RU EN RUE
Les salaires en nature et en argent ne suffisant plus à les nourrir, ils profitaient du rétablissement du petit commerce, en février 1920, pour se livrer « au trafic en sacs » comme le reste de la population ou retournaient au village s’adonner aux petites industries’ domestiques (1). Des centaines d’usines durent ainsi fermer leur porte non seulement par manque de matières premières, mais encore par absence de maind'œuvre qualifiée. L'industrie éprouvait en effet les plus grandes difficultés pour trouver les ouvriers dont elle avait besoin. Parfois durant des semaines, voire des mois, il était impossible au Conseil supérieur de l’Économic nationale de trouver les 20 au 30 ouvriers expérimentés nécessaires pour donner à l’armée rouge les fusils dont le Gouvernement avait besoin pour la défense de Moscou. « Nous avons parfois éprouvé de grands embarras pour trouver les 20 ou 30 ouvriers expérimentés qui nous faisaient défaut, déclarait M. Rykoff dans son rapport au C. $. E. N. (janvier 1920). Nous les avons cherché en vain à la Bourse du travail, aux Unions professionnelles, dans les unités militaires, dans les villages ».
« L'un des faits les plus dangereux dans la vie économique
contemporaine réside dans la dilapidation de la partie la plus
donnée voulut recenser les ressources matérielles du pays. Elle édita un livre en donnant la nomenclature. Il y était inscrit au titre des constructions les simples mentions suivantes : « argile simple, sable commun, pierre pour pavés ». Le camarade Arcadi n’exagérait donc pas lorsqu'il la traitait dans l’E. U. du 12 janvier 4922 de « Véritable maison de fous ou peu s’en faut ».
(1) Notre ennemi est la spéculation. Avant le décret de 1919, elle se mesurait en pouds, aujourd’hui elle se chiffre par wagons. Le prolétariat emplit à notre grand malheur les rangs de la petite spéculation et du petit commerce en troc.
{Kamenef).
précieuse de la production, c’est-à-dire de la main-d'œuvre expérimentée. Celle-ci atteint aujourd'hui des proportions inouies au point de ne pas permettre l'exploitation de certaines entreprises » (1).
Il était, dans ces conditions, nécessaire de faire réintégrer l'usine à l’ouvrier et de l'empêcher d’errer d’un endroit à un autre à la recherche de meilleures conditions d'existence.
Les quelques améliorations apportées par les autorités soviétiques au sort de l’ouvrier s'étant révélées insuffisantes pour le maintenir à l’usine (2), le Gouvernement décréta, dans ces conditions, en février 1920 le service du travail universel et obligatoire. Chaque citoyen était tenu dorénavant de mettre sa force de production à la disposition de l’État. Un nouveau « Comité général du Service du travail universel (Glavnotroud) fut institué avec une multitude de comités locaux (Goubkomtround, Onietzdkomtround) ».
Formées en principe de détachements de personnes du même métier, les armées du travail étaient cependant à la disposition du Glavnotround pour toutes les besognes. La population répondit à cette mesure vexatoire par une réduction de
sa productivité tout en continuant à s’adonner à la spéculation.
Prix de revient du piochage d’une sagène de voie. (E. J., no 128, 15 juin 1920).
Onvriers mobilisés, :.., 214 DR 108,40 roubles. Ouvriers libros. res EE ER 2272 —
(1) Rykotf, Rapport au C. S. E. N., janvier 1920.
(2) Les améliorations apportées par l’autorité soviétique au sort de l’ouvrier consistaient en des distributions de vivres et au retour du salaire aux pièces et aux primes.
RE Ut
Prix de revient du chargement et du déchargement d’un quai.
OPTIONS EMODILISÉS ER UE NN EL En 461,92 roubles OUYTICT SSD ARE MERE AT #4. 113,60 —
Il ne suffisait d’ailleurs pas d'établir le principe du travail obligatoire, il fallait le rendre effectif. Le 10 mai suivant, furent rétablies des mesures de répression contre les absences sans congé et des tribunaux disciplinaires, particulièrement sévères, furent créés.
« On te nourrit trois ans de pommes de terre, déclaraient dans un meeting les ouvriers de l'usine Mytichtchi, mais pour
t’être promené un peu, on te met en prison » (1).
Mesures prises par le décret pour assurer la régularité du travail.
(Les Isvestia, 11 mai 1920).
1° Outre la retenue du salaire, il sera prélevé sur les primes en nature ou en espèces de l’ouvrier coupable
d'absence non justifiée :
a)TPremier Jour. 50.7 15 0/0 de la prime mensuelle. b) Deuxième jour......... 25 0/0 — c) Troisième jour......... 60 0/0 —
L'ouvrier devra, en outre, travailler pendant les heures libres et les jours fériés sans paiement de ces
heures supplémentaires.
(1) E. J., 13 octobre 1920.
2° Au-dessus de trois jours par mois les absences entraîneront des poursuites devant les tribunaux disci-
plinaires pour délit de sabotage.
Absences illégales d’un ouvrier dans les entreprises importantes dites « d'attaque » en 1920.