Villemanzy à Dallemagne. Dépôt, 5 mars
ib4 MARS 1798
embarras redoublent : car Haller, gôné dans ses opérations par la révolte de l'armée, se décide à partir. Le 15 mars, il prie Mongc d'en prévenir Bonaparte; la guerre que l'armée française vient de porter dans son pays ne lui permet plus de servir le Directoire^ : c'est Guglielmo Terziani qui reste le grand surintendant des subsistances 2.
Et, pour achever ce tableau, le désordre monétaire augmente. Depuis l'occupation de la ville, on a bien brûlé des cédules devant le peuple : c'était celles qui étaient déjà retirées de la circulation ; et on en a frappé beaucoup de nouvelles, d'aucuns disent huit à dix millions'^ On s'en aperçoit peu à peu : aussi la défiance s'accroit-elle, tandis que les prix montent : une paire de bas de deux écus se paye dix écus en papier'. Comme cette hausse atteint aussi les denrées de l'usage le plus courant, on tente de l'enrayer : le 15 mars, on abaisse de 36 à 28 bajoques le prix du bocal d'huile-^. Mais la hausse continue toujours : d'autant que, depuis le 10, on parle d'un projet de réduction des cédules, attribué à Conghi '^; d'autant que ce projet est adopté le 14. A cette date, en eftet, paraît un édit qui réduit les cédules au quart de leur valeur nominale et qui établit une Administration des Biens Nationaux et Ecclésiastiques, chargée de les faire disparaître : chaque détenteur de cédules désignera telle propriété qu'il lui convient d'acquérir, l'estimation en étant faite dans les vingt jours, la vente dans un mois^. L'édit soulève des protestations violentes, au point que les consuls l'abrogent le lendemain du jour où il a paru^. Néanmoins le coup est porté; le crédit du papier monnaie est à jamais ruiné, la confiance a disparu et les bou-