Galimberti, 24 avril. Sala, I, 156-196. Mem. Stor
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luzionario; à Genève et à Berne, où il s'est réfugié, il a exercé la médecine, et il se rapproche maintenant de sa patrie, dont les armées françaises semblent lui ouvrir la route. Son séjour en Suisse a exercé sur lui une influence profonde, autant que les idées de Rousseau ou de Mabli. Ce séjour a rafraîchi les premières impressions de son enfance, écoulée dans un village perdu des Apennins, à Palma Gampani. Une vie simple et frugale, tel est l'idéal dont il rêve le triomphe : il faut proscrire le luxe, dit-il, il faut détruire le commerce, source de corruption, il faut interdire les testaments et les contrats et ruiner la civilisation des grandes villes, avec ses besoins factices. Tout homme a droit à la satifaclion de ses besoins nécessaires ^ mais il ne doit rien demander au delà; une propriété modique assurera à chacun l'exercice de ce droit; le surplus auquel renonceront les riches permettra de faire vivre les pauvres : le système établi et chacun pourvu, s'il reste des terres sans possesseurs, elles demeureront telles, éternellement. G'est par la seule puissance de la persuasion, par la seule force de l'éducation que les républiques patriotes doivent travailler à la réalisation de cet idéal : un censeur dénoncera à la réprobation publique ceux qui violeront les principes jacobins ; ne recevront de traitement que ceux-là qui en auront besoin pour vivre; tant qu'il sera nécessaire de conserver des impôts, on recourra à une espèce de taxe progressive; et peu à peu, par l'effet des sacrifices individuels, croissant de jour en jour, l'idéal rêvé descendra sur la terre'. Et Russo peut croire à sa victoire prochaine quand il en entretient ses auditeurs : un jour qu'il prêche contre le luxe, « son discours est à ce « point <( convainquant que le citoyen Baccini, moderatore
1. Pi'nsieri politici di Vineenzo Itus-iity nupolitano... (Roma, Poggioli, anno I délia ristabilita rei)ublica romana) {Monitore di Huma, n' 56. Cf. Benedetto Croce : Sludi sVirici xulla rivoluzmnc mi/iotetuna del 1789 [Roma, Lœscher, 1897, in-12], 101 sq.) : « Mariano d'Ayala : Sulla vita di Vincenzio Uusso. » Franchetti, 3%-3y7. Cf. aussi les ouvrages de Lomonaco et Cuoco.
« du cercle, s'arrache à l'instant son capjnola^ mv> « tant les compagnons à faire de même : et tous à l'envi « arrachent l'or de leurs chapeaux et de leurs panta- « Ions, et les objets recueillis sont envoyés à la ques- « ture pour être convertis en monnaie à distribuer aux (( pauvres^. »
La citoyenne Labrousse, — qui a tôt fait d'éclipser la Scopettinara, — est originaire de Vannains, dans la Dordogne, oii elle a laissé un frère qui s'enquiert avec inquiétude de ce qu'elle a pu devenir-. Pauvre illuminée, rêveuse plus folle encore que Russo, admiratrice de Gagliostro et de Mesmer, elle est venue à Rome au début de 1792 : elle veut dire au Pape « d'ôter beau- « coup de choses qui sont fausses dans l'Eglise, parce « qu'elles déplaisent à Dieu ». Et Pie VI n'a voulu la voir ni l'entendre; il Fa fait mettre en prison : « Il m'y « a tenu de la sorte cinq ans et demi, dit-elle ; il a « fait répandre de moi des calomnies grosses comme « tout Rome et noires comme de l'encre'^ » La pauvre fille ne le mérite certes pas : la puissance qu'auraient pu lui donner l'infinie douceur et l'orgueil infini que respirent tous ses discours est à l'avance ruinée par les