Corr., IV
5 Corr. inédite. Panckouke, IV, 462. Zanolini, I, 95. Coppi, II, 235.
120 l'armée d'italie n'est pas payée
(( gands^ » se formaient sur la frontière autrichienne, tandis que l'on agitait dans les clubs l'abolition du mariage, l'impôt progressif, et la proscription du latin^.
Telle est la situation en Italie-^. Pour faire face au péril autrichien, comme pour comprimer l'agitation cisalpine, Berthier n'a qu'une arme en son pouvoir, ses troupes : et voici qu'à ce moment précis cette arme se brise dans ses mains. Le gouvernement de Paris n'a jamais d'argent ; la cessation de la guerre avec l'Autriche a fait cesser les réquisitions régulières; la convention du 16 octobre 1797, négociée entre Melzi et Haller'', a mis fin au pillage organisé, — en limitant à des cas précis l'intervention des autorités françaises dans l'administration italienne ; — depuis lors, l'armée d'Italie n'est plus payée. La fureur de ces soldats, qui ont conquis l'un des plus riches pays du monde et qui meurent de faim au milieu de leur conquête, s'accroît lentement, sourdement, jusqu'au jour oii elle éclate, toute-puissante, parce qu'elle est légitime; toute-puissante, parce qu'elle est raisonnée. Le 7 février, au moment où Berthier traverse l'Apennin, la 4" légère refuse de s'embarquer pour la Corse, avant d'avoir touché sa paye^ ; et ce n'est qu'un signe avant-coureur de l'orage. Quelques jours après, il éclate.
Nous sommes àMantoue, place frontière, et l'on sait nos rapports avec l'Autriche et quedes bandes suspectes tiennent la campagne. Le 11 février (23 pluviôse), sans qu'aucun ordre ait été donné, au milieu du plus grand calme, comme s'il s'agissait de quelque revue, les troupes de la garnison se réunissent ; les officiers, les généraux accourent; elles leur reprochent leur misère; elles
^. Berthier à Wallis, 14 février. Dépôt.
2. Melzi, J/e»!où-e, I, 207, 47.i, 496, 490. Sybel, V, 41. Zanolini, I, 95, 102, 110. Bonfadini : la Repnbblica Cisalpina e il primo rerjno italieo (Pojitecnico, l" série, IV, 172).
3. Noter que Berthier était encore chargé de « répandre l'esprit de liberté >> eu Suisse (lettre du Directoire du 18 pluviôse. Gros Bois, 1798, B. 18, 18 bis) et de maintenir le bon accord entre la Ligurie et la Cisalpine, ce qui n'était point commode (Berthier à l'ambassadeur cisalpin en Ligurie. Gros Bois, 1778, C. 6).