigences allemandes qui tendaient à s'emparer de toute l’industrie russe. « Tous les monopoles d'État étant soustraits explicitement des dispositions da traité, il n’y avait d'issue possible à cette situation qu’en déclarant toute l’industrie russe nationalisée » (Zagorsky, La République des Soviets).
(2) Résumant probablement sa pensée exacte à l’époque, un de ses membres, M. Miloutine, écrivait en 1919 : « Lorsque presque toutes les entreprises industrielles importantes furent tombées aux mains du Conseil supérieur de l'Économie nationale, ainsi que la majeure partie des matières premières et des produits manufacturés, ce dernier s'aperçut qu'il ne suffisait plus de contrôler la production, mais qu'il était nécessaire d'en unifer les sources et de centraliser la gestion des usines par la eréation de Directions principales et
d'Unions industrielles »