LA QUESTION D ARGENT
pine, la plupart des ecclésiastiques ont refusé de jurer; le cardinal Mattei préfère TexiJ à ce qu'il juge un déshonneur^, et, dans la République romaine, il est clair que beaucoup l'imitent et l'imiteront.
Cette résistance exaspère les Jacobins; elle explique l'acharnement sectaire qu'ils déploient. Le marquis Massimo, revenant de Paris-, semble avoir raison lorsqu'il prétend que le but visé par le Directoire est l'entière destruction du christianisme. Comment en douter lorsque l'on constate cette brusque persécution qui trouble le mois de mai, tandis que les Jacobins pérorent dans les clubs, que les officiers s'amusent dans les fêtes, et que les ministres s'agitent dans les bureaux?
Quoi qu'il pût paraître, le marquis Massimo se trompait. Il était inexact de dire que le but du gouvernement de Paris fût la destruction de l'Eglise : s'il y avait unité de tendances parmi les hommes qui le composaient, ces tendances communes les poussaient d'abord et surtout à faire de V argent. Ils avaient besoin d'argent pour payer leur arméed'Italie et de Rome^ ; ils en avaientbesoin pour alimenter leur budget, si lourdement grevé en ce moment parles préparatifs de l'expédition d'Angleterre : et voilà pourquoi ils imposaient à la République le traité du 26 mars; et voilà pourquoi ils maintenaient une armée sur son territoire afin d'être déchargés du soin de l'entretenir^. Indépendamment de ces doubles exigences auxquelles elle devait satisfaire, il fallait encore que la République pourvût à ses propres dépenses : ce